Les besoins éthologiques du chat

Les amis des chiens sont de plus en plus informés des besoins éthologiques de leur animal. Même s’il y a encore beaucoup de travail à ce sujet, un majorité de vétérinaires, de comportementalistes, d’éducateurs , d’éleveurs et de propriétaires savent qu’ils est important d’offrir aux chiens des activités physiques mais aussi mentales, masticatoires, sociales etc. Le nom respect des besoins est souvent à l’origine de problèmes comportementaux plus ou moins importants.

Mais qu’en est-il du chat ? Eh bien, c’est la même chose ! Notre petit félin a lui aussi des besoins éthologiques à combler. Chez lui aussi, un manque d’activités adaptées peut entraîner des comportements inadaptés tels que des marquages ou de l’agressivité.

L’activité physique

Votre chat a-t-il un réel besoin d’activité physique ? Alors là encore… il apparaît comme une évidence qu’un chien a besoin de courir, de s’amuser dans les champs etc. Que certaines races sont plus demandeuses que d’autres. Mais le chat, me direz vous, n’a pas besoin d’activité. Au final, il dort tout le temps !

Détrompez-vous. Les chats dorment beaucoup c’est vrai, parfois plus de 15 heures par jour. Mais si votre chat sort ou si vous avez l’occasion d’observer les chats libres, vous avez sans doute pu voir qu’ils s’agitent une bonne partie de la journée : promenades, chasses, observation… Les chats d’intérieur en revanche dorment en effet beaucoup. Mais c’est aussi parce qu’ils n’ont pas grand-chose à faire d’autre !

Crédit: Stéphane Nebout

La plupart des chats d’intérieur manquent cruellement de stimulation. Certains s’en contentent, d’autres se réfugient dans la nourriture et passent le plus clair de leur temps à réclamer à manger, d’autres encore vont littéralement « exploser » et devenir agressifs envers leurs propriétaires ou les autres animaux de la maison.

Comme chez le chien, il existe aussi des prédispositions raciales. Un chat « de gouttière » sera (généralement) plus énergique et plus demandeur qu’un persan. La sélection est passée par là. Mais il ne faut pas pour autant mettre de côté les individualités. Chaque chat est unique.

Lorsque l’on prend un chat, à moins d’habiter au 14 eme étage à Paris, la question se pose forcément de savoir si l’on va lui laisser un accès libre au monde extérieur où s’il restera à l’intérieur.

Si vous avez un jardin et que vous ne voulez pas faire sortir votre chat « librement », vous pouvez aussi envisager une volière ou enclos où il pourra s’ébattre, regarder dehors et profiter des odeurs, des bruits etc.

Pour certains, être privés de sorties sera très mal vécu. Ils risquent de développer des troubles du comportements, de s’enfuir à la moindre occasion ou de vous casser les oreilles ! En revanche, tous les chats n’ont pas un réel désir d’aller arpenter le quartier. En étant élevés dans la maison (et selon leur tempérament), ils ne souhaiteront pas forcement sortir. Il faut bien avoir conscience qu’un chat qui passe ses journées dehors n’est pas forcément heureux et à l’inverse, un qui ne sort jamais n’est pas forcément malheureux !pascale

Les chats qui sortent courent beaucoup de risques (morsures suite à des bagarres intraspécifiques, attaque de chien, blessures, chutes, accident liés aux véhicules, empoissonnement, Felv/FIV… Mais aussi vol, blessures occasionnées volontairement par des humains, tirs par des chasseurs. S’ils ne sont pas stérilisés, ils vont en plus faire grossir le nombre de chats errants, de chatons malades etc. On peut aussi parler de l’impact écologique car les chats sont de grands destructeurs de la faune (notamment des petits oiseaux)

Les chats d’intérieurs sont quant à eux exposés à d’autres risques : chute du balcon ou de la fenêtre, étouffement dans les fenêtres à oscillo-battant, obésité, troubles comportementaux liés à un manquement à leurs besoins éthologiques. Ils sont aussi plus sujets à des maladies organiques (diabètes, hyperthyroidie, maladies dermatologiques ou urinaires, troubles compulsifs) qui peuvent être causées ou mise en avant par le stress. Attention toutefois, un chat qui sort et est « persécuté » par d’autres chats dans le quartier, souvent blessé est soumis à du stress aussi et peut donc développer aussi des maladies organiques avec cette même cause ! Le stress n’est pas réservé aux chats de canapé.

Pour les chats d’intérieur, il est impératif d’aménager au mieux l’espace. N’oubliez pas que le chat voit son lieu de vie en 3 dimensions. Les chats ne vivent pas uniquement au sol, loin de là. Il faut qu’ils puissent prendre de la hauteur. Meubles à escalader, arbres à chats, mais aussi étagères à diverses hauteurs, tunnels sont autant de moyen de laisser votre chat explorer sol, murs et plafond à son aise. Ainsi, même le plus petit logement peut devenir un terrain de jeu intéressant pour notre félin.

Crédit: Laure Rhéa

Installez des griffoirs de différentes matières et tailles à plusieurs endroits de la maison. Le chat est un animal territorial et marquer celui-ci fait parti de ses activités quotidiennes indispensables. En ce qui concerne les jouets, vous pouvez faire des roulements pour qu’il n’ai pas toujours les mêmes à disposition. En revanche, ne vous amusez pas à changer les meubles de place pour « réorganiser son espace », les chats aiment garder leurs repères et ils apprécient peu ce genre de changement. Vous risquez fort de retrouver des marquages urinaires ou des griffades si vous jouez à changer la maison de sens !

Au niveau des jeux (seul, avec un autre chat ou avec son « humain »), les chats ont besoin de 3 à 4 sessions d’une quinzaine de minutes par jour. Vous constaterez que ce n’est pas abusif ! Si votre chat a un fort instinct de prédation, pourquoi ne pas lui offrir un défouloir ? Un petit sac ou coussin rempli d’herbe à chat fera bien l’affaire. Les magasins spécialisés et les comportementalistes en proposent souvent. Ils peuvent être agrémentés d’une « queue » en fausse fourrure (*1), d’un grelot ou de matière « crissante » pour stimuler encore plus la prédation. Ces petits coussins peuvent permettre aussi de détourner l’agressivité d’un chat envers son propriétaire.

 

La stimulation mentale

Notre ami félin à des neurones et il aimerait bien s’en servir 😉 Là encore, que reste-t-il à nos chats d’intérieur ? Ils n’ont jamais à réfléchir. Leurs nourriture est posée dans leur Crédit: boutique Unité comportementgamelle, au même endroit chaque jour, souvent à la même heure. Leurs jouets sont souvent les mêmes et l’environnement ne bouge pas par définition. Pas de nouveau territoire à explorer, pas d’interaction avec d’autres chats (ou alors, toujours le/les mêmes). C’est assez limité question réflexion avouons-le.

Le chat étant un animal territorial et solitaire contrairement au chien, il n’a pas un besoin important de rencontres avec ses congénères. Il s’en passe même plutôt bien ! Là encore, on constate que les chats de race sont souvent plus sociaux que les chats « de gouttière ». L’évolution et la sélection a fait du chat un animal de plus en plus social.

Par nature, un chat chasse pour se nourrir. Il attrape de petites proies plusieurs fois par jour (et par nuit!). En moyenne, un chat fait une quinzaine de petit repas quotidiens. Imaginez s’il doit à chaque fois, chercher, guetter et attraper ses proies, le temps qu’il peut y passer. Nous sommes loin des trajets « canapé-gamelle ». Alors pourquoi ne pas lui offrir une activité de recherche alimentaire ? On peut dans un premier temps lui mettre ses croquettes ou pâtée dans des gamelles disposées dans plusieurs endroits de la maisons au lieu d’en poser une unique toujours au même endroit. On peut aussi utiliser des jeux d’occupation. Oui, oui, comme pour les chiens ! Pipolino, balle distributrice qu’il faut faire rouler pour avoir des croquettes, mais aussi jeux d’intelligence où le chat doit soulever des trappes, ouvrir des tiroirs etc sont autant d’aides à la stimulation de votre compagnon. Cela lui fera faire, en bonus un peu d’exercice et aiguisera ses sens. La journée lui paraîtra également moins longue et la prise de nourriture sera allongée. Un très bon plan pour les chats qui ont tendance à prendre du poids et à se jeter sur leur repas !

Les tapis de recherche*(2) sont aussi bien adaptés à la recherche alimentaire, les propriétaires de chats y pensent moins souvent que ceux qui vivent avec un chien et c’est bien dommage !

Crédit: Boutique Unité comportement - Aline Parmentier

Pour optimiser son environnement, il faut avant tout offrir à son chat des lieux de repos et d’observation sécurisés, surtout s’il doit partager sa vie avec d’autres animaux. Il faut aussi lui mettre à disposition plusieurs gamelles (eau et de nourriture), bacs à litières, griffoirs à divers endroits, comme nous l’avons vu plus haut.

Pour satisfaire ses besoins d’occupations, nous avons vu plus tôt qu’on pouvait leur offrir des jeux de recherches alimentaires, il faut aussi stimuler leurs sens. La vue par exemple, essayez de leur proposer des accès aux fenêtres par lesquelles ils pourront regarder ce qui se passe dehors. Pour ceux qui vivent au 5 eme étage ou face à une cour sans intérêt, pourquoi ne pas lui passer des vidéos d’oiseaux, de natures, d’animaux à la télé ? Eh oui, cela peut aussi stimuler sa vie et son ouïe !

Pour ce qui est de l’odorat, il est nécessaire de ne pas l’agresser en utilisant des produits désodorisants, des parfums trop forts, des nettoyants ménagers à la javel ou trop parfumés. On peut en revanche proposer à son chat des sprays, des jeux ou des plants d’herbes à chats : cataire, racine de valériane, vigne argenté, bois de chèvrefeuille. Tout ceci le stimulera et l’apaisera. Ce sont de bons réducteurs de stress. Vous avez des petits coussins remplis d’herbe à chat apaisant qui remplaceront les phéromones de synthèse sans leurs inconvénients. *(3)

[caption id="attachment_590" align="alignnone" width="300"]Crédit: boutique Edenvane Crédit: boutique Edenvane[/caption]

Vous savez à présent comment faire pour que votre chat, d’intérieur ou non puisse vivre une vraie vie de chat. Si vous avez un chat qui présente des troubles comportementaux (marquages, troubles alimentaires, griffades, agressivités, TOC, léchages etc), n’hésitez pas à vous faire aider d’un comportementaliste pour vérifier que ses besoins éthologiques soient comblés, ou pour savoir comment y remédier.

*(1)  Si vous voulez commander un tel boudins de jeu KONG, contactez-moi ou allez sur la boutique Facebook Unité comportement.
*(2)Vous trouverez des tapis de recherche de différentes couleurs sur notre boutique  Unité Comportement  sur Facebook ou en me contactant directement.
*(4) Pour les petits coussins « CHAMI », rendez-vous sur la boutique de notre collègue comportementaliste spécialiste du chat http://www.edenvane-shop.com/

Merci à Pascale, Laure, Stéphane et Aline pour les photos :)