Le perroquet, un animal de compagnie comme un autre ?

Les perroquets sont bien souvent achetés pour de mauvaises raisons : « vouloir sortir de l’ordinaire », « frimer avec un animal parleur », « amener de l’exotisme chez soi »… Ces raisons conduisent à des adoptions basées sur une totale méconnaissance de l’éthogramme et des besoins des perroquets et donc, in fine, à une cohabitation difficile.

Des spécificités importantes

Contrairement aux chiens, chats et furets qui peuplent nos foyers le perroquet est un animal « proie », qui, comme le cheval a besoin de nouer un lien de confiance et qui trouve son salut dans la fuite. Cet état de fait amène le perroquet à avoir des réactions que l’humain qualifient d’inappropriées (mordre, crier, fuir le contact etc..). L’Homme a tenté d’y trouver des parades en lui coupant les ailes, en l’élevant à la main etc… Ceci étant plus facile que de comprendre l’animal. Mais heureusement une autre approche est possible !

  • Le perroquet est un animal qui a un besoin vital de présence et de liens sociaux. Toutes les espèces de perroquets sont grégaires, sexuées et monogames. Elles ont besoin de trouver leur partenaire pour la vie et choisissent un « humain-chouchou » lorsqu’elles vivent dans les foyers. La relation peut vite devenir fusionnelle avec les excès que cela implique.

  • Le perroquet est un animal qui vit vieux, parfois même très vieux ! Nous avons tous déjà souffert de voir vieillir et partir un chien ou un chat que nous aimions mais là, ce sera peut être notre oiseau qui nous survivra. Un ara Ararauna ou un Cacatoes des Molluques pouvant vivre près de 80 ans. Il faut donc réfléchir encore plus à son adoption et prévoir également son devenir sans nous à ses côtés.

Des espèces différentes à choisir avec précautions

Si chez les chiens, il y a des prédispositions raciales, c’est aussi le cas chez nos amis les perroquets. Bien sûr, chaque individu garde son individualité en fonction de sa personnalité, de son environnement et de son vécu mais on ne peut occulter ces prédispositions.

Le cacatoès par exemple est souvent présenté aux éventuels acheteurs comme un « vrai petit chien », très attachant et très câlin. Sauf que s’il est très demandeur de contacts physiques et d’interactions, il est aussi extrêmement exigeant et peut vite développer des problèmes comportementaux si la relation qui l’unit à son propriétaire est mauvaise.

Les gris du Gabon sont réputés pour être assez soupe au lait et s’adaptant mal aux changements.

La puberté ou le dimorphisme sexuel comportemental varient aussi selon les espèces, même si là encore, il ne faut pas exclure le paramètre de l’individualité et tomber dans une généralité immuable.

Aucun perroquet n’est assimilable à un chien, à un chat, ni à aucun autre animal de compagnie. Ce sont des animaux très exigeants en contacts, présence, activités quotidiennes qui ont besoin d’une alimentation spécifique, de s’occuper toute la journée et de beaucoup de sommeil (10 heures minimum d’affilées). Il est aussi difficile de garder heureux un perroquet seul, sans congénère. Les problèmes de comportements ou d’alimentation peuvent conduire l’oiseau à se piquer et dans les cas les plus grave, à la mort tant il est difficile de remédier au picage.

A côté de cela, les liens peuvent être très forts et un perroquet chez soi est une présence particulière qui participe totalement à la vie de la maison et aux différentes activités. Un être qui rigole, chante, danse, câline, fait preuve d’une grande intelligence et de beaucoup de facilités d’apprentissage. Comme le chien, il a soif d’apprendre de nouvelles choses et le renforcement positif marche très bien avec lui. On peut donc passer de bons moments à lui enseigner des exercices et à s’émerveiller dedans ses progrès.

Les propriétaires de perroquets sont nombreux à relater des histoires de rituels ou de moments de complicité intense avec leur animal. Un oiseau qui devient souvent plus un enfant qu’un animal de compagnie. Beaucoup n’hésitent pas à composer leur emploi du temps en fonction du rythme de vie de leur perroquet ou à transformer leur salon en volière géante et parc d’attraction pour volatiles.

Avec une bonne habituation, la plupart apprécient également des sorties en harnais et peuvent ainsi participer aux promenades, randonnées et autres balades au grand air.

Les contraintes sont toutefois plus importantes que lorsque l’on possède un carnivore domestique. Les départs en vacances sont parfois complexes : trouver une nounou s’avère compliqué et peu apprécié du volatile. L’emmener signifie qu’il faudra transporter une cage et un minimum de matériel et d’alimentation. Il faudra aussi s’assurer que l’habitation de vacances sera sécurisée et permettra à l’oiseau de se dégourdir les ailes régulièrement sans danger pour lui ou pour le mobilier et la tapisserie !

S’il est facile de trouver des professionnels s’occupant des chiens et des chats (éleveurs, éducateurs, comportementalistes, vétérinaires…), il est autrement plus difficile d’en trouver pour nos amis à becs crochus.

Vous l’avez compris, faire le choix d’adopter un perroquet est lourd de conséquences mais tellement enrichissant que la réflexion en vaut la peine.

Cet article a été publié dans l’Emag de Vox animae n°4  consultable ici http://www.vox-animae.com/emag-04#features/3