Emmener son chat chez le vétérinaire: en route pour l’expédition !

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Pour beaucoup de chats, la visite chez le vétérinaire est source de grand stress. Cela signifie aussi que ce moment sera pénible pour tout autant de propriétaires de petits félins.

Il est souvent difficile d’arriver à faire entrer Minet dans cette maudite caisse de transport qu’on vient enfin de retrouver au fond du garage après 11 mois d’oubli. Ensuite, c’est parti pour un long concert de miaulements, plus ou moins rauques ou de hurlements de désespoir.

Pour quelques uns, le trajet sera également ponctué de vomissement, d’urine ou de grosse commission (qui sera d’autant plus appréciée par les propriétaires de chats à poils longs…).

Arrivée chez le vétérinaire, ouf, vous pensez pouvoir souffler mais c’est sans compter sur l’attente, parfois au milieu d’autres chats partageant verbalement leur inquiétude avec le monde les entourant et sur les chiens chouinant et jappant à tout va. Les va-et-vient du personnel ou des clients, la sonnette d’entrée, le téléphone, les odeurs… Autant de facteurs de stress qui ne vont rien améliorer à l’état émotionnel de votre chat.

Bien évidemment, les manipulations et examens menés par le vétérinaire seront peu appréciés et peuvent déclenchés chez Minet de vives réactions. Et s’il doit être hospitalisé ? Comment faire pour qu’il supporte bien les conditions d’hébergement ?

Vous ne pourrez pas tout prévoir, ni habituer votre chat à tout, mais vous pourrez faire en sorte que cette expérience se passe le mieux possible.

Comment agir en amont pour rendre le voyage plus agréable

Le chat est un animal territorial qui aime marquer tous les nouveaux éléments comme «sien». C’est pourquoi il va s’installer dans toutes les boites en cartons, les sacs etc.. Il est alors possible de profiter de cela pour lui faire découvrir la caisse de transport. Dès que possible, installez la caisse, ouverte, dans un coin du salon. Mettez un plaid ou un coussin dedans et laissez votre chat venir flairer, marquer en se frottant et rentrer dedans. Ne cherchez jamais à fermer la porte au début ! Il doit pouvoir y entrer et sortir comme il le veut. Ensuite, prenez l’habitude de mettre dedans une friandises ou une assiette de pâtée que votre félin aime. Il doit associer la boite à quelque chose de positif ! Là encore, pas question de fermer la porte.

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Lorsque la caisse sera devenu un élément naturel de son environnement, vous pourrez tenter de l’habituer à fermer la porte. Mettez vous avec lui au sol et incitez-le à rentrer en lui lançant des friandises ou en posant une assiette pleine dedans. Puis poussez la porte à moitié, ouvrez-la. Recommencez et poussez la porte complètement. Ouvrez-la à nouveau. Faites ça plusieurs fois et stoppez la séance. Reprennez ensuite en tentant de fermer la porte (2-3 sec) et si tout va bien, allongez le temps.

Petit à petit, bougez un peu la caisse. Il faut que votre chat soit à l’aise lorsque la caisse est en mouvement.

Pour faciliter la chose, mettez toutes les chances de votre côté : prenez une caisse adaptée à la taille de votre chat. Trop de chats sont présentés en clinique vétérinaire avec une caisse dans laquelle, il ne peuvent même pas se retourner !

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Ici un maine coon qui a le droit à une cage pour chien. C’est tout de même plus confortable !

chat4Celui-ci par contre, est complétement compacté dans son sac. Le sol n’étant pas dur, le sac a tendance à se plier une fois porté, se resserrant encore plus sur ce pauvre chat !

Vous pouvez aussi y vaporiser de l’herbe à chat pour apaiser votre compagnon.

Lorsque vous faites voyager votre chat, faites attention à ne pas secouer trop la caisse, à conduire sans trop d’à-coups. Placez un tissu absorbant ou une alèse au cas où il ferait ses besoins. S’il venait à uriner, ne la changez pas immédiatement ! Cette odeur l’apaisera pour le trajet.

Habituez votre chat à faire de petits trajets de temps à autre. Il ne doit pas prendre la caisse de transport uniquement pour aller chez le vétérinaire.

Chez le vétérinaire

Aller chez le vétérinaire est extrêmement stressant pour le chat : perte de ses repères, perte de son territoire, pas de possibilité d’évitement, de fuite et plus aucun contrôle de la situation. Sans compter les manipulations pas toujours agréables, les contentions par des inconnus etc.

Tout est menaçant pour lui. Ses cinq sens sont tous en éveil. Entre les odeurs (phéromones, odeurs de marquages des autres animaux, produits sanitaires…), les bruits (miaulements, aboiements, sonneries de téléphones, sonnette, voix etc.), les éléments visuels inquiétants (lumière vive des néons, blouses du personnel..) sont bien sûr les premières choses auxquels nous pensons. Il faut aussi imaginer le stress et l’inconfort lié aux manipulations, aux soins et examens parfois invasifs et le temps d’attente parfois long qui laisse le temps au chat de se faire du soucis !

En salle d’attente, mettez-vous à l’écart des chiens au maximum si votre clinique ne dispose pas de deux salles d’attente distinctes. Si votre compagnon est vraiment stressé, demandez à l’assistante à ce qu’elle aille installer la caisse dans une salle isolée le temps de l’attente.

Si vous restez en salle d’attente, ne posez pas la caisse au sol. Placez-là sur une tablette, une table ou sur vos genoux. Ce sera plus rassurant pour votre chat.

Pour débuter sa consultation, il faudra sortir votre félin de sa caisse. Certains vétérinaires laisseront à votre chat l’occasion de caline2faire le tour de la salle, de marquer en se frottant. Ainsi votre chat peut se rassurer en explorant. Limiter les contentions sur la table au strict minimum et laissez votre vétérinaire ou son assistante faire. Les gestes seront plus surs, plus assurés. De plus, les vôtres lui communiquent parfois du stress supplémentaire. Si votre vétérinaire vous semble peu délicat et peu respectueux de votre chat, discutez en avec lui (parfois certaines contentions ne peuvent se faire que d’une façon, ou bien d’une façon générale, la sécurité du personnel doit être privilégiée à un léger inconfort de quelques secondes pour votre chat) et si vous êtes gênés ou dérangés par le déroulement des consultations, n’hésitez pas à aller consulter dans une autre clinique, qui sera peut être plus « cat friendly » !

 

Si lors d’examens, le chat est dans un état d’affolement intense, le vétérinaire peut être amené à stopper la consultation. Il vous proposera de revenir un autre jour ou hospitalisera votre chat pour quelques heures, le temps qu’il puisse se calmer et qu’une autre tentative puisse se faire. Tacher de ne pas insister pour que l’examen soit fait immédiatement. Certes, vous n’avez pas envie de revenir, de prendre à nouveau rendez-vous etc. Mais il faut environ une demi heure pour que votre compagnon retrouve une homéostasie minimale. Attendre 5 minutes ne servira à rien. Votre chat risque d’être marqué négativement et votre vétérinaire risque de se faire mordre et griffer.

Beaucoup de propriétaires s’énervent sur leur chat lorsqu’il bouge ou râle une fois sur la table d’auscultation. C’est à éviter ! Votre chat est stressé, il a peur. Si en plus vous le grondez, imaginer que cela ne va rien arranger est aisé. J’aimerai aussi attirer votre attention sur l’habitude de beaucoup d’humains de faire « tsssshhhut » à leur chat dans ces circonstances. Si vous prenez le temps de la réflexion, ce bruit ne vous rappelle-t-il pas celui que fait un chat qui feule ? Si. C’est donc une menace pour le petit félin déjà terrifié et souvent maintenu de force pour son examen. Faire ça est la meilleure façon de déclencher une réaction de défense…et de se faire mordre.

Si votre chat doit séjourner en clinique vétérinaire quelques jours, vous pouvez parfaitement lui laisser des tissus à lui (non lavés) ou un « doudou ». Sachez toutefois, que selon la raison de son hospitalisation, le personnel aura sûrement besoin de laver la cage et tout ce qui est dedans fréquemment. Pensez donc à en amener plusieurs ou à en ramener chaque jour.

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