La motivation : la susciter, l’entretenir

Lors des séance d’Education canine, combien de fois entend on les propriétaires de chiens dirent « il n’ est pas motivé !»

Plutôt embêtant lorsque l’on sait que la motivation du chien est à  la base de l’éducation positive. Lorsque l’on a choisi de ne pas punir les mauvais comportements de son animal et de récompenser les bons, il faut tout miser sur l’attention que nous porte notre compagnon et sur sa motivation.

Le chien est un opportuniste, que ce soit pour la nourriture ou pour toutes les autres de ses actions. Il ne fera que ce qui peut lui rapporter et abandonnera toute action ne lui rapportant rien. A chaque fois qu’il s’apprête à  faire quelque chose, imaginez-vous qu’une petite voix dans sa tête lui souffle : «qu’as-tu à  y gagner  Est-ce que cela en vaut la peine ?».

Le conflit de motivations

Prenons l’exemple d’un chien somnolant dans son panier. Vous l’appelez d’une voix enjouée. Il n’aura pas de mal à  venir car une interaction avec vous (et la forte probabilité d’avoir une récompense) sera bien plus intéressante que ce qu’il était en train de (ne pas) faire. La balance est ici facile à  visualiser.

Prenons maintenant un autre exemple, celui du chien occupé à  jouer avec un congénère et que vous décidez de rappeler. Le choix est plus délicat pour lui, non ? Il n’a pas l’occasion de jouer avec ce chien tous les jours, il a envie et besoin de se défouler etc. et de l’autre côté il y a certes la perspective d’un bout de fromage mais il y a aussi la fin du jeu et peut être même la laisse et le retour à  la maison. Il suffit de se mettre 10 secondes à  sa place pour comprendre qu’il va nous falloir être drôlement motivant pour le voir revenir au pied !

Voici d’autres exemples de conflits de motivations :

  • vous avez mis une balle dans un tunnel pour que votre chiot apprenne à  y passer. Il se retrouve entre l’envie d’aller chercher sa si précieuse balle et la crainte d’entrer dans cet endroit inquiétant.
  • Vous souhaitez le faire marcher au pied, sans laisse et croiser un autre chien. Là  encore, il doit choisir entre vous et sa récompense et de l’autre côté, un copain chien à  qui dire bonjour.

Comment motiver (suffisamment et au bon moment)?

Avant de se demander comment motiver son chien, il faut se poser la question du timing. La motivation doit être suscitée en amont. Il est plus facile de motiver son chien à  renoncer à  quelque chose avant qu’il n’y ai goûté que de lui demander d’abandonner une action plaisante.

Pour cela, il vous faut donc anticiper, puis motiver et enfin récompenser.

Mais comment motiver son chien ? Il y a plein de façon de le faire… Autant qu’il y a de chiens !

Il est important de différencier les renforcements primaires des renforcements secondaires. Les premiers sont liés aux besoins vitaux du chien, dans notre cas ce sera principalement lié à  la nourriture. Les renforcements secondaires seront plutôt les caresses, la voix, le jeu… Les récompenses alimentaires ont par nature une plus forte importance pour le chien que la balle, le tug ou le câlin. En ce qui concerne les renforcements secondaires, ils sont en fait le fruit d’un apprentissage. Il faut « apprendre » au chien qu’une balle, c’est EXTRAORDINAIRE ou qu’une caresse vaut tous les fromages du monde. Avant de ne vouloir lui offrir que des récompenses de ce type, assurez-vous d’avoir bien procédé à  cet apprentissage.

En ce qui concerne la nourriture, il va de soi que pour être motivante, la friandise doit être varié (Evitons la lassitude tant que faire se peut), odorante (ça motivé de loin!), rare (n’en distribuez pas à  longueur de journées) et appréciée du chien. Cela vous semble évident ? Et pourtant… Dans la plupart des cas qui choisit ce qui compose votre sac à  friandises ? Vous. Mais c’est au chien que cela doit faire plaisir, pas à  vous ! Sa friandise ne doit pas être celle qui est la moins chère, la plus facile à  trouvé, celle qui colle le moins au doigt, celle sans poisson, celle qu’utilise avec succès votre voisin avec son chien, etc.

On n’est pas là  pour vous motiver vous, mais lui. C’est donc à  lui de choisir ! Pour cela, essayez tout ce qui vous passera sous la main et ne sera pas toxique. Faites lui tout goûter et voyez ce qu’il aime le plus. Une bonne méthode consiste à  faire des petits tas de friandises diverses et de faire venir le chien. On note ensuite dans l’ordre les aliments mangés, on a alors une idée de ce qui plaît le plus et le moins au chien.

Le stock de friandises sera composé de beaucoup de petits morceaux, voire des lamelles de plusieurs aliments différents. Quelques gros morceaux peuvent aussi être glissés dedans. Ils seront donnés comme « prime » ou « jackpot ».

Que faire lorsqu’il n’est plus motivé ?

Déjà  se poser quelques questions : depuis quand est-il démotiver ? Pour quels exercices ne semble-t-il plus motivé ?

Ensuite, il faut se remettre en question. Les bases étant là, peut-être nous sommes nous assis sur nos acquis et considérons chacun de ses actes comme « normal ». Nous faisons moins attention, nous récompensons moins etc. Rappelons que les récompenses ne doivent jamais être totalement supprimées même pour un comportement « basique » tel qu’un « assis ». Récompenser de façon aléatoire permet de fixer encore plus un comportement.

Il s’est peut être lassé… Des exercices trop répétés et peu variés sont démotivants et ennuyeux. Des récompenses toujours identiques ne seront pas motivantes bien longtemps non plus.

Alternez les exercices, apprenez-lui en de nouveau, compliquez-les…. Soyez inventifs !

Renouvelez vos friandises, jeux etc. et surtout soyez plus motivant vous-même !

Cependant….

Malgré tout, il y a des fois où il sera dur de trouver comment motiver son chien.

Certains stimuli resteront plus intéressants que la meilleure promesse de récompense. Par exemple, face à  une chienne en chaleur, il serait illusoire de vouloir faire entendre raison à  son chien et lui demander de revenir au pied ou de faire un exercice d’obéissance. Les hormones brouillent l’esprit et le désir de reproduction est un besoin primaire difficile à  contrer.

De même, il faut penser aux prédispositions raciales, il sera plus difficile de détourner un Beagle qu’un Berger Belge d’une odeur de gibier par exemple. L’anticipation est capitale et la raison doit aussi l’emporter. S’il est peut probable que l’on puisse être assez motivant pour détourner un chien d’une action « interdite », alors mieux vaut ne pas lui donner l’occasion de l’entreprendre.

Et les autres animaux ?

Le renforcement positif étant utilisé avec succès avec tous les animaux, la motivation doit aussi être suscité et entretenue avec eux. Cet article concerne donc tout autant les propriétaires de perroquet, de cochon, de poule ou de furet. La règle reste la même : trouvez ce qui motive VOTRE animal, variez et soyez motivant dans vos gestes, votre voix et vos choix d’exercices.