Actualités

Les besoins éthologiques du chat

Les amis des chiens sont de plus en plus informés des besoins éthologiques de leur animal. Même s’il y a encore beaucoup de travail à ce sujet, un majorité de vétérinaires, de comportementalistes, d’éducateurs , d’éleveurs et de propriétaires savent qu’ils est important d’offrir aux chiens des activités physiques mais aussi mentales, masticatoires, sociales etc. Le nom respect des besoins est souvent à l’origine de problèmes comportementaux plus ou moins importants.

Mais qu’en est-il du chat ? Eh bien, c’est la même chose ! Notre petit félin a lui aussi des besoins éthologiques à combler. Chez lui aussi, un manque d’activités adaptées peut entraîner des comportements inadaptés tels que des marquages ou de l’agressivité.

L’activité physique

Votre chat a-t-il un réel besoin d’activité physique ? Alors là encore… il apparaît comme une évidence qu’un chien a besoin de courir, de s’amuser dans les champs etc. Que certaines races sont plus demandeuses que d’autres. Mais le chat, me direz vous, n’a pas besoin d’activité. Au final, il dort tout le temps !

Détrompez-vous. Les chats dorment beaucoup c’est vrai, parfois plus de 15 heures par jour. Mais si votre chat sort ou si vous avez l’occasion d’observer les chats libres, vous avez sans doute pu voir qu’ils s’agitent une bonne partie de la journée : promenades, chasses, observation… Les chats d’intérieur en revanche dorment en effet beaucoup. Mais c’est aussi parce qu’ils n’ont pas grand-chose à faire d’autre !

Crédit: Stéphane Nebout

La plupart des chats d’intérieur manquent cruellement de stimulation. Certains s’en contentent, d’autres se réfugient dans la nourriture et passent le plus clair de leur temps à réclamer à manger, d’autres encore vont littéralement « exploser » et devenir agressifs envers leurs propriétaires ou les autres animaux de la maison.

Comme chez le chien, il existe aussi des prédispositions raciales. Un chat « de gouttière » sera (généralement) plus énergique et plus demandeur qu’un persan. La sélection est passée par là. Mais il ne faut pas pour autant mettre de côté les individualités. Chaque chat est unique.

Lorsque l’on prend un chat, à moins d’habiter au 14 eme étage à Paris, la question se pose forcément de savoir si l’on va lui laisser un accès libre au monde extérieur où s’il restera à l’intérieur.

Si vous avez un jardin et que vous ne voulez pas faire sortir votre chat « librement », vous pouvez aussi envisager une volière ou enclos où il pourra s’ébattre, regarder dehors et profiter des odeurs, des bruits etc.

Pour certains, être privés de sorties sera très mal vécu. Ils risquent de développer des troubles du comportements, de s’enfuir à la moindre occasion ou de vous casser les oreilles ! En revanche, tous les chats n’ont pas un réel désir d’aller arpenter le quartier. En étant élevés dans la maison (et selon leur tempérament), ils ne souhaiteront pas forcement sortir. Il faut bien avoir conscience qu’un chat qui passe ses journées dehors n’est pas forcément heureux et à l’inverse, un qui ne sort jamais n’est pas forcément malheureux !pascale

Les chats qui sortent courent beaucoup de risques (morsures suite à des bagarres intraspécifiques, attaque de chien, blessures, chutes, accident liés aux véhicules, empoissonnement, Felv/FIV… Mais aussi vol, blessures occasionnées volontairement par des humains, tirs par des chasseurs. S’ils ne sont pas stérilisés, ils vont en plus faire grossir le nombre de chats errants, de chatons malades etc. On peut aussi parler de l’impact écologique car les chats sont de grands destructeurs de la faune (notamment des petits oiseaux)

Les chats d’intérieurs sont quant à eux exposés à d’autres risques : chute du balcon ou de la fenêtre, étouffement dans les fenêtres à oscillo-battant, obésité, troubles comportementaux liés à un manquement à leurs besoins éthologiques. Ils sont aussi plus sujets à des maladies organiques (diabètes, hyperthyroidie, maladies dermatologiques ou urinaires, troubles compulsifs) qui peuvent être causées ou mise en avant par le stress. Attention toutefois, un chat qui sort et est « persécuté » par d’autres chats dans le quartier, souvent blessé est soumis à du stress aussi et peut donc développer aussi des maladies organiques avec cette même cause ! Le stress n’est pas réservé aux chats de canapé.

Pour les chats d’intérieur, il est impératif d’aménager au mieux l’espace. N’oubliez pas que le chat voit son lieu de vie en 3 dimensions. Les chats ne vivent pas uniquement au sol, loin de là. Il faut qu’ils puissent prendre de la hauteur. Meubles à escalader, arbres à chats, mais aussi étagères à diverses hauteurs, tunnels sont autant de moyen de laisser votre chat explorer sol, murs et plafond à son aise. Ainsi, même le plus petit logement peut devenir un terrain de jeu intéressant pour notre félin.

Crédit: Laure Rhéa

Installez des griffoirs de différentes matières et tailles à plusieurs endroits de la maison. Le chat est un animal territorial et marquer celui-ci fait parti de ses activités quotidiennes indispensables. En ce qui concerne les jouets, vous pouvez faire des roulements pour qu’il n’ai pas toujours les mêmes à disposition. En revanche, ne vous amusez pas à changer les meubles de place pour « réorganiser son espace », les chats aiment garder leurs repères et ils apprécient peu ce genre de changement. Vous risquez fort de retrouver des marquages urinaires ou des griffades si vous jouez à changer la maison de sens !

Au niveau des jeux (seul, avec un autre chat ou avec son « humain »), les chats ont besoin de 3 à 4 sessions d’une quinzaine de minutes par jour. Vous constaterez que ce n’est pas abusif ! Si votre chat a un fort instinct de prédation, pourquoi ne pas lui offrir un défouloir ? Un petit sac ou coussin rempli d’herbe à chat fera bien l’affaire. Les magasins spécialisés et les comportementalistes en proposent souvent. Ils peuvent être agrémentés d’une « queue » en fausse fourrure (*1), d’un grelot ou de matière « crissante » pour stimuler encore plus la prédation. Ces petits coussins peuvent permettre aussi de détourner l’agressivité d’un chat envers son propriétaire.

 

La stimulation mentale

Notre ami félin à des neurones et il aimerait bien s’en servir 😉 Là encore, que reste-t-il à nos chats d’intérieur ? Ils n’ont jamais à réfléchir. Leurs nourriture est posée dans leur Crédit: boutique Unité comportementgamelle, au même endroit chaque jour, souvent à la même heure. Leurs jouets sont souvent les mêmes et l’environnement ne bouge pas par définition. Pas de nouveau territoire à explorer, pas d’interaction avec d’autres chats (ou alors, toujours le/les mêmes). C’est assez limité question réflexion avouons-le.

Le chat étant un animal territorial et solitaire contrairement au chien, il n’a pas un besoin important de rencontres avec ses congénères. Il s’en passe même plutôt bien ! Là encore, on constate que les chats de race sont souvent plus sociaux que les chats « de gouttière ». L’évolution et la sélection a fait du chat un animal de plus en plus social.

Par nature, un chat chasse pour se nourrir. Il attrape de petites proies plusieurs fois par jour (et par nuit!). En moyenne, un chat fait une quinzaine de petit repas quotidiens. Imaginez s’il doit à chaque fois, chercher, guetter et attraper ses proies, le temps qu’il peut y passer. Nous sommes loin des trajets « canapé-gamelle ». Alors pourquoi ne pas lui offrir une activité de recherche alimentaire ? On peut dans un premier temps lui mettre ses croquettes ou pâtée dans des gamelles disposées dans plusieurs endroits de la maisons au lieu d’en poser une unique toujours au même endroit. On peut aussi utiliser des jeux d’occupation. Oui, oui, comme pour les chiens ! Pipolino, balle distributrice qu’il faut faire rouler pour avoir des croquettes, mais aussi jeux d’intelligence où le chat doit soulever des trappes, ouvrir des tiroirs etc sont autant d’aides à la stimulation de votre compagnon. Cela lui fera faire, en bonus un peu d’exercice et aiguisera ses sens. La journée lui paraîtra également moins longue et la prise de nourriture sera allongée. Un très bon plan pour les chats qui ont tendance à prendre du poids et à se jeter sur leur repas !

Les tapis de recherche*(2) sont aussi bien adaptés à la recherche alimentaire, les propriétaires de chats y pensent moins souvent que ceux qui vivent avec un chien et c’est bien dommage !

Crédit: Boutique Unité comportement - Aline Parmentier

Pour optimiser son environnement, il faut avant tout offrir à son chat des lieux de repos et d’observation sécurisés, surtout s’il doit partager sa vie avec d’autres animaux. Il faut aussi lui mettre à disposition plusieurs gamelles (eau et de nourriture), bacs à litières, griffoirs à divers endroits, comme nous l’avons vu plus haut.

Pour satisfaire ses besoins d’occupations, nous avons vu plus tôt qu’on pouvait leur offrir des jeux de recherches alimentaires, il faut aussi stimuler leurs sens. La vue par exemple, essayez de leur proposer des accès aux fenêtres par lesquelles ils pourront regarder ce qui se passe dehors. Pour ceux qui vivent au 5 eme étage ou face à une cour sans intérêt, pourquoi ne pas lui passer des vidéos d’oiseaux, de natures, d’animaux à la télé ? Eh oui, cela peut aussi stimuler sa vie et son ouïe !

Pour ce qui est de l’odorat, il est nécessaire de ne pas l’agresser en utilisant des produits désodorisants, des parfums trop forts, des nettoyants ménagers à la javel ou trop parfumés. On peut en revanche proposer à son chat des sprays, des jeux ou des plants d’herbes à chats : cataire, racine de valériane, vigne argenté, bois de chèvrefeuille. Tout ceci le stimulera et l’apaisera. Ce sont de bons réducteurs de stress. Vous avez des petits coussins remplis d’herbe à chat apaisant qui remplaceront les phéromones de synthèse sans leurs inconvénients. *(3)

[caption id="attachment_590" align="alignnone" width="300"]Crédit: boutique Edenvane Crédit: boutique Edenvane[/caption]

Vous savez à présent comment faire pour que votre chat, d’intérieur ou non puisse vivre une vraie vie de chat. Si vous avez un chat qui présente des troubles comportementaux (marquages, troubles alimentaires, griffades, agressivités, TOC, léchages etc), n’hésitez pas à vous faire aider d’un comportementaliste pour vérifier que ses besoins éthologiques soient comblés, ou pour savoir comment y remédier.

*(1)  Si vous voulez commander un tel boudins de jeu KONG, contactez-moi ou allez sur la boutique Facebook Unité comportement.
*(2)Vous trouverez des tapis de recherche de différentes couleurs sur notre boutique  Unité Comportement  sur Facebook ou en me contactant directement.
*(4) Pour les petits coussins « CHAMI », rendez-vous sur la boutique de notre collègue comportementaliste spécialiste du chat http://www.edenvane-shop.com/

Merci à Pascale, Laure, Stéphane et Aline pour les photos :)

Voir la suite

Le « coup de sonnette »

 

Qui ne connaît pas le « coup de sonnette » ? Dans beaucoup de clubs et pour beaucoup d’éducateurs, il constitue la base de l’éducation. Le coup de sonnette est indémodable et incontournable.

Voyez les cours traditionnels : des chiens alignés en colonnes, marchant au même pas que leurs maîtres donnant tous allégrement des saccades sur la laisse pour ramener le chien « AU PIED ! ». Au moment de mettre assis le chien, on assistera au même ballet, coup de sonnette vers le haut, souvent même avant d’avoir demandé le « ASSIS ! » (Là , on assiste à  une double incohérence puisqu’on punit le chien pour ne pas avoir répondu à  un ordre qu’il n’avait même pas encore reçu !)

Pour les éducateurs et clubs en positif, c’est un vieux démon qu’il faut bannir. Lorsque l’on travaille avec un couple « Homme-chien », les éducateurs doivent souvent faire face à ce geste, parfois appris auparavant, parfois survivant sous forme de réflexe.

Qu’appelle-t-on un « coup de sonnette » ?

Soyons clair et précis : il s’agit d’une saccade plus ou moins forte, que le propriétaire exerce sur la laisse lorsque son chien n’obéit pas (assez vite) à  une commande. Le coup de sonnette est utilisé autant pour les positions (assis, couché…) que pour la marche en laisse. Et je dirais même, surtout pour la marche en laisse.

Quel est l’objectif de ce geste ?

Infliger au chien une douleur brève sur une zone sensible et fragile du chien (œsophage, trachée, artère, veines, cervicales, glandes thyroïde et mandibulaire, système lymphatique) afin qu’il obéisse par peur de la douleur. Cela n’est pas autre chose (d’ailleurs, les adeptes du coup de sonnette vous diront que cela ne fait pas mal au chien, mais seront incapables de vous dire pourquoi cela fait obéir le chien)

2_collieretrangleuroutorcatussource site « pile poil »

En bref….

Pour le chien, le coup de sonnette est relativement lourd de conséquences malgré son apparence « gentillette ». Outre les douleurs et blessures physiques qu’il peut occasionner à  la longue, il provoque aussi un grand stress. Comment une petite saccade sur une laisse pourrait angoisser un chien ? Le chien est puni à  chaque fois qu’il adopte un comportement que l’on peut qualifier de « normal » pour lui (par exemple, marcher à  sa propre allure, aller voir un congénère, fuir quelque chose qui lui fait peur, garder sa position actuelle…) Rien que cela pose question (ou le devrait !)

Il apprend à  avoir peur de son « humain » qui devrait, rappelons-le, être et rester un référent, un être gage de sécurité, puisque c’est de lui qu’il est entièrement dépendant. D’un point de vue éducatif, il n’est plus nécessaire de prouver que la punition positive n’est pas un bon choix. (Pour rappel, la punition positive consiste à  sanctionner l’animal en apportant une réponse négative à  son comportement. De façon claire: on puni par un cri, un coup ou un mouvement désagréable le chien lorsqu’il n’obéit pas. Cela s’oppose à  la punition négative où l’on va retirer quelque chose d’agréable pour le chien en cas de mauvaise réponse)

comportement-opc3a9rant

Un animal (et plus largement un être vivant) apprend bien plus et de façon pérenne lorsqu’on adopte des méthodes d’apprentissage basées sur le renforcement positif. Les études scientifiques (et le bon sens) l’ont prouvé, mais ce n’est pas encore bien entré dans les us et coutumes. Les idées reçues et les vieilles habitudes ont la peau dure.

Malgré tout, il faut voir en ce fameux coup de sonnette, une punition positive qui n’apprend donc rien au chien. Le chien est puni lorsqu’il fait quelque chose (qui lui semble juste, rappelons-le) et ne sait toujours pas ce qu’il doit faire pour ne pas être puni.

Imaginez maintenant que vous marchiez à  côté d’un ami, que vous soyez puni physiquement (et parfois verbalement en même temps) lorsque vous faites un mouvement en avant, sur le côté droit, sur le côté gauche ou lorsque vous vous arrêtez pour regarder une vitrine de magasin. Quel serait votre ressenti ? Déjà , vous auriez un certain agacement, vous en voudriez à votre ami de vous embêter sans cesse. Vous auriez peur de lui puisque chacun de ses mouvements aurait pour but de vous faire mal sans raison. A la fin de votre sortie, vous auriez un peu mal partout, vous seriez frustré de ne pas avoir pu en profiter, et n’auriez qu’une envie, c’est de ne plus aller vous promener avec cet ami. Voyons maintenant en fonction de votre tempérament… Si vous êtes quelqu’un d’un peu sensible, de timide, de renfermé, vous allez subir ce stress, l’intérioriser. Vous allez vous résigner. Ce serait dommage et cela ne serait pas forcément sans conséquence car rappelons que le stress peut causer des problèmes de santé plus ou moins grands. Si en revanche, vous êtes quelqu’un à  fort tempérament, vous n’allez pas supporter cela bien longtemps sans rien dire. Vous allez râler sur votre ami, voire le repousser, voire vous défendre lorsqu’il vous fera mal. Si vous en avez l’occasion, vous allez sûrement aussi lui fausser compagnie pour vous promener seul. Vous serez sûrement moins agréable avec les passants que vous croiserez sur votre route, vous pourrez aussi avoir une réaction violente si l’un d’eux vous touche par inadvertance.

Pour votre chien, il en est de même. Votre chien connaît le stress, la peur, la frustration, l’irritation, la résignation….

Alors bien sûr, ce n’est qu’une petite saccade sur la laisse, mais peu à  peu la saccade, comme la plupart des punitions positives, se montre inefficace et il faut en augmenter le degré pour avoir une chance d’obtenir l’effet voulu. La saccade sur le collier ne suffisant plus, on va alors passer à  la saccade sur un collier étrangleur / sanitaire / chaîne, ensuite on passera à  la saccade sur un collier à piques / torquatus.

Aggressive german shepherd dogA quoi peut mener ce« gentil coup de sonnette » ? A rendre son chien réactif aux humains ou aux autres chiens (les punitions via la laisse sont une des premières causes de réactivité des chiens), provoquer une morsure d’irritation (le chien saturant d’avoir une douleur ) à  chaque coup de sonnette, va un jour mordre le prolongement de la laisse, à  savoir… son propriétaire) ou une morsure redirigée (le chien va mordre la première chose ou personne ou être vivant qu’il aura à  sa portée au moment où il ressentira la douleur)

 

La laisse ne devrait être qu’un lien de sécurité. Un bout de nylon ou de cuir qui sert à  respecter la loi (un chien doit être tenu en laisse dans les espaces publiques) et   garantir la sécurité de son chien (surtout en milieu urbain), des autres animaux et des personnes.

Elle ne doit jamais servir à  punir son chien.

Voir la suite

Education et maltraitance

Le 1er mars 2016 l’association One Voice mettait au grand jour une enquête menée dans des clubs canins. De nombreux cas de maltraitances physiques et morales y étaient révélées montrant que les méthodes d’éducation coercitives étaient encore trop largement installées dans les clubs canins.

En septembre 2017, One Voice remettait le couvert en sortant cette fois une enquête menée dans le milieu du dressage des chiens dits « de défense» (ring et sécurité). Là  encore, que de pratiques archaïques….

Les réactions ont été nombreuses sur la toile. La plupart des éducateurs ont salué ce travail et dénoncés ces pratiques. La SCC a été relativement silencieuse à  ce sujet. J’ai toutefois été plutôt gênée de voir beaucoup de « pseudo-amoureux des chiens » s’offusquer que One Voice ai « osé» mettre en avant ce côté obscur des clubs, jetant l’opprobre sur tous les bénévoles de la SCC. Comment peut-on reprocher que des actes de maltraitance soit dénoncés ? L’enquête ne dénonce pas TOUS les clubs et TOUS les bénévoles. Malheureusement, force est de constater que ces pratiques existent encore dans bon nombre de clubs. évidemment, les actualités récentes nous ont aussi apprises que ces cas de maltraitances existaient aussi chez de nombreux éducateurs professionnels.

Il faudrait donc faire du ménage un peu partout.

Pourtant, la loi semble claire….

Art. R. 214-6 du Code Rural : « L’exercice des activités d’éducation, de dressage ou de présentation au public dans des conditions et avec méthodes ou accessoires pouvant occasionner des blessures, des souffrances, du stress ou de la peur est interdit. Il doit être tenu compte de l’âge, de la volonté d’agir, du sexe, et du niveau et des capacités d’apprentissage des animaux. »

Certains moniteurs ou éducateurs vous diront qu’il ne battent pas les chiens. Qu’ils n’occasionnent pas de blessures.

Mais attention, les blessures ne sont pas toujours visibles! Certains outils occasionnent des blessures internes ou cause des douleurs chroniques.

De quels outils parlons-nous ?

Le collier électrique

C’est le premier qui vient en tête. Une grande majorité d’éducateur s’accordera à  rejeter ce type de matériel et à l’assimiler à un engin de torture. Le collier électrique (anti aboiement ou à  télécommande) à des impacts psychologiques (anxiété générales, réactivité, agressivité redirigée…) et physiques (plaies d’irritations, douleurs, brûlures, infections, alopécie…)

Pourtant si l’idée de causer une décharge ELECTRIQUE a son chien, SON CHIEN, juste parce qu’il ne s’assoie pas assez vite, aboie ou ne marche pas correctement au pied semble totalement surréaliste, beaucoup de gens l’utilisent sans penser au mal qu’il font à leur compagnon. Il y a aussi ceux qui savent… bien sûr… et qui s’en moquent. On en compte pas les chiens munis de boitiers électriques chez les chasseurs ou les amateurs de Ring.

Rappelons que le collier électrique est interdit dans de nombreux pays.

Le collier à  pointe ou torcatus

Lui aussi a du mal à cacher sa nature d’outils de torture. Un collier en chaîne, qui se resserrent pour étrangler et qui est munie de pointes plus ou moins acérées ne peut s’annoncer comme sans effet néfaste.

Ce collier étrangle, il cause donc des dégâts sur la trachée notamment. Les pics abiment la peau, causant des blessures plus ou moins importantes, des infections et des douleurs chroniques aux cervicales.

Le collier chainette, sanitaire, étrangleur ou « d’éducation»

Ce fameux collier est plus ambigu.. Il porte des noms plus ou moins mensongers et est clairement entré dans les mœurs. Ne cassant pas le poil, étant le plus indiqué sanitaire ment car d’un entretien facile il n’en reste pas moins un collier ETRANGLEUR. Il remplit parfaitement sa fonction. Il se ressert, sans limite autour du cou du chien causant des douleurs aux cervicales, des étouffements, des écrasement de la trachée, des troubles thyroïdiens et circulatoires, des problèmes de pressions oculaires…

Ce collier est dangereux lorsqu’il est utilisé par à  « a -coups» (les fameux « coups de sonnette ») et par serrage permanent (on laisse le chien tirer et donc s’étrangler perpétuellement)

Tout ceci est valable également avec les laisse « lasso» ou étrangleur en nylon ou cuir qui, de fait, causent les mêmes dommages.

Le lycol Halty ou similaire

Le lycol peut être utilisé sans dommage à plusieurs conditions. La première et la plus importante est qu’il ne doit être utilisé que lors de séances brèves menaces par un PROFESSIONEL. Jamais seul ou avec un éducateur amateur (moniteur de club par exemple). La deuxième est qu’il est réservé aux chiens relativement calmes. Un chien très vif avec des mouvements brusques pourrait être blessé sérieusement aux cervicales. La troisième condition est de ne jamais tenir un chien en lycol avec une longe ou une laisse longue (plus de 2 maîtres). Avec de l’élan, le chien pourrait carrément se provoquer un « coup du lapin Â».

Et les méthodes dans tout ça ?

L’article de loi parle aussi des méthodes. Le fait de punir positivement (coup sur la laisse, claque, pincement des babines, tirage des oreilles, fessée, plaquage au sol avec la main au cou, mise au couché avec le pied sur la laisse, coup de laisse, utilisation des lance-pierres etc. ), de rabaisser, d’humilier le chien, de le pousser à  la résilience occasionnent des souffrances (physiques et morales), des peurs et du stress. La loi ne les tolère donc pas.

Pourtant certains moniteurs et éducateurs professionnels continuent sur cette voie. Ils doivent être dénoncés. A la DDPP, à la SPA et à la SCC qui ce sont des bénévoles de clubs affiliés SCC.

La force, la violence n’ont pas leur place dans votre relation avec votre chien. Ne tolérez JAMAIS qu’une personne applique ces méthodes sur VOTRE chien. Si un cours tourne au plaque du chien au sol, aux coups de sonnettes etc Interrompez le cours, soulignez le fait que tout ceci est inutile, dangereux et illégal et quittez le cours !

D’une façon générale, ne confiez JAMAIS la laisse de votre chien à  un éducateur dont vous n’êtes pas sûrs à 100% que ses méthodes sont positives et là  encore, vous restez juge de ce que vous voulez faire faire à  votre chien.

 

Les conseils peuvent aussi être préjudiciables aux chiens. Quand un moniteur ou éducateur vous conseille d’enfermer votre chien dans une cage toute la journée pour éviter les destructions (et bien sûr sans parler d’habituation progressive ou de la raison des dégâts etc), qu’il vous demande de chevaucher votre chien pour « montrer qui est le chef », qu’il vous conseille d’immerger votre chien dans la foule alors qu’il est peu sociable, qu’il vous encourage à tenir votre chien « la laisse bien courte » pour croiser des chiens etc… Si vous entendez ceci, fuyez.. Le reste ne sera pas plus glorieux 😉

Voir la suite

Nos attentes sont-elles trop grandes?

Sans même nous en rendre compte nous attendons beaucoup de notre chien. Nous voulons tellement de choses qui nous semblent banales que nous ne nous apercevons plus des efforts que cela demande à notre compagnon pour parvenir à nous satisfaire. Lorsqu’il y parvient, nous trouvons ça normal. Dès lors qu’il échoue, même sur un minuscule point, nous le rappelons tout de suite à l’ordre et nous somme fâché ou désespéré.

Nous voulons que notre chien nous écoute, partout et tout le temps. Qu’il aille là où nous le souhaitons même si cela l’inquiète. Nous lui demandons parfois de sauter des objets ou de passer par dessous/dessous. Nous lui demandons globalement de nous faire confiance en toute circonstance.

Nous exigeons de lui qu’il fasse ses besoins où nous le désirons et quand nous le désirons. Parfois notre attente est très précise : par exemple il doit non seulement faire hors de la maison mais également ne pas faire sur la terrasse, ne pas faire sur les fleurs, etc.

Nous lui donnons à manger à l’heure que nous avons décidé et, à encore, il mange ce que nous avons choisi et là où nous l’avons décidé.

Il en est de même pour son lieu de couchage que nous lui imposons bien souvent.

Il est totalement dépendant de nous, qui, de plus sommes souvent absents une grosse partie de la journée. Quand nous sommes avec lui, nous le caressons le câlinons d’une façon pas toujours apprécié du chien.

En sortie, il doit nous suivre à notre allure… Il doit souvent renoncer aux odeurs qui l’intéressent mais également à aller voir ses congénères ou à courser un écureuil.

Tout ceci se rajoute aux « ordres » qu’on lui apprend : assis, couché, donner la patte etc.

Le chien « déconnecté »

Trop de demandes, trop d’attentes, trop de pression. Votre chien ne peut pas être toujours aussi disponible ni aussi opérationnel que vous le voudriez. Il peut « jeter l’éponge » et ne plus avoir envie de répondre à vos demandes tant elles sont multiples. Il peut aussi s’y perdre et ne plus rien comprendre.

Il est aussi possible qu’il ne soit plus « relié » à vous. Qu’il se déconnecte de vous.

Que se passe-t-il quand un chien se déconnecte de son propriétaire ?

Il n’écoute plus les demandes, il est déconcentré, se sauve lorsqu’on le lâche, fugue du jardin… Il peut aussi se montrer « réactif » ou bien adopter d’autres comportements gênants.

Votre chien n’est plus lié à vous, il cherche alors son intérêt ailleurs, autrement.

Et il faut bien se dire que ce n’est pas toujours de son fait… S’il se déconnecte, c’est peut être lié à votre propre attitude.

Se remettre en question

Lorsque votre chien ne semble plus aussi complice ni aussi à l’écoute, il convient toujours de se remettre soi même en question.

Mes demandes étaient-elles claires ? Est ce que j’étais cohérent ? N’ai-je pas demandé plusieurs choses en même temps qui aurais pu troubler mon chien ?

Posez vous aussi la question de savoir ce que vous partagez avec votre chien. Si vous n’êtes là que pour le nourrir et l’emmener faire ses besoins, le lien reste très limité. Faites vous des activités avec lui ? Jouez vous avec lui ? Lui parlez vous, lorsque vous l’emmener en balade, vous contentez-vous de marcher avec lui au bout de sa laisse ?

Que faire ?

Commencez par être moins exigeant avec votre chien. Il n’est pas parfait et il ne peut pas être toujours au top. C’est un animal, pas une machine. Il peut être fatigué ou pas en forme.

Faites confiance à votre chien. Si vous ne lui accordez jamais votre confiance, n’exigez pas de votre chien qu’il le fasse ! De plus vous pourriez être surpris… Laissez-lui la chance de vous prouver qu’il sait, qu’il veut bien faire… et qu’il fait bien.

Faites des activités avec votre chien. Proposez lui des sorties, des sports canins mais aussi des jeux d’intérieur. Nul besoin d’être un grand sportif pour amuser votre ami. « Ami » étant un mot choisi avec soin. Votre chien doit être votre ami. Ce qui sous entend une complicité basée sur le respect, la confiance, le partage d’activités communes.

Si vous voulez que votre chien ai envie d’être avec vous, de faire des choses avec vous…. Vous devez lui en donner envie !

Parlez à votre chien, regardez votre chien, soyez AVEC votre chien.

En balade, éteignez votre téléphone. Si vous gardez le nez sur votre écran, ne vous étonnez pas si votre chien prend la poudre d’escampette. Vous n’êtes pas connecté à lui.. le lien se rompt, il vaque à ses occupations.

Quid des balades silencieuses alors ?

Depuis quelques temps, il est question sur le net de faire des « balades silencieuses » dont le concept est de se promener avec son chien, en liberté et en silence. Pas d’ordres, pas de mots.. rien… Ces balades apportent du calme, détendent chien et propriétaire et permettent aux chiens habituellement « abreuvés » d’ordres de se reposer un peu et, paradoxalement de se reconnecter à leur propriétaire.

En revanche je ne conseillerai pas ce type de balade avec un chien dont le lien n’a pas été assez tissé, ni avec ceux qui ont un problème relationnel avec leur propriétaire. Si on tient à faire des balades silencieuses dans ces cas là, on peut tout à fait les envisager avec une longe. Rien n’empêche aussi de faire des balades « classiques » avec des pauses silencieuses de plusieurs minutes !

 

xl Voir la suite

Emmener son chat chez le vétérinaire: en route pour l’expédition !

caline1

Pour beaucoup de chats, la visite chez le vétérinaire est source de grand stress. Cela signifie aussi que ce moment sera pénible pour tout autant de propriétaires de petits félins.

Il est souvent difficile d’arriver à faire entrer Minet dans cette maudite caisse de transport qu’on vient enfin de retrouver au fond du garage après 11 mois d’oubli. Ensuite, c’est parti pour un long concert de miaulements, plus ou moins rauques ou de hurlements de désespoir.

Pour quelques uns, le trajet sera également ponctué de vomissement, d’urine ou de grosse commission (qui sera d’autant plus appréciée par les propriétaires de chats à poils longs…).

Arrivée chez le vétérinaire, ouf, vous pensez pouvoir souffler mais c’est sans compter sur l’attente, parfois au milieu d’autres chats partageant verbalement leur inquiétude avec le monde les entourant et sur les chiens chouinant et jappant à tout va. Les va-et-vient du personnel ou des clients, la sonnette d’entrée, le téléphone, les odeurs… Autant de facteurs de stress qui ne vont rien améliorer à l’état émotionnel de votre chat.

Bien évidemment, les manipulations et examens menés par le vétérinaire seront peu appréciés et peuvent déclenchés chez Minet de vives réactions. Et s’il doit être hospitalisé ? Comment faire pour qu’il supporte bien les conditions d’hébergement ?

Vous ne pourrez pas tout prévoir, ni habituer votre chat à tout, mais vous pourrez faire en sorte que cette expérience se passe le mieux possible.

Comment agir en amont pour rendre le voyage plus agréable

Le chat est un animal territorial qui aime marquer tous les nouveaux éléments comme «sien». C’est pourquoi il va s’installer dans toutes les boites en cartons, les sacs etc.. Il est alors possible de profiter de cela pour lui faire découvrir la caisse de transport. Dès que possible, installez la caisse, ouverte, dans un coin du salon. Mettez un plaid ou un coussin dedans et laissez votre chat venir flairer, marquer en se frottant et rentrer dedans. Ne cherchez jamais à fermer la porte au début ! Il doit pouvoir y entrer et sortir comme il le veut. Ensuite, prenez l’habitude de mettre dedans une friandises ou une assiette de pâtée que votre félin aime. Il doit associer la boite à quelque chose de positif ! Là encore, pas question de fermer la porte.

chat2

Lorsque la caisse sera devenu un élément naturel de son environnement, vous pourrez tenter de l’habituer à fermer la porte. Mettez vous avec lui au sol et incitez-le à rentrer en lui lançant des friandises ou en posant une assiette pleine dedans. Puis poussez la porte à moitié, ouvrez-la. Recommencez et poussez la porte complètement. Ouvrez-la à nouveau. Faites ça plusieurs fois et stoppez la séance. Reprennez ensuite en tentant de fermer la porte (2-3 sec) et si tout va bien, allongez le temps.

Petit à petit, bougez un peu la caisse. Il faut que votre chat soit à l’aise lorsque la caisse est en mouvement.

Pour faciliter la chose, mettez toutes les chances de votre côté : prenez une caisse adaptée à la taille de votre chat. Trop de chats sont présentés en clinique vétérinaire avec une caisse dans laquelle, il ne peuvent même pas se retourner !

chat3

Ici un maine coon qui a le droit à une cage pour chien. C’est tout de même plus confortable !

chat4Celui-ci par contre, est complétement compacté dans son sac. Le sol n’étant pas dur, le sac a tendance à se plier une fois porté, se resserrant encore plus sur ce pauvre chat !

Vous pouvez aussi y vaporiser de l’herbe à chat pour apaiser votre compagnon.

Lorsque vous faites voyager votre chat, faites attention à ne pas secouer trop la caisse, à conduire sans trop d’à-coups. Placez un tissu absorbant ou une alèse au cas où il ferait ses besoins. S’il venait à uriner, ne la changez pas immédiatement ! Cette odeur l’apaisera pour le trajet.

Habituez votre chat à faire de petits trajets de temps à autre. Il ne doit pas prendre la caisse de transport uniquement pour aller chez le vétérinaire.

Chez le vétérinaire

Aller chez le vétérinaire est extrêmement stressant pour le chat : perte de ses repères, perte de son territoire, pas de possibilité d’évitement, de fuite et plus aucun contrôle de la situation. Sans compter les manipulations pas toujours agréables, les contentions par des inconnus etc.

Tout est menaçant pour lui. Ses cinq sens sont tous en éveil. Entre les odeurs (phéromones, odeurs de marquages des autres animaux, produits sanitaires…), les bruits (miaulements, aboiements, sonneries de téléphones, sonnette, voix etc.), les éléments visuels inquiétants (lumière vive des néons, blouses du personnel..) sont bien sûr les premières choses auxquels nous pensons. Il faut aussi imaginer le stress et l’inconfort lié aux manipulations, aux soins et examens parfois invasifs et le temps d’attente parfois long qui laisse le temps au chat de se faire du soucis !

En salle d’attente, mettez-vous à l’écart des chiens au maximum si votre clinique ne dispose pas de deux salles d’attente distinctes. Si votre compagnon est vraiment stressé, demandez à l’assistante à ce qu’elle aille installer la caisse dans une salle isolée le temps de l’attente.

Si vous restez en salle d’attente, ne posez pas la caisse au sol. Placez-là sur une tablette, une table ou sur vos genoux. Ce sera plus rassurant pour votre chat.

Pour débuter sa consultation, il faudra sortir votre félin de sa caisse. Certains vétérinaires laisseront à votre chat l’occasion de caline2faire le tour de la salle, de marquer en se frottant. Ainsi votre chat peut se rassurer en explorant. Limiter les contentions sur la table au strict minimum et laissez votre vétérinaire ou son assistante faire. Les gestes seront plus surs, plus assurés. De plus, les vôtres lui communiquent parfois du stress supplémentaire. Si votre vétérinaire vous semble peu délicat et peu respectueux de votre chat, discutez en avec lui (parfois certaines contentions ne peuvent se faire que d’une façon, ou bien d’une façon générale, la sécurité du personnel doit être privilégiée à un léger inconfort de quelques secondes pour votre chat) et si vous êtes gênés ou dérangés par le déroulement des consultations, n’hésitez pas à aller consulter dans une autre clinique, qui sera peut être plus « cat friendly » !

 

Si lors d’examens, le chat est dans un état d’affolement intense, le vétérinaire peut être amené à stopper la consultation. Il vous proposera de revenir un autre jour ou hospitalisera votre chat pour quelques heures, le temps qu’il puisse se calmer et qu’une autre tentative puisse se faire. Tacher de ne pas insister pour que l’examen soit fait immédiatement. Certes, vous n’avez pas envie de revenir, de prendre à nouveau rendez-vous etc. Mais il faut environ une demi heure pour que votre compagnon retrouve une homéostasie minimale. Attendre 5 minutes ne servira à rien. Votre chat risque d’être marqué négativement et votre vétérinaire risque de se faire mordre et griffer.

Beaucoup de propriétaires s’énervent sur leur chat lorsqu’il bouge ou râle une fois sur la table d’auscultation. C’est à éviter ! Votre chat est stressé, il a peur. Si en plus vous le grondez, imaginer que cela ne va rien arranger est aisé. J’aimerai aussi attirer votre attention sur l’habitude de beaucoup d’humains de faire « tsssshhhut » à leur chat dans ces circonstances. Si vous prenez le temps de la réflexion, ce bruit ne vous rappelle-t-il pas celui que fait un chat qui feule ? Si. C’est donc une menace pour le petit félin déjà terrifié et souvent maintenu de force pour son examen. Faire ça est la meilleure façon de déclencher une réaction de défense…et de se faire mordre.

Si votre chat doit séjourner en clinique vétérinaire quelques jours, vous pouvez parfaitement lui laisser des tissus à lui (non lavés) ou un « doudou ». Sachez toutefois, que selon la raison de son hospitalisation, le personnel aura sûrement besoin de laver la cage et tout ce qui est dedans fréquemment. Pensez donc à en amener plusieurs ou à en ramener chaque jour.

chat1

Voir la suite

Et s’il avait mal ?

chien_age

La douleur est la première cause de modification comportementale et la première cause de réponse négative chez le chien.

Bon nombre d’agressions d’irritations par exemple auraient pu être évitées si on avait pu déceler le mal dont souffraient les chiens.

Les propriétaires ne pensent en général pas à un éventuel problème médical lorsqu’un changement de comportement survient. N’importe quel vétérinaire consulté pour ce motif cherchera en premier une douleur ou un problème hormonal voire neurologique. Un bon comportementaliste soulignera également ces possibilités et référera l’animal à un vétérinaire pour un bilan de santé. Le risque de passer à côté est en revanche plus important si les seules personnes prises pour conseils sont des propriétaires « lambdas », des moniteurs de clubs ou des éducateurs. Beaucoup d’entre eux n’ont pas de vécu ou de connaissances dans le domaine de la santé.

Travaillant également en clinique vétérinaire, je vous fait part ici de ma double expérience.

Comment repérer les signes de douleur ?

Il y a deux types de douleurs si on veut résumer les états algiques assez grossièrement. Les douleurs aiguës et les douleurs chroniques (qui reviennent régulièrement).

En cas de douleur aiguë, on peut lire des signes d’angoisses chez le chien, l’expression du regard change. Pour cela il faut être attentif à son animal.

D’autres signes sont plus évidents : salivation, vocalises, actes d’automutilation, modification de l’appétit ou de l’activité motrice (le chien ne se déplace plus, ou au contraire est très agité…). Son rythme cardiaque et/ou respiratoire est aussi chamboulé. Au niveau biochimique, on peut constater des anomalies (cortisol, glycémie…) c’est pourquoi en cas de suspicion de douleur, le vétérinaire peut proposer un bilan sanguin.

En cas de douleur chronique, le comportement du chien est plutôt « figé ». Ses mouvements sont plus ralentis, il adopte des postures basses, montre de la raideur. On lit des signes de stress, de « tristesse ». Le chien cherche moins le contact, voire fait preuve d’un réel évitement. Il s’isole, refuse le contact ou propose des signes d’apaisement si on le pousse au contact. Un bon nombre de chiens vont aussi lécher ou gratter les zones algiques de façon répétée et/ou exagérée.

On peut reconnaître les signes de douleur chez son chien mais on peut aussi l’envisager et la prévenir en fonction de son âge ou d’une situation particulière. Par exemple, avec un jeune chien, on doit rester à l’écoute et surveiller les douleurs dentaires ou de croissance. A l’inverse chez un chien âgé, on pourra s’attendre à des douleurs arthrosiques.

D’autres moments de la vie de son chien peuvent être source de douleur : pendant une gestation ou après une mise bas, après une opération de chirurgie ou bien sûr, après un traumatisme, même léger.

Quel impact sur son comportement ?

Les problèmes comportementaux peuvent avoir des causes intrinsèques et extrinsèques. C’est à dire qu’ils peuvent être liés à l’animal en lui même ou la conséquence d’événements ou d’éléments extérieurs à l’animal (environnement, action des « humains », matériel utilisé…).

La douleur fait partie des causes intrinsèques. Son impact dépend de son origine.

  • Les affections endocriniennes (hypothyroïdie, hyperproléctinémie..) entraînent une transformation du métabolisme basal. Ceci influe sur la perception que le chien a de son environnement et sur les réponses émotionnelles et motrices qu’il peut présenter.
    Une tumeur testiculaire par exemple entraîne une augmentation du taux de testostérone qui peut provoquer des comportements agressifs une certaine excitabilité ou des stéréotypies.

    En cas d’hypothyroidie, on note des douleurs au niveau de la peau mais aussi de type rhumatismales ce qui rend le chien réactif aux manipulations et au toucher.

  • Les affections douloureuses sont à l’origine d’associations négatives chez le chien entre la douleur et son environnement. Ce sont des causes fréquentes de douleurs et de mauvaises réactions car liées à de « petits maux » courants. Par exemple : otites, arthrose, douleurs dentaires, maladies génitales, abcès des glandes anales. Ces problèmes rendent le chien irritable et algique aux manipulations. Les vieux chiens peuvent ainsi mordre subitement un enfant en le voyant arriver, uniquement car ils redoutent un contact (les enfants cherchent parfois à s’appuyer sur le chien ou à le prendre dans leurs bras)

    Une atteinte de prostate (hyperplasie par exemple), provoque aussi des douleurs diffuses.

  • Les affections nerveuses modifient le comportement du chien, sa motricité et sa réactivité. On peut ici citer les chiens souffrant d’épilepsie, encéphalopathies, neuropathie (syndrome de la queue de cheval, tumeurs…). Nul doute qu’en cas d’encéphalopathie ou de tumeur cérébrale le chien peut souffrir de maux de tête qui peuvent le rendre plutôt irritable. Un chien épileptique présentera des vocalises, déambulations, désorientation mais ne souffre pas à proprement parlé.

  • Les déficits de perception sensorielle, très fréquents chez les animaux âgés modifient fortement la perception de leur environnement.

    Un chien souffrant de surdité, de cécité ou anosmique (trouble de l’odorat) se sent perdu dans son environnement pourtant habituel, il réagit plus vivement et présente des comportements de défense ou des agressivités par peur et surprise.

chien_age

 

 

 

 

 

 

Attention, la senescence peut regrouper tous ces problèmes et y ajouter en plus une perte des repères, de la « malpropreté » (incontinence ou oubli des apprentissages de la propreté), une perte d’intérêt pour les relations intraspécifiques ou pour les interactions avec les humains.

Que faire ? Par quoi commencer ?

1/ Avant tout il faut gérer cette maudite douleur ! Pour cela, l’aide du vétérinaire est indispensable. Il prescrira à votre compagnon le meilleur antalgique possible selon le type de douleur.

2/ Une fois l’antalgique actif, on peut procéder à un contre conditionnement afin par exemple d’associer l’usage d’une compresse (ou d’un produit oreille, ou d’une pose de bandage…) à une friandise (de grande valeur ! N’oubliez pas que le chien a mal et peut être peur de la douleur éventuelle). Le clicker vous sera ici d’une grande aide.

Par exemple :

Etape 1 : Cliquez-Récompensez (CR) à l’approche de la zone à traiter (par exemple l’oreille)

Etape 2 : CR au maintien de la main quelques secondes au dessus de cette zone

Etape 3 : CR au toucher bref et doux de la zone

Etape 4 : CR au passage de la compresse sans le produit et à l’approche de la bouteille du produit

Etape 5 : CR à la manipulation finale (nettoyage de la zone ou mise du produit dans l’oreille etc.)

3/ Modifier l’environnement et les activités habituelles du chien. Réduire l’exercice quotidien, adapter les promenades (sol plus stable, moins de montées, distance plus courte, moins de stimulations et de passage pour les chiens devenus aveugles par exemple. On peut aussi faire plus d’activités calmes, ou mentales pour distraire le chien sans solliciter son organisme. Récompenser plus le chien et lui faire faire des activités qui lui plaisent.

Le couchage peut aussi nécessiter des aménagements (tapis à mémoire de forme pour les chiens arthrosiques ou souffrant de hernies, couchage plus moelleux ou surélevé etc.), de même que les lieux d’alimentation (gamelle surélevée notamment), rampe pour accéder à la voiture ou pour éviter des escaliers, environnement « épuré » et rangé pour les chiens ayant des troubles moteurs ou une perte d’acuité visuelle…

Un harnais sera aussi recommandé pour les chiens ayant des douleurs cervicales ou dorsales mais aussi pour les chiots en pleine poussée dentaire.

4/ Modifier l’alimentation. Certaines affections peuvent se voir améliorées par une alimentation spécifique (aliment complémenté en chondroprotecteurs pour les chiens arthrosiques, aliment hypoallergénique qui limitera les irritations et plaies de grattage/léchage, aliment diététique aidant à rééquilibrer les troubles thyroïdiens etc.

dog_agress

Bien évidemment, tout utilisation d’outils coercitifs est à proscrire. En créant de la douleur, les colliers électriques, à pointes ou étrangleur créent aussi de l’anxiété et provoquent des réponses parfois violentes. Les chiens peuvent devenir réactifs au passants, aux autres chiens ou agresser leur propriétaire sous le coup de la douleur.

Là encore, j’insiste sur l’importance de la prévention par des check-up réguliers, des traitements en début de maladie sans attendre, une surveillance particulière des chiens âgés avec une bonne prise en charge des « maux de vieillesse » et des habitudes préservant l’organisme de son animal (peu de montées et descentes d’escaliers, pratique raisonnée d’un sport canin avec une attention particulière portée à l’échauffement et à la récupération)…

Voir la suite

Au secours, mon perroquet crie (trop) !!

amazone

Lorsqu’une personne envisage de faire l’acquisition d’un perroquet, une des premières questions posées est « quelle espèce ne crie pas? », « un perroquet est-il bruyant ? ». Pour ceux qui ont acheté leur oiseau avant de se poser ce genre de questions, on les retrouvera avec des interrogations assez similaires : « mes voisins se plaignent des cris de mon ara », « mon perroquet crie beaucoup, que faire ? »

Alors, les perroquets sont-ils vraiment des animaux criards ? Voyons ensemble ce qui pousse nos oiseaux à faire des vocalises et apprenons à reconnaître un comportement normal d’un comportement d’hyper vocalisation.

Le perroquet, animal bruyant de nature

Le perroquet, comme tout bec crochus est un animal expressif et grégaire. Pour communiquer avec ses congénères, il crie. Pour pouvoir se faire entendre dans les forêts et ce, parmi les bruits environnants et les vocalises des autres animaux, il a besoin d’un cri assez puissant.

Cela ne veut pas dire qu’un perroquet crie à longueur de journée. Si cela était le cas, il n’aurait jamais trouvé sa place comme animal de compagnie. Toutefois, il faut avoir conscience qu’un bec crochu parfaitement équilibré peut se montrer bruyant à certaines occasions.

Les perroquets crient souvent au petit matin et en fin de journée. C’est un comportement naturel que l’on ne peut empêcher. Il s’agit de « cris d’appel » ou « de liaison ». Ils servent à se rassembler et à se retrouver.

amazoneEn cas de grosse frayeur ou face à un prédateur, ils lancent des cris puissants et aigus appelés « cris d’alarme ». Là encore, rien d’anormal, il s’agit d’un comportement de protection et qui sert aussi à prévenir les membres du groupe d’un danger. Votre oiseau peut être amené à en pousser s’il aperçoit un chat derrière la fenêtre ou lorsqu’un avion (ou un corbeau) passe dans le ciel. Il est important de savoir reconnaître ce type de cris. Ils sont en général accompagnés d’un ébouriffement de plumage et de dilatation des pupilles.

Les psittacidés aiment se faire remarquer, si votre oiseau vit dans un environnement bruyant (présence d’autres oiseaux, télévision ou radio mise avec un fort volume sonore, cris et agitations d’enfants etc.) il essayera de se faire entendre comme il pourra.

Quand le comportement devient inadapté

On ne peut plus parler de comportement naturel si votre oiseau cri à longueur de journée. De même, s’il hurle à chaque fois qu’il attend quelque chose de vous, nous nous retrouvons face à un comportement inadapté.

La voix des Psittacidés est forte et désagréable lorsqu’elle est utilisée à répétition. Les grands perroquets ont une voix rauque et ….. peu mélodieuse !

A contrario, les plus petits des becs crochus ont une voie stridente et ont tendance à s’en servir encore plus fréquemment que ne le font les plus gros. Ainsi les petites conures soleil sont réputées pour être très criardes et le volume sonore n’est pas proportionnel à leur petit gabarit ! Les grands aras (ararauna, chloroptère…) ont une voix à faire fuir vos voisins mais, s’en servent généralement peu.

Savoir analyser les causes

Un oiseau peut tomber dans l’hyper-vocalisation pour plusieurs raisons :

  • La peur. Nous l’avons vu plus haut, en cas de panique, un perroquet peut pousser de forts hurlements. Si sa cage est installée dans un lieu anxiogène, votre oiseau peut être amené à crier de nombreuses fois par jour. Certains ne supportent pas d’être placés devant une fenêtre. D’autres auront peur d’être dans une volière extérieure dont le toit ne serait pas couvert.

  • Le manque d’habituation à la cage. Si votre oiseau passe le plus clair de son temps en liberté (et il a bien de la chance!), il risque fort de ne pas apprécier rentrer dans sa cage sans une bonne habituation et une bonne dose de renforcement positif.

  • L’espèce. Comme indiqué plus haut, certaines espèces sont plus criardes que d’autres. Il y a aussi des espèces qui parlent ou chantent plus facilement que d’autres. Ceux-ci peuvent alors devenir très bavards alors que les autres s’exprimeront pas des cris.

  • Des habitudes de vie trop ritualisées. Repas et sorties à heures fixes peuvent rendre un perroquet « exigeant ». En cas de retard ou de changement d’habitude, votre oiseau peut exprimer son mécontentement par des vocalises.

  • L’ennui. Les Psittacidés ont un très grand besoin d’occupations mentales et physiques. Sans stimulation, ils chercheront à s’occuper avec les moyens du bord… Leur voix.

  • La solitude. Tous les becs crochus sont des animaux grégaires. Ils ne peuvent être heureux seuls. Si vous n’avez qu’un seul oiseau, vous êtes son groupe à vous tout seul. Même une absence d’une heure est difficile à supporter pour votre oiseau.

  • L’hyper attachement. Les perroquets sont des animaux monogames. Ils partagent chaque moment de leur journée et de leur vie avec leur être d’attachement. Votre oiseau a pu vous choisir comme humain « chouchou » et vouloir faire de vous son partenaire de vie. C’est encore plus le cas avec les perroquets EAM. Dans ce cas, votre disparition de son champs de vision est source d’anxiété, de frustration et donc… De cris !

Que faire si son oiseau crie ?

Avant tout, il faut reconnaître le type de cri. S’il s’agit d’un cri d’alarme, allez voir ce qui inquiète votre oiseau. Vous le rassurerez et le serez aussi vous-même. Si votre cage est placée devant une fenêtre et que votre perroquet pousse très souvent des cris d’alarme, déplacez la cage afin de ne pas laisser votre animal dans un environnement anxiogène.

En ce qui concerne les appels de liaison, il est important de se remettre en question : passe-t-on assez de temps avec son oiseau ? A-t-il un compagnon à plume ? Si les réponses sont NON, il faudra apporter plus d’attention à votre bec crochu ou lui offrir un congénère.

En dehors de ça, assurez vous toujours que votre oiseau ne manque de rien : nourriture, eau et occupations.

Pour contrer l’ennui, augmentez ses possibilités d’occupations : nouveaux jeux, jouets d’occupations, foraging, télé ou radio en fond sonore…

Il est important également de faire attention à son propre comportement. Nous avons en effet tendance à renforcer involontairement des comportements tels que les cris. Par exemple, lorsque l’oiseau crie et que vous venez vers lui pour lui dire de se taire, vous avez renforcer son comportement. Pour lui : il crie= il a de l’attention.

La meilleure conduite à tenir est donc d’ignorer les cris du perroquet. Pas de punitions, pas de « tais toi ». S’il insiste, quittez la pièce. Dès lors qu’il cesse de crier, revenez dans son champs de vision ou proposez lui une récompense (friandises, caresses ou sortie). Pensez aussi à renforcer tous les comportements convenables qu’il adopterait de lui même : être calme, jouer seul, parler, siffler ou chanter etc…

 

Cet article a été publié dans le numéro 6 de l’Emag Vox animae consultable ici http://www.vox-animae.com/emag-06

Voir la suite

Le stress chez le serpent

10432475_10153414962399536_7881037224363027138_n-copie

Le serpent est un animal pour qui le dicton « pour vivre heureux, vivons cachés » prend tout son sens. Sa timidité le rend extrêmement sujet au stress* lorsqu’il est maintenu en captivité. Le Python Royal (Python Regius), serpent très populaire parmi les terrariophiles est particulièrement connu pour sa sensibilité.

Qu’est ce qui peut stresser un serpent ?

Les sources de stress physiologique inhérentes à la captivité sont nombreuses et sont liées à l’environnement du serpent et aux interactions qu’il peut avoir avec l’Homme.

L’environnement

Le terrarium est le lieu de vie du serpent, il y passe tout son temps. Si un élément le contrarie ou n’est pas adapté à ses besoins, il ne peut s’y soustraire et développera alors un stress chronique.

Le bac en lui même est donc très important: Terrarium manquant de cachettes (le serpent a besoin d’évoluer à couvert et de pouvoir se cacher sous ou dans quelque chose : souche, « grotte », feuillages etc.), bac trop petit, changement de terrarium (nouvel achat, changement de bac à l’âge adulte, terrarium cassé etc.) ou déplacement du bac dans le logement peuvent causer du stress chez un serpent. De même, si les terrariophiles savent l’importance du bon maintien des paramètres d’un terrarium (températures, hygrométrie, éclairage), ils doivent avoir conscience que des variations importantes des températures ont des conséquences négatives sur l’animal.

Ce qui se passe autour du terrarium a aussi un impact sur le serpent. Des passages multiples devant les vitres d’humains ou d’animaux de compagnie, des vibrations importantes liées à la proximité du terrarium avec une télévision ou une radio fatiguent nerveusement un serpent. Il faut aussi faire attention à la luminosité de la pièce. N’oublions pas que les serpents ont une activité essentiellement nocturne. Les maintenir dans une pièce où la lumière reste allumée tardivement provoque un dérèglement du cycle jour/nuit, ce qui stresse l’organisme.

Les serpents sont des animaux solitaires. Ils ne se regroupent généralement que pour la reproduction ou pour des périodes d’hibernation comme chez les crotales (Crotalus oreganus) qui se réunissent en nid de plusieurs dizaines, voire centaines d’individus aux U.S.A. De fait, il n’est pas fait pour partager un aussi petit espace qu’un terrarium et il peut subir un stress de concurrence. Les cohabitations inter-spécifiques sont encore plus problématiques car cause un stress encore plus important pour les serpents devant vivre dans le même environnement.

Enfin, le parasitisme, fréquent notamment chez les animaux importés, est aussi une cause de stress. L’animal se sent mal, change ses habitudes pour s’apaiser (se baigne plus longtemps et plus souvent, déambule beaucoup pour se frotter aux éléments de décoration etc.) ce que les serpents aiment assez peu ! De plus, l’affaiblissement de l’organisme face aux parasites provoque aussi un stress général.

10432475_10153414962399536_7881037224363027138_n-copie

Les interactions serpents-terrariophiles

Les serpents ne sont pas des animaux de compagnie. Ils doivent être observés plus que manipulés. Certains sont plus tolérants que d’autres aux interactions avec leur propriétaire mais d’une façon générale, les manipulations doivent être réduites au minimum.

Des manipulations répétées et trop longues surtout pour des animaux non habitués (importés, juvéniles etc.) sont peu appréciées des serpents. Leur stress n’est pas forcément visible sur le moment, ce qui conduit certains terrariophiles à poursuivre les interactions.

Plus grave encore, les manipulations pendant la digestion (2 à 4 jours en moyenne) ou la mue (le serpent est plus vulnérable à ce moment et perd de son acuité visuelle, ce qui rend les sorties du terrarium encore plus stressantes).

Autre interaction fréquente chez les animaux logés en système de rack et particulièrement angoissante pour le serpent : l’ouverture brusque du bac sans prévenir l’animal avant (par un tapotement ou une ouverture en deux temps par exemple).

Certains actes techniques comme le gavage, semi-gavage, sexage par sonde ou par extériorisation des hémipénis ne sont (ou ne devraient être) pratiqués que par des terrariophiles avertis. Ceci pour ne pas blesser l’animal bien sûr, mais aussi afin d’être réalisés rapidement pour en limiter le stress, inévitable lors de ces actes invasifs.

Le nourrissage des serpents de façon « naturelle » peut aussi être une cause de stress. Un sous nourrissage par exemple, provoquant une sensation de faim est stressant pour l’organisme. Le nourrissage avec des proies vivantes cause aussi un stress plus ou moins important qui est souvent négligé par le propriétaire qui n’imagine pas forcément qu’un prédateur puisse être impressionné par sa proie. Néanmoins, le serpent qui n’a pas faim aura peur (à raison) de sa proie qui, en vase clos, pourra devenir le prédateur à son tour ! De même, voir le rongeur déambuler sous son nez, ne pas parvenir à l’attraper peut aussi être source de stress. Les cas de morsures d’un rongeur sur un serpent sont fréquents, avec parfois des conséquences graves. Il va de soi qu’une morsure de défense ou d’attaque d’un rongeur sera une cause de stress importante pour l’animal sur le moment, mais aussi lors des repas futurs.

Conséquences et remèdes

La réaction du serpent face à une situation stressante est à caractère non-spécifique. C’est-à-dire qu’elle est sous l’influence de plusieurs facteurs (intrinsèques et extrinsèques de l’animal). Elle dépend du patrimoine génétique du serpent, de son état physiologique, de son vécu (expériences) mais aussi de l’intensité et de la durée du stimulus (HENRY, 1993).

L’organisme répond au stress par des changements comportementaux mais aussi par des réactions qui passent plus inaperçues aux yeux du propriétaire: réactions neurologique, psychologique, métabolique et endocrinienne.

Troubles du comportement alimentaire

Le plus connu est l’anorexie. C’est un trouble fréquemment rencontré chez le Python regius qui peut ainsi rester des mois sans se nourrir suite à un stress brutal ou chronique. Le repas du serpent devient donc source d’inquiétude pour le terrariophile, qui de fait, observe de façon insistante son serpent au moment du nourrissage, ce qui peut avoir l’effet pervers de stresser encore plus l’animal.

L’anorexie prolongée (délai variable selon l’âge de l’animal) peut conduire à une fatigue importante et à la mort de l’animal.

La régurgitation est également connue et redoutée des propriétaires de serpents. Elle survient le plus souvent lorsque l’animal est dérangé ou manipulé durant sa phase de digestion ou en cas de températures trop basses. Lorsqu’elle est occasionnelle, le risque est limité pour la santé de l’animal mais lorsqu’elle devient récurrente, elle provoque des brûlures dues à la remontée des sucs gastriques et une anorexie.

Autre trouble à la fois alimentaire et comportemental, l’ourobolos ou serpent qui se mord la queue. La cause est une sous nutrition ou un manque de place. Le serpent ne prend pas conscience de son corps et le confond avec un congénère. Il se mord alors la queue et commence à l’ingérer. Ses dents étant en forme de crochets incurvés en grappin, il ne peut alors plus faire marche arrière. Il va alors s’autodigérer ou s’étouffer. Il est capital d’intervenir très rapidement, avant que les sucs gastriques n’attaquent les chairs. Ce comportement est plus fréquent chez les serpents ophiophages (serpents consommant régulièrement ou occasionnellement d’autres serpents) tel que le populaire serpent roi (Lampropeltis sp.) mais peut aussi se rencontrer chez les pythons.

Lorsqu’il y prête attention, le terrariophile peut aussi remarquer un changement d’aspect des excréments et de l’urée en cas de stress.

Troubles des comportements exploratoire et agonistique

Le serpent stressé fera preuve d’agressivité ou de léthargie. On constate des variations en fonctions des individualités bien sûr mais d’une façon générale, on peut dire que les Python regius seront plus facilement léthargiques qu’agressifs alors que ce sera plutôt l’inverse pour les Lampropeltis ou les Boa constrictor sp.

Un serpent qui passe beaucoup de temps dans sa gamelle d’eau ou au sol, « à découvert » mérite aussi de l’attention car cela peut être l’expression d’un stress chronique.

1924392_10152680988559536_6284006484023889175_n-copie

Que faire en cas de stress ?

Dès lors qu’un stress est suspecté, il convient de revoir en premier lieu les conditions de maintien de l’animal : l’emplacement et l’aménagement du terrarium, les paramètres, l’alimentation (donner des proies mortes ou « assommées » ou une plus petite pour relancer la prise alimentaire). Il faut aussi augmenter le nombre de cachettes et cesser toute cohabitation intra ou inter spécifique. En cas de maintien de plusieurs individus dans un même bac, il faudra au moins tâcher de faire des nourrissages individuels et de leur offrir un espace suffisant.

Dans son rapport avec l’animal, le terrariophile devra veiller à respecter les postures de défense du serpent, à stopper les manipulations avant de les reprendre à un rythme réduit au minimum (deux fois par semaine, quelques minutes seulement).

En cas de transport, certaines mesures doivent être prises telles que maintenir une bonne température et installer le serpent dans un petit container ou mieux, dans un sac en tissu opaque.

Enfin, lorsque le stress cause des régurgitations, un amaigrissement ou une anorexie, un vétérinaire doit être consulté pour éviter que la santé de l’animal ne se dégrade.

* Le stress a été défini en 1956 par SEYLE sous le concept suivant : « l’exposition à des facteurs environnementaux entraîne une réaction non-spécifique. Cette réaction est caractérisée par une augmentation de l’activité hormonale et facilite le retour à l’homéostasie

Cet article a été publié dans le numéro 5 de l’Emag Vox Animae dont les articles sont consultables ici: http://www.vox-animae.com/emag-05#features/3

Voir la suite

Le perroquet, un animal de compagnie comme un autre ?

Close-up Crested Cockatoo White alba, Umbrella, Funny Looking in Camera, Indonesia, isolated on Black Background

Les perroquets sont bien souvent achetés pour de mauvaises raisons : « vouloir sortir de l’ordinaire », « frimer avec un animal parleur », « amener de l’exotisme chez soi »… Ces raisons conduisent à des adoptions basées sur une totale méconnaissance de l’éthogramme et des besoins des perroquets et donc, in fine, à une cohabitation difficile.

Des spécificités importantes

Contrairement aux chiens, chats et furets qui peuplent nos foyers le perroquet est un animal « proie », qui, comme le cheval a besoin de nouer un lien de confiance et qui trouve son salut dans la fuite. Cet état de fait amène le perroquet à avoir des réactions que l’humain qualifient d’inappropriées (mordre, crier, fuir le contact etc..). L’Homme a tenté d’y trouver des parades en lui coupant les ailes, en l’élevant à la main etc… Ceci étant plus facile que de comprendre l’animal. Mais heureusement une autre approche est possible !

  • Le perroquet est un animal qui a un besoin vital de présence et de liens sociaux. Toutes les espèces de perroquets sont grégaires, sexuées et monogames. Elles ont besoin de trouver leur partenaire pour la vie et choisissent un « humain-chouchou » lorsqu’elles vivent dans les foyers. La relation peut vite devenir fusionnelle avec les excès que cela implique.

  • Le perroquet est un animal qui vit vieux, parfois même très vieux ! Nous avons tous déjà souffert de voir vieillir et partir un chien ou un chat que nous aimions mais là, ce sera peut être notre oiseau qui nous survivra. Un ara Ararauna ou un Cacatoes des Molluques pouvant vivre près de 80 ans. Il faut donc réfléchir encore plus à son adoption et prévoir également son devenir sans nous à ses côtés.

Des espèces différentes à choisir avec précautions

Si chez les chiens, il y a des prédispositions raciales, c’est aussi le cas chez nos amis les perroquets. Bien sûr, chaque individu garde son individualité en fonction de sa personnalité, de son environnement et de son vécu mais on ne peut occulter ces prédispositions.

Le cacatoès par exemple est souvent présenté aux éventuels acheteurs comme un « vrai petit chien », très attachant et très câlin. Sauf que s’il est très demandeur de contacts physiques et d’interactions, il est aussi extrêmement exigeant et peut vite développer des problèmes comportementaux si la relation qui l’unit à son propriétaire est mauvaise.

Les gris du Gabon sont réputés pour être assez soupe au lait et s’adaptant mal aux changements.

La puberté ou le dimorphisme sexuel comportemental varient aussi selon les espèces, même si là encore, il ne faut pas exclure le paramètre de l’individualité et tomber dans une généralité immuable.

Aucun perroquet n’est assimilable à un chien, à un chat, ni à aucun autre animal de compagnie. Ce sont des animaux très exigeants en contacts, présence, activités quotidiennes qui ont besoin d’une alimentation spécifique, de s’occuper toute la journée et de beaucoup de sommeil (10 heures minimum d’affilées). Il est aussi difficile de garder heureux un perroquet seul, sans congénère. Les problèmes de comportements ou d’alimentation peuvent conduire l’oiseau à se piquer et dans les cas les plus grave, à la mort tant il est difficile de remédier au picage.

A côté de cela, les liens peuvent être très forts et un perroquet chez soi est une présence particulière qui participe totalement à la vie de la maison et aux différentes activités. Un être qui rigole, chante, danse, câline, fait preuve d’une grande intelligence et de beaucoup de facilités d’apprentissage. Comme le chien, il a soif d’apprendre de nouvelles choses et le renforcement positif marche très bien avec lui. On peut donc passer de bons moments à lui enseigner des exercices et à s’émerveiller dedans ses progrès.

Les propriétaires de perroquets sont nombreux à relater des histoires de rituels ou de moments de complicité intense avec leur animal. Un oiseau qui devient souvent plus un enfant qu’un animal de compagnie. Beaucoup n’hésitent pas à composer leur emploi du temps en fonction du rythme de vie de leur perroquet ou à transformer leur salon en volière géante et parc d’attraction pour volatiles.

Avec une bonne habituation, la plupart apprécient également des sorties en harnais et peuvent ainsi participer aux promenades, randonnées et autres balades au grand air.

Les contraintes sont toutefois plus importantes que lorsque l’on possède un carnivore domestique. Les départs en vacances sont parfois complexes : trouver une nounou s’avère compliqué et peu apprécié du volatile. L’emmener signifie qu’il faudra transporter une cage et un minimum de matériel et d’alimentation. Il faudra aussi s’assurer que l’habitation de vacances sera sécurisée et permettra à l’oiseau de se dégourdir les ailes régulièrement sans danger pour lui ou pour le mobilier et la tapisserie !

S’il est facile de trouver des professionnels s’occupant des chiens et des chats (éleveurs, éducateurs, comportementalistes, vétérinaires…), il est autrement plus difficile d’en trouver pour nos amis à becs crochus.

Vous l’avez compris, faire le choix d’adopter un perroquet est lourd de conséquences mais tellement enrichissant que la réflexion en vaut la peine.

Cet article a été publié dans l’Emag de Vox animae n°4  consultable ici http://www.vox-animae.com/emag-04#features/3

Voir la suite

Vivre avec un chien porteur de handicap…. Et l’éduquer malgré tout !

chariot

Tout le monde peut être amener à vivre avec un chien porteur de handicap. On peut adopter un chiot souffrant d’un problème de naissance, aller prendre dans un refuge un chien adulte handicapé. Dans ce cas là, on est conscient et prévenu des problèmes auxquels on devra faire face. Mais parfois, vivre avec un chien handicapé n’est pas du tout un choix ! Un animal peut devenir sourd avec l’âge ou suite à des très mauvaises otites. La cécité est fréquente aussi chez les chiens passé un certain âge. Les chiens diabétiques ou souffrant de maladies dégénératives peuvent finir par perdre la vue. Bien évidemment, un handicap physique peut aussi survenir chez n’importe quel chien, quelque soit sa race ou son âge (dysplasie, arthrose, tumeurs osseuses nécessitant une amputation, traumatisme suite à un accident….)

Avec des chiens porteurs de handicap, il faut absolument travailler en méthodes positives, sans punitions positives, ni moyens coercitifs. Le chien doit vivre dans un climat le moins anxiogène possible et tisser un lien de confiance fort avec son propriétaire.

Son éducation et ses apprentissages que l’on appellera dans cet article « dressage » (on oublie très vite l’aspect négatif que peut avoir ce terme à cause d’individus qui tentent encore et toujours de mater et dompter des chiens par la force en appelant ça du dressage) doivent commencer très tôt. Avec un chiot ou un chien récemment adopté, on s’attachera à travailler le lien, la confiance en vous comme en lui même, l’autonomie, la socialisation et la familiarisation. Avec un animal déjà présent dans le foyer au moment où survient le handicap, on tachera de bien amplifier ce lien de confiance mais on s’attellera à de nouveaux apprentissages, une nouvelle façon d’éduquer son chien pour lui faciliter la vie et la rendre plus sécure.

Le chien souffrant de surdité

Quelles sont les particularités du chien sourd (partiellement ou totalement) ?: il est souvent plus vigilant, voire hyper vigilant, plus nerveux. Il peut avoir une plus forte tendance à se montrer réactif, à avoir de mauvaises réactions s’il est surpris, à avoir des troubles du sommeil, à faire de l’hyper attachement (si son propriétaire est son seul repère de confiance dans son environnement notamment).

Ce sont des chiens qui ont besoin de calme, de patience, de confiance et que l’on s’adapte à eux. On s’abstiendra (encore plus qu’avec un chien « normal ») de le réveiller par un contact tactile et de les approcher par derrière ou lorsqu’ils sont absorber par une activité.

Il est assez fréquent d’acquérir un chiot sourd car certaines races y sont prédisposées : dalmatien, Jack Russell… (chiens à forts marquages blancs)

Quels outils peuvent vous aider ? Un collier à vibration sera sûrement votre meilleur allié pour attirer l’attention de votre chien et communiquer avec lui. Vous pouvez aussi utiliser une lampe torche comme « marqueur » au même titre que le clicker mais cela a ses limites.. Vous vous en doutez.. en plein jour cela vous aidera peu ! Autre allié de choix : un chien « pilote » ! Eh oui, les chiens apprennent beaucoup et agissent souvent par mimétisme. Travailler aux côtés d’un chien « qui sait faire » l’encouragera à faire de même. Si vous lâchez votre chien, vous aurez aussi plus facile à faire revenir le chien sourd si vous avez à ses côtés un chien entendant qui répond au rappel. Le chien « pilote » sera un peu ses oreilles pour lui signaler un bruit ou un appel.

Comment travailler avec un chien souffrant de surdité totale ? En méthodes positives bien sûr;) Il faut comprendre que vous devrez communiquer avec votre chien par des gestes. Vos mains ne doivent donc surtout pas être de près ou de loin associées à quelque chose de dangereux, de négatif, de menaçant.

Le chien par nature porte une grande importance aux gestes, mimiques, postures, expressions du visage. Le chien sourd sera donc aidé par cette nature « non verbale ». Pour lui, pas besoin de trop s’adapter. Mais pour vous, humain de nature « verbale », ce sera sûrement plus compliqué. C’est donc surtout vous qui allez devoir travailler.

On utilisera autant que possible le « shapping » ou façonnage (renforcement de tous les petits comportements qui vont dans le sens de ce qu’on attend du chien) qui permet de fixer des comportements sans utiliser d’ordres.

Un ordre capital à apprendre à son chien sourd : le « look » ou « fixe ». C’est à dire faire que le chien vous regarde VOUS au moment où vous lui demandez. C’est la base de votre dressage car si votre chien ne vous regarde pas, vous pourrez toujours avoir une bonne maîtrise des ordres gestuels… Votre chien ne les verra pas.

On pourra trouver un grand intérêt à utiliser des objets de motivation tels qu’une balle, un tug ou un boudin de mordant.

Une attention toute particulière doit être portée à l’inhibition de la morsure. Les chiots apprennent très vite à contrôler leur force de mâchoire en fonction de la sensibilité de leur copain de jeu du moment. Chaque chien a sa tolérance à la morsure et certains vont couiner au moindre pincement alors que d’autres trolleront une pincé plus appuyée avant de crier. Sauf que là… Votre chien n’entend pas les plaintes des autres chiens. Il peut donc avoir tendance à serrer plus fort, à monter en excitation plus facilement. Lors de ses interactions avec les humains, on pourra fixer un signal d’arrêt qui remplacera le cri. A vous de trouver le votre sans tomber dans un geste menaçant ou coercitif. (on pourra toucher le museau mais on évitera par exemple de le serrer). Sinon, l’ignorance marche aussi bien avec un chien souffrant de surdité donc, s’il s’énerve et pince : stoppez l’interaction !

 

Le chien souffrant de cécité

La cécité chez le chien survient le plus souvent au cours de sa vie. Soit avec l’âge, dans ce cas la perte de la vue est progressive (cataracte le plus souvent), le chien a le temps de s’y accoutumer et son organisme vieillissant en même temps que ses yeux, ils sont en général moins actifs et moins téméraires lorsque cela survient. Ce sont aussi des chiens qui, de fait, ont déjà une éducation acquise.

Mais un chien peut aussi perdre la vue dans la force de l’âge et de façon plus ou moins brutal. Une maladie dégénérative peut en être la cause, mais aussi un diabète un glaucome aigu, luxation du cristallin, atteinte rétinienne, uvéite, ulcère…

Il est, comme pour le chien sourd, primordial de limiter l’anxiété générale du chien et de rendre son environnement le plus rassurant possible. Si la perte du sens a été brutale, la réaction du chien peut aussi l’être, il peut être totalement perdu, angoissé.

cataracteQuelles sont les particularités du chien souffrant de cécité : Son ouïe va s’affiner et il peut être plus réactif au moindre bruit, même ceux qui peuplaient autrefois son quotidien. Même si son flair le préviens de l’approche d’un chien ou d’un humain, il peut avoir une mauvaise réaction de surprise. Il faut donc toujours s’annoncer avant de le toucher. Ce sont des animaux qui peuvent perdre confiance en eux, ils se retrouvent à évoluer dans un environnement dont ils ne voient plus ni les dangers, ni les limites, ni les changements. Cela peut les bloquer au point qu’ils n’oseront plus se déplacer. On peut donc aussi avoir des chiens qui vont de désocialiser, se replier sur eux même et perdre tout envie de découverte, de jeu, de communication. Ils peuvent sombrer dans une dépression. Enfin, on peut voir des cas de malpropretés (soit par anxiété soit parce que le chien ne veut plus se déplacer pour sortir faire ses besoins).

Comment travailler avec un chien aveugle ? On devra déjà travailler sur son attention, comme pour le chien sourd, il faut savoir la capter. Ici, on pourra se servir d’un son particulier (claquement de langue, bruit de bouche, claquement de doigt ou autre), ce sera plus simple qu’avec un chien sourd car le signal sonore peut être entendu et reconnu de loin et ce, même si le chien est occuper à renifler ou jouer.

On veillera à développer ou maintenir sa socialisation en le laissant côtoyer des congénères connus ou dont on sait qu’ils seront sympathiques. On en fera de même avec la familiarisation. Il faut que son chien continue de côtoyer du monde et d’entendre des bruits divers, d’aller dans des endroits neufs etc.

Attention sur ce point car un chien aveugle ne peut plus voir les signaux envoyés par les autres chiens, il ne peut repérer les mimiques et les postures. Cela peut donc tourner au conflit. C’est d’autant plus le cas d’un chien aveugle de naissance qui n’aura jamais eu l’occasion d’acquérir les codes de communication canine.

Il faudra bien sûr adapter environnement : ne pas changer de place les meubles et objet sans cesse, lui faire découvrir chaque nouvel objet, ranger ses affaires afin de ne pas laisser d’obstacles imprévus au milieu du chemin. On peut aussi utiliser une rampe pour faciliter la monté en voiture par exemple.

Il faut laisser le chien faire des erreurs, même si cela n’est pas plaisant à voir, s’il se cogne ou bute sur un mur, il retiendra les emplacements de ces obstacles. Si on lui évite tout obstacle, il ne saura jamais définir son périmètre. Là encore, on sent la différence entre un chien aveugle de naissance un chien devenu aveugle brutalement.

Les sorties hors du jardin se feront en longe, toujours, sauf éventuellement au milieu d’un champs. N’oublions pas qu’un bruits ou une odeur peut le faire partir d’un coup et qu’en étant aveugle, non seulement il représente un danger pour lui même (traverser une route, se perdre…) mais aussi pour les autres. La tenue en laisse ou en longe peut aussi grandement le rassurer.

Pour éviter le repli sur lui-même, on n’arrêtera pas de lui proposer des activités. Il faudra juste les adapter ! Pour le rapport d’objet, on peut utiliser des boudins d’apprentissage (qui se remplissent de nourriture) ou des objets à bruits. Les tapis de flair ou de recherche lui permettront aussi de faire fonctionner son flair et de s’occuper avec plaisir. Avec un chien à qui on aura pris la peine de lui apprendre des mots « guides » (droite, gauche, stop, mur, arbres…) on pourra lui offrir des sorties dans de nouveaux lieux qui éveilleront son flair et sa curiosité.

Le chien souffrant de handicap physique

Là encore, l’anticipation est de rigueur. Si votre chien risque peu à peu de perdre l’usage d’un ou plusieurs de ses membres, vous devez vous y préparer et l’y préparer. Les chiens s’adaptent incroyablement bien à devenir un « trois pattes » ou à utiliser un chariot. Très vite, ils vivent avec (ou sans) comme si de rien n’était.

Le plus grand travail sera de commencer l’apprentissage du chariot avant en le désensibilisant (pas forcément en l’utilisant car il risque de paniquer dedans et donc, de se sensibiliser!) mais aussi de l’habituer peu à peu aux manipulations.

Une amputation demande une surveillance et des soins régulier au début.

Un chien paralysé aura besoin de massage, de bain plus ou moins réguliers, de porter une couche, parfois d’être sondé…) autant le désensibiliser à ces manipulations dès que possible.

Il faut tenir compte de l’âge où survient le handicap, un animal âgé s’adaptant moins bien qu’un jeune.

Pour ce qui est de son environnement, il faudra l’adapter tant que faire se peu : rampes sur les marches pour que le chariot passe, barrières en haut des escaliers pour éviter les chutes, harnais spécial pour porter l’arrière train, chariot « tout terrain » pour pouvoir sortir en foret ou en campagne (à noter aussi qu’une poussette peut être un plus pour le sortir sans trop le fatiguer), couchage accessible facilement et très confortable pour éviter les escarres, gamelles surélevées à la bonne hauteur (que le chien soit en chariot ou sur trois pattes!)

Il faudra faire attention à ne pas renforcer involontairement les comportements de dépendances. On renforcera plutôt tous les comportements allant vers l’autonomie avec fortes stimulations. Surtout si le chiens est amené à retrouver par la suite un usage de ses membres (cas des chiens paralysés après une chirurgie de hernies discales)

On voit parfois des chiens nourris à la main qui, du coup ne reprennent pas une alimentation spontanée afin de garder ces moments de « nursing » qui vont avec le temps devenir très contraignants pour le propriétaire. On peut aussi voir des chiens qui , là encore pour profiter du nursing et de l’attention portée sur eux, vont continuer à faire dans une couche ou à ramper alors que, placé dans un autre contexte avec d’autres personnes, ils sont parfaitement capable de faire leurs besoins dans un lieu adapté ou de marcher correctement. Sans être de la « comédie », c’est surtout un comportement appris par le renforcement involontaire de ses propriétaires.

chariot

Le chien souffrant de handicap mental

Avant de parler des chiens souffrant de déficit mental, il faut préciser un point. Il est plutôt question de troubles comportementaux (liés à des problèmes relationnels, environnementaux ou éducatifs) ou de troubles de socialisation (par exemple un chien souffrant de syndrome de privation sensorielle aura l’air limité mentalement… Et il le sera en effet mais plus par manque de stimulations durant ses premières semaines que par un déficit mental de naissance.)

Toutefois on peut se trouver face à des chiens souffrant de syndrome autistique, de TED (trouble envahissant du développement), HS-HA (hyper sensible-hyper actif) qui nécessiteront un apprentissage particulier. Ils ne seront pas moins intelligent mais apprendront différemment !

On peut aussi parler des chiens âgés qui vont tomber dans une sénilité plus ou moins marquée et donc perdre de leurs capacités cognitives. Ils désapprendront les comportements acquis et en apprendront moins facilement de nouveaux, voir plus tout. Dans ce cas, il s’agira surtout de s’adapter soi même et d’adapter l’environnement.

On peut aussi avoir un chien qui suite à un traumatisme ou une maladie perdre aussi de ses capacités cognitives et aura des troubles neurologiques (suite à un AVC, un traumatisme cranien, épilepsie, maladie de Carré…)

On peut se poser la question de savoir s’il existe des chiens trisomiques comme dans l’espèce humaine. La trisomie se caractérisant par une anomalie des chromosomes (3 au lieu de 2) et le mécanisme de meiose et de transmission des chromosomes étant les mêmes chez les mammifères, il peut autant y avoir de cas de trisomie chez le chien que chez l’humain. Toutefois, le nombre de chromosomes n’étant pas le même (46 chez l’humain contre 78 chez le chien), une trisomie 21 par exemple, ne se caractérisera pas se la même façon.

Pour conclure sur ce sujet (pour le moment!) je soulignerai l’importance de l’anticipation. Anticiper l’apparition du handicap lorsqu’il est prévisible, anticiper les risques pour votre animal dans son foyer ou lors des sorties.

Utilisez des outils non coercitifs et qui vous rendront la vie plus facile mais aussi celle de votre animal plus sécure : harnais anti-traction, longe pour les balades, harnais ou dossard pour demander de l’espace (cf notre article à ce sujet  http://www.unite-comportement.fr/2016/09/07/faut-il-mettre-les-warning/)

La cage sera utile aussi dans la voiture (ou au minimum un harnais!). Pensez bien que plus que pour tout autre chien, il est important que votre compagnon handicapé voyage en toute sécurité. Si un accident venait à survenir et que la voiture était ouverte (par le choc ou par les services de secours), il serait bien sûr compliqué de remettre la main sur votre chien s’il est sourd ou aveugle !

Enfin, pensez à faire appel à un professionnel qui vous aidera et vous guidera pour établir ou maintenir un lien de confiance entre vous et votre chien, mais aussi pour vous former au clicker, pour vous aider à l’apprentissage de nouveaux comportements etc…

Pour ma part je vous conseille aussi de vous tourner vers les Fleurs de Bach qui pourront aider votre chien à mieux vivre son handicap. Bien sûr, elles peuvent aussi vous aider !

Contactez-moi si vous avez besoin de précisions ou de conseils individualisés !

Voir la suite