Au secours, mon perroquet crie (trop) !!

Lorsqu’une personne envisage de faire l’acquisition d’un perroquet, une des premières questions posées est « quelle espèce ne crie pas? », « un perroquet est-il bruyant ? ». Pour ceux qui ont acheté leur oiseau avant de se poser ce genre de questions, on les retrouvera avec des interrogations assez similaires : « mes voisins se plaignent des cris de mon ara », « mon perroquet crie beaucoup, que faire ? »

Alors, les perroquets sont-ils vraiment des animaux criards ? Voyons ensemble ce qui pousse nos oiseaux à faire des vocalises et apprenons à reconnaître un comportement normal d’un comportement d’hyper vocalisation.

Le perroquet, animal bruyant de nature

Le perroquet, comme tout bec crochus est un animal expressif et grégaire. Pour communiquer avec ses congénères, il crie. Pour pouvoir se faire entendre dans les forêts et ce, parmi les bruits environnants et les vocalises des autres animaux, il a besoin d’un cri assez puissant.

Cela ne veut pas dire qu’un perroquet crie à longueur de journée. Si cela était le cas, il n’aurait jamais trouvé sa place comme animal de compagnie. Toutefois, il faut avoir conscience qu’un bec crochu parfaitement équilibré peut se montrer bruyant à certaines occasions.

Les perroquets crient souvent au petit matin et en fin de journée. C’est un comportement naturel que l’on ne peut empêcher. Il s’agit de « cris d’appel » ou « de liaison ». Ils servent à se rassembler et à se retrouver.

amazoneEn cas de grosse frayeur ou face à un prédateur, ils lancent des cris puissants et aigus appelés « cris d’alarme ». Là encore, rien d’anormal, il s’agit d’un comportement de protection et qui sert aussi à prévenir les membres du groupe d’un danger. Votre oiseau peut être amené à en pousser s’il aperçoit un chat derrière la fenêtre ou lorsqu’un avion (ou un corbeau) passe dans le ciel. Il est important de savoir reconnaître ce type de cris. Ils sont en général accompagnés d’un ébouriffement de plumage et de dilatation des pupilles.

Les psittacidés aiment se faire remarquer, si votre oiseau vit dans un environnement bruyant (présence d’autres oiseaux, télévision ou radio mise avec un fort volume sonore, cris et agitations d’enfants etc.) il essayera de se faire entendre comme il pourra.

Quand le comportement devient inadapté

On ne peut plus parler de comportement naturel si votre oiseau cri à longueur de journée. De même, s’il hurle à chaque fois qu’il attend quelque chose de vous, nous nous retrouvons face à un comportement inadapté.

La voix des Psittacidés est forte et désagréable lorsqu’elle est utilisée à répétition. Les grands perroquets ont une voix rauque et ….. peu mélodieuse !

A contrario, les plus petits des becs crochus ont une voie stridente et ont tendance à s’en servir encore plus fréquemment que ne le font les plus gros. Ainsi les petites conures soleil sont réputées pour être très criardes et le volume sonore n’est pas proportionnel à leur petit gabarit ! Les grands aras (ararauna, chloroptère…) ont une voix à faire fuir vos voisins mais, s’en servent généralement peu.

Savoir analyser les causes

Un oiseau peut tomber dans l’hyper-vocalisation pour plusieurs raisons :

  • La peur. Nous l’avons vu plus haut, en cas de panique, un perroquet peut pousser de forts hurlements. Si sa cage est installée dans un lieu anxiogène, votre oiseau peut être amené à crier de nombreuses fois par jour. Certains ne supportent pas d’être placés devant une fenêtre. D’autres auront peur d’être dans une volière extérieure dont le toit ne serait pas couvert.

  • Le manque d’habituation à la cage. Si votre oiseau passe le plus clair de son temps en liberté (et il a bien de la chance!), il risque fort de ne pas apprécier rentrer dans sa cage sans une bonne habituation et une bonne dose de renforcement positif.

  • L’espèce. Comme indiqué plus haut, certaines espèces sont plus criardes que d’autres. Il y a aussi des espèces qui parlent ou chantent plus facilement que d’autres. Ceux-ci peuvent alors devenir très bavards alors que les autres s’exprimeront pas des cris.

  • Des habitudes de vie trop ritualisées. Repas et sorties à heures fixes peuvent rendre un perroquet « exigeant ». En cas de retard ou de changement d’habitude, votre oiseau peut exprimer son mécontentement par des vocalises.

  • L’ennui. Les Psittacidés ont un très grand besoin d’occupations mentales et physiques. Sans stimulation, ils chercheront à s’occuper avec les moyens du bord… Leur voix.

  • La solitude. Tous les becs crochus sont des animaux grégaires. Ils ne peuvent être heureux seuls. Si vous n’avez qu’un seul oiseau, vous êtes son groupe à vous tout seul. Même une absence d’une heure est difficile à supporter pour votre oiseau.

  • L’hyper attachement. Les perroquets sont des animaux monogames. Ils partagent chaque moment de leur journée et de leur vie avec leur être d’attachement. Votre oiseau a pu vous choisir comme humain « chouchou » et vouloir faire de vous son partenaire de vie. C’est encore plus le cas avec les perroquets EAM. Dans ce cas, votre disparition de son champs de vision est source d’anxiété, de frustration et donc… De cris !

Que faire si son oiseau crie ?

Avant tout, il faut reconnaître le type de cri. S’il s’agit d’un cri d’alarme, allez voir ce qui inquiète votre oiseau. Vous le rassurerez et le serez aussi vous-même. Si votre cage est placée devant une fenêtre et que votre perroquet pousse très souvent des cris d’alarme, déplacez la cage afin de ne pas laisser votre animal dans un environnement anxiogène.

En ce qui concerne les appels de liaison, il est important de se remettre en question : passe-t-on assez de temps avec son oiseau ? A-t-il un compagnon à plume ? Si les réponses sont NON, il faudra apporter plus d’attention à votre bec crochu ou lui offrir un congénère.

En dehors de ça, assurez vous toujours que votre oiseau ne manque de rien : nourriture, eau et occupations.

Pour contrer l’ennui, augmentez ses possibilités d’occupations : nouveaux jeux, jouets d’occupations, foraging, télé ou radio en fond sonore…

Il est important également de faire attention à son propre comportement. Nous avons en effet tendance à renforcer involontairement des comportements tels que les cris. Par exemple, lorsque l’oiseau crie et que vous venez vers lui pour lui dire de se taire, vous avez renforcer son comportement. Pour lui : il crie= il a de l’attention.

La meilleure conduite à tenir est donc d’ignorer les cris du perroquet. Pas de punitions, pas de « tais toi ». S’il insiste, quittez la pièce. Dès lors qu’il cesse de crier, revenez dans son champs de vision ou proposez lui une récompense (friandises, caresses ou sortie). Pensez aussi à renforcer tous les comportements convenables qu’il adopterait de lui même : être calme, jouer seul, parler, siffler ou chanter etc…

 

Cet article a été publié dans le numéro 6 de l’Emag Vox animae consultable ici http://www.vox-animae.com/emag-06