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Faut-il mettre les Warning ?

Quelle est donc cette histoire de warning ? Qu’est ce que cela vient faire sur un site d’éducation canine et de comportement ?

J’ai regroupé sous ce terme les codes utilisés dans le monde cynophile pour indiquer que son chien a besoin d’espace et ne doit pas être aborder frontalement.

Certains parlent que méthodes inutiles , d’autres pensent même qu’utiliser ces codes serait néfaste. Alors il m’a semblé que cet article serait intéressant. J’attends vos commentaires et vos expériences !

L’histoire d’un concept

A l’origine, il y a « The Yellow project » (http://www.theyellowdogproject.com) qui est une grande campagne d’information sur ces chiens qui ont besoin d’espace. Il est alors recommandé de fixer un ruban jaune au collier ou à la laisse du chien. Cela signifie qu’il ne doit pas être approché sans accord du propriétaire.

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L’utilisation de rubans et de codes couleurs n’est pas une nouveauté ! Dans le milieu hippique, cela se pratique depuis bien longtemps, et ce dans la plupart des pays.

La grande majorité des cavaliers connaissent le fameux ruban rouge qui signifie qu’il vaut mieux éviter de passer derrière ce cheval ou de marcher trop près derrière lui en promenades car il est susceptible de botter. D’autres couleurs sont utilisées mais sont bien moins connues

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Les dossards venus de l’Amérique du Nord ont aussi été adopté par des éducateurs-comportementalistes reconnus, tels que le centre Vox animae (http://www.vox-animae.com ). Le centre Québecois BELI (http://www.beli.ca/dossard-dentrainement-beli.php) en est aussi un grand ambassadeur.

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De nombreux éducateurs et comportementalistes français le recommandent aussi, tel Ludivine Felzinger (http://en1tour2patte.jimdo.com ) « Je suis à 100% pour. Je trouve que l’utilisation n’est pas encore bien connu et c’est dommage. Beaucoup d’accidents arrivent par exemple lorsque des gens veulent caresser un chien sans se poser la question de savoir si celui-ci est à l’aise avec les contacts ou non . Ces accidents pourraient être évités avec un signal préventif ».

Il existe aussi d’autres alternatives pour prévenir les gens du besoin d’espace de votre chien. Les adeptes des harnais Julius-K9 peuvent par exemple faire faire sur leur site un velcro personnalisé (sachant qu’il existe déjà des versions officielles « en formation », « no food »). J’ai pour ma part fait faire un velcro « en rééducation ».

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On peut aussi penser au collier lumineux. Les codes lumineux vert/rouge fonctionne instinctivement avec les humains qui ont l’habitude de ces significations. Faire porter un collier lumineux rouge peut servir d’alerte. J’ai déjà utilisé ce type de collier et cela est assez efficace mais je l’associe toujours au harnais ou au dossard.

A qui cela s’adresse ?

Si beaucoup pensent que ces types de Warning sont réservés aux chiens agressifs, ils sont en fait utilisés dans bien des situations.

Il y a donc les chiens qui en auront besoin longtemps, tout au long de leur ré-éducation. Ce sont les chiens réactifs aux humains ou à leurs congénères qui ont besoin d’une certaine distance pour ne pas se déclencher et se transformer en furie.

Il y a aussi les chiens ayant manqués de familiarisation et qui sont plus sensibles, qui sont inquiets face à certains éléments du monde et qui ont besoin que l’ont respecte leur zone de confort, même s’ils ne réagissent pas forcément de façon agressive.

Au cours de sa vie, le chien peut aussi avoir des moments où il a besoin d’espace, de calme ou tout simplement d’être abordé plus sereinement.

Les chiots par exemple ne sont pas tous capable émotionnellement de voir arriver franchement sur eux des gens, certes armés de bonnes intentions, mais trop démonstratifs, trop bruyants etc.bb

A l’inverse, avec un chien âgé, on peut aussi trouver un intérêt à mettre des Warning. Avec l’âge, les chiens souffrent souvent d’arthrose et un contact trop brutal ou sur certaines zones peut leur faire mal et provoquer une réponse tout aussi brutale. Ils ont aussi la vue qui baisse, ou une moins bonne ouïe, du fait, ils peuvent réagir violemment à une approche qu’ils n’auraient pas bien pu percevoir. Mettre un dossard ou un ruban jaune à un chien âgé ou blessé évite ce genre de déconvenue.

Lorsque son chien est malade, on peut aussi mettre les Warning. Déjà car un chien affaibli a moins envie de contact et a besoin de tranquillité. Ensuite car, il est peut être contagieux ? Dans ce cas, la demande d’espace peut aussi protéger les autres chiens en évitant qu’ils ne s’approchent trop près de votre petit malade.

Enfin, les Warning peuvent aussi être intéressants lors des chaleurs des chiennes. Notamment parce que celles-ci sont plus irritables et souvent moins tolérantes durant cette période. Ensuite car il est de bon ton d’éviter toute situation pouvant mener à une saillie non désirée !

Comment s’en servir et quand ?

Le ruban ou le dossard doit être utilisé dans tous les lieux publics, de la rue au club canin. Ils peuvent, comme nous l’avons vu plus haut, être utilisés chaque jour ou de façon ponctuelle, à certains moments de la vie du chien.

Certains s’en servent uniquement dans les lieux un peu exigus où le chien risque d’être soumis à des approches trop franches. C’est le cas de Rachel et de son chien Jenko « Mon chien est plutôt sympa dans la rue mais dans les espaces clos, il réagit parfois de façon inquiétante pour moi et pour les autres. Lorsque je vais chez le vétérinaire, je lui met son dossard. Les autres personnes me posent alors des questions sur le pourquoi du comment. Cela nous permet d’entamer une conversation et d’expliquer la situation. Ils comprennent alors qu’il n’est pas bon de laisser leur chien venir trop près du mien. J’ai préféré le dossard au ruban car c’est plus clair pour les gens qui ne connaissent pas le principe. »

Pour Mickaël qui participe régulièrement à des promenades de groupes avec sa chienne Aria, le ruban jaune est un indicateur de quand sa chienne peut jouer avec d’autres et de quand elle doit être laissée tranquille. « Arda fait des crises arthrosiques de temps en temps, en attendant que ses médicaments fassent effets, elle peut avoir des douleurs qui la rende grincheuse. Elle supporte mal l’approche des chiens les plus foufous et ne peut pas jouer avec eux comme les autres jours. Les gens du groupe de promenades connaissent le ruban jaune, je leur en ai parlé et lorsque je le fixe sur la laisse d’Arda, ils comprennent qu’ils ne doivent pas laisser leur chien venir en liberté sur elle »

Attention a ne pas isoler le chien par ce biais

Bien sûr, il ne s’agit pas d’isoler votre chien et de le cantonner, au sens propre, comme au figuré à son étiquette de chien ayant besoin d’espace. Il est bien sûr conseiller de travailler avec un professionnel pour améliorer la situation et le rendre plus à l’aise en société.

Un chien affichant des Warning sera par définition moins approché. Il ne pourra donc pas améliorer sa socialisation ou sa familiarisation aux humains. Il est donc capital de faire un bon travail d’habituation ou de rééducation en ce sens.

A côté de ça, le risque est nul dans le cas des chiens portant des Warning sur de faibles durées. Je pense ici aux chiennes en chaleurs ou aux animaux en convalescence.

Là où il faut faire vraiment attention, c’est aux chiots et jeunes chiens. Les isoler des interactions serait vraiment néfaste pour leur équilibre et leur socialisation. Durant leurs premières semaines, les chiots doivent côtoyer un maximum de gens et de chiens. On peut en revanche les protéger d’un trop grand nombre d’interactions ou de contacts trop directs, trop brusques. Par exemple, leur mettre un petit dossard pour aller au marché ou dans des lieux très fréquentés. On l’utilisera plus facilement avec des chiots sensibles qui pourraient être sensibilisés par des contacts exubérants.

Les mauvaises langues diront…

Comme pour toute idée et méthodes, il y a aussi des détracteurs. Quels sont leurs arguments ?

« Cela stigmatise le chien ! »

C’est un peu vrai. Mais en même temps, lorsque l’on a un chien réactif par exemple, on est déjà regardé de travers. On doit déjà faire face à des remarques, souvent désagréables. Pour l’avoir vécu, beaucoup de propriétaires de ce type de chien préfèrent qu’on les remarque avec un dossard en formation que tenant la laisse d’un chien « fou furieux-mal élevé ».

Ensuite, même si ce n’est pas marrant, lorsque l’on a un chien malade ou en ré éducation, on devrait bien se fiche de ce que penses ou dises les gens. L’important c’est notre chien et son bien-être!

« De toute façon personne ne connaît ce signal »

Ceci est un très bon argument pour s’opposer au ruban jaune. Je suis assez d’accord. Les personnes non cynophiles, peu portées sur Internet ou travaillant en méthodes traditionnelles ne connaissent pas la signification du ruban jaune. Ils ne le respecteront donc pas. Tout au plus il remarqueront cette petite fantaisie.

Cependant, il en va différemment avec le dossard ou les velcro de harnais. Toute personne, non cynophile peut comprendre. La situation est écrite presque noir sur blanc et le dossard rappelle ceux des chiens d’assistance que chacun connaît.

Ceux qui maîtrisent bien ce code couleur, connaissent normalement les chiens, les méthodes positive etc. Il y a donc de fortes chances qu’ils aient les bases de la communication canine (signaux d’apaisement etc.) et n’aient donc pas besoin d’être prévenu qu’un chien est mal à l’aise avec les autres chiens ou humains. Mais ils peuvent être alertés dans le cas des chiens malades, âgés ou des chiennes en chaleurs.

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« C’est idiot car on isole encore plus un chien qui a besoin de contacts pour avancer »

Oui, comme je le disais plus haut dans cette article, c’est un risque qui n’est pas négligeable pour les chiots et jeunes chiens. Pour les autres, le risque est moindre et, en tant qu’éducatrice, je ne pourrai conseiller l’usage de Warning sans un vrai travail de rééducation à côté.

« Ce n’est pas aux autres d’éduquer votre chien ! »

Oui et non. Non, ce n’est pas aux autres d’éduquer votre chien. C’est votre chien, votre responsabilité et de plus c’est à vous de choisir votre méthode. Sans compter que vous êtes le mieux placer pour connaître votre chien et ses réactions.

Mais oui, les autres peuvent, avec votre accord, vous aider dans l’éducation ou la rééducation de votre compagnon. Même de façon indirecte. Déjà en ignorant ou en ne renforçant pas un mauvais comportement de votre chien. Ensuite en ne le sensibilisant pas avec une approche ou une interaction trop vive etc.

Le fait de mettre un ruban ou un dossard ne vous fait pas pour autant demander de l’aide aux personnes que vous croisez. Il sert avant tout à les prévenir, à assurer leur sécurité, la vôtre et celle de votre chien. Il vous permet de contrôler les interactions. Ensuite si vous voulez faire participer des amis ou des passants de façon X ou Y…. Libre à vous.

Attention toutefois à souligner un point essentiel. Un chien qui ne porte aucun warning ne doit pas pour autant être abordé vivement, par surprise ou de toute façon, sans l’accord de son propriétaire. Un chien, reste un chien, ruban jaune ou pas !

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«Mon chien est dominant!!»…………Ou pas!

Lorsqu’un chien présente un comportement inadapté, son propriétaire a bien souvent tendance à le qualifier de « dominant ». Pourtant, on sait depuis une bonne quinzaine d’années que la hiérarchie inter-espèce n’existe pas et que les relations entre chiens ne sont pas basées sur une hiérarchie fixe et permanente. Un chien n’est donc pas dominant ou soumis par nature.

En général, ce jugement s’appuie sur des idées reçues ou, le plus souvent, sur une grande incompréhension. Voici un petit « top ten » des chiens dits dominants… qui n’en sont pas;)

1 Mon chien chevauche les autres

Le chevauchement n’est pas forcément sexuel. Il fallait déjà poser ce fait ! Un chien peut chevaucher des congénères de son sexe ou du sexe opposé. Il peut aussi le faire lorsqu’il est castré ou avant sa puberté. On voit alors là que ce n’est pas un comportement forcément sexuel.

Un chien peut chevaucher pour exprimer un stress ou une trop forte excitation (énervement), il peut aussi le faire car il a une tendance à vouloir gérer les autres. Le chevauchement permet ainsi de contrôler un congénère.

Bien sûr, un chien souffrant d’hyper sexualité aura aussi ce comportement.

La castration peut arranger les choses dans certains cas et notamment dans le dernier, mais attention, si le chevauchement n’est pas d’origine sexuelle, la castration ne changera alors rien !

2 Mon chien refuse que j’approche de sa gamelle

Pour le chien, il est naturel de protéger sa nourriture. Le partage n’est pas inné, il s’apprend. Il se peut que votre compagnon n’ai pas profité de cet apprentissage. A l’inverse, il est possible qu’il ai eu un apprentissage contre productif ! Par exemple, si lorsqu’il était chiot, vous lui avez pris, rendu, repris sa gamelle, dans l’espoir justement de lui apprendre à vous laissez y toucher.

Certains chiens sont plus enclins à protéger cette ressource que d’autres. Si votre chien a tendance à grogner lorsqu’un membre de la famille (humain ou non) s’approche de son écuelle, il vous faut impérativement travailler ce comportement pour éviter tout accident. En apprenant le partage à votre chien et en lui faisant comprendre que la présence d’un tiers n’est pas une menace pour sa gamelle, vous arriverez à faire stopper son attitude, qui, vous le comprenez bien ici, n’a rien de « dominante ».

3 Mon chien aboie et s’énerve sur tous les chiens qu’il croise

C’est le profil type du chien qualifié de « dominant ». Les éducateurs et les comportementalistes parlent plutôt de chien « réactif » ou « à tendance réactive ». Ce chien est en fait un animal qui exprime une peur ou une frustration. Aucune idée de dominance là dedans ! Le chien réactif doit être travaillé avec un professionnel en séances individuelles et personnalisées.

Soit pour le (re-)socialiser ou le désensibiliser à ses congénères afin qu’il ne se sente plus menacé à leur approche (peur qui est augmentée par le fait d’être en laisse et donc dans l’incapacité de se sauver).

Le travail peut aussi consister à travailler sur la frustration, la concentration et l’écoute du chien lorsque celui-ci exprime une frustration de ne pas pouvoir aller à la rencontre des congénères qu’ils croisent lors des balades.

4 Mon chien grogne quand je veux le faire descendre du canapé

C’est un cas de figure assez fréquent qui amène les propriétaires à penser que leur chien est dominant et qu’en effet, ils auraient du écouter les « vieux de la vielle » qui leur rabâchaient que les canapés et les lits étaient interdits aux chiens sous peine de finir un jour réduit en charpie par son fidèle toutou devenu maître du monde.

Mais très souvent, ces mêmes chiens soit disant dominants s’entendent bien avec leurs congénères, peuvent aussi partager leurs jouets ou leurs gamelles… Un chien ayant la volonté de diriger le monde ne tolérerait sûrement pas ça n’est-ce pas ?

Alors pourquoi Rex vous menace-t-il à belles dents lorsqu’il est installé sur votre sofa ?

Et bien, Rex est bien malin et il a probablement un jour émit un signe pour vous repousser car il était bien installé et n’avait pas envie de céder une si agréable place. Vous avez reculé par réflexe à ce signal et Rex a appris que pour avoir la paix sur son sofa, il lui suffisait d’être un poil menaçant. Peu à peu il a émit des signaux plus marqués, avec de plus en plus de succès.

Nous avons aussi des chiens qui ont tendance à gérer les ressources (alimentation, couchage, jeu, personnes etc.). Ces chiens là doivent être rééduqués (ou éduqués!). On doit leur apprendre à partager. Si votre chien est agressif dans ce genre de cas, n’hésitez pas à vous faire aider par un professionnel pour ce travail de rééducation.

5 Mon chien tire comme un forcené sur sa laisse lors des balades

Si certaines idées reçues laissent à penser qu’un chien qui tire en laisse cherche à nous dominer et qu’il ne faut jamais laisser son chien marcher devant soi, il faut savoir qu’il n’en est rien.
Un chien qui tire sur sa laisse est avant tout un chien qui n’a pas bien appris à marcher au pied. Tout simplement.

Cela peut aussi être un chien qui n’a pas assez d’occasion de se dépenser et qui a donc beaucoup de mal à canaliser son énergie lorsqu’il sort se promener.

Pour améliorer la situation, il faut revoir les activités quotidiennes du chien, le matériel utilisé (pourquoi pas un harnais anti-traction pour vous aider?), et l’apprentissage de la marche.

6 Mon chiot me mordille sans arrêt les mains

Les mordillements sont normaux chez le chiot. En revanche, il doit avoir appris à se contrôler et à ne pas faire mal avec ses frères et sœurs. Cela fait partie des auto-contrôles. Une fois chez vous, il doit poursuivre son apprentissage et se rendre compte que votre tolérance aux mordillements n’est pas la même qu’avec les congénères qu’il a pu côtoyer.

Alors certes, les mordillements n’ont pas grand chose d’anormaux mais ce n’est pas pour autant qu’il faut les tolérer. Lorsque le chiot mordille au cours d’un jeu, il faut cesser celui-ci quelques secondes. Si le chiot recommence, on cesse le jeu pour un bon moment. L’ignorance et la cession du contact suffit à lui faire comprendre que cela n’est pas permis et qu’il perdra l’attention voulue s’il persiste à pincer.*

 

7 Mon chien m’a mordu lorsque j’ai voulu l’attraper par la peau du coup pour le punir

Pour un chien, se faire secouer par la peau du cou n’a rien d’une punition naturelle. Dans le monde canin, ça ne se fait pas. La chienne ne puni pas ses chiot comme ça. Si parfois, elle les prend par la peau du cou, c’est pour les emmener d’un point A à un point B et, bien sûr, elle ne les secoue pas !

Le seul moment où un chien se saisi d’un animal au cou et le secoue c’est pour sa mise à mort. Vous comprendrez donc aisément que ce geste est extrêmement violent pour un chien et d’autant plus pour un jeune chiot.

En faisant ça, vous apprenez juste à votre chien à vous craindre. Un chien un peu timide deviendra anxieux et un chien de nature plus confiante finira par riposter. Question de survie. Pas de dominance.

8 Mon chien ne s’entend pas avec les autres

Si votre chien est en conflit systématique avec tous les congénères qu’il rencontre, on ne peut pas dire pour autant qu’il est dominant. Plusieurs causes peuvent en être à l’origine : il peut avoir eu des lacunes lors de sa socialisation et ainsi, ne pas avoir les bons codes de communication. Les animaux ne sont comprennent pas et la rencontre mène à la bagarre.

Il peut être d’un tempérament timide ou être craintif. Un congénère trop brusque ou trop sûr de lui peut l’inquiéter et le rendre agressif dans une optique de défense. A l’inverse, si votre chien a trop de tempérament, est trop sûr de lui, est très confiant et trop direct dans ses prises de contact, il peut stresser ou agacer les autres et en arriver régulièrement à des conflits.

Si cela arrive trop souvent, il peut ensuite généraliser et adopter un comportement agressif dès le début car il ne connaît plus que ce mode de communication avec les autres chiens.

9 Mon chiot se la joue « caïd » à l’école des chiots

Lors des séances de lâchers en école des chiots, il y en a parfois qui courent partout, jouent avec tous les autres de bon cœur, font des rouler-bouler, grimpent les autres etc. Ils sont donc immédiatement catalogués « dominants ». Ce sont surtout des chiens sûrs d’eux, confiants et démonstratifs. Chez les chiens comme chez les humains, il y a des personnalités, des charismes et des tempéraments différents. Et puis n’oublions pas qu’à cet âge, les chiots doivent apprendre à communiquer. Ils doit mimer tous les comportements pour les assimiler. Ils s’entraînent à être « grands » !

On voit ainsi d’une séance à l’autre que Moka qui était le petit chef la semaine dernière fait moins le malin la suivante face à Mistral et ainsi de suite.

 

10 Mon chien refuse d’être toiletté ou soigné

Si certains chiens sont difficiles à soigner ou à toiletter ce n’est pas parce qu’ils sont dominants. La plupart du temps, personne ne leur a appris à se laisser manipuler. Une habituation progressive des contacts auraient faciliter les choses ! Mais heureusement, il n’est jamais trop tard;)

Bien sûr, il y a des chiens peu patients qui ont du mal à rester en place trop longtemps et qui vont alors montrer des signes d’agacement si la séance est trop longue. Il y a aussi des chiens qui tolèrent mal la contrainte de façon générale. Ces chiens demandent un travail spécial pour améliorer la situation et une certaine compréhension de leur façon d’être. Le clicker peut être une aide très appréciable pour ce genre de rééducation.

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Soumis ce chiot? Non juste impressionné par un grand congénère inconnu. La position est un signal d’apaisement, pas une soumission.

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Gérer un chien réactif

On entend de plus en plus parler de « chien réactif », terme assez peu employé il y a quelques années encore. Ces chiens, qui se transforment en furies lorsqu’ils croisent des humains ou des congénères, étaient autrefois classifiés « dominants », « agressifs » ou « asociaux ». Le terme « réactif » est plus approprié car il fait référence à un comportement (réaction face à un stimulus) et non à une « personnalité ». Autant éviter d’enfermer un chien dans une case, surtout si l’on souhaite que son comportement change 😉

© Rita Kochmarjova

Comment le chien réactif s’exprime ? Par des aboiements, des grognements, des intimidations, une pilo-erection, des sauts, des gémissements mais aussi par des positions d’invitation au jeu ou, plus subtilement, par des signaux d’apaisement. Celui qui marque les esprits est bien sûr celui qui fait le plus de bruit et qui se déchaîne au bout de sa laisse.

Pourquoi un chien est-il (ou plutôt devient-il) réactif ? Cela peut être par manque de socialisation ou de familiarisation ou suite à un traumatisme (maltraitance, bagarre avec un autre chien). Dans ce cas, le chien exprime une peur. Coincé au bout de sa laisse, sans possibilité de fuite, avec peu de recul possible, il voit s’approcher quelque chose qui l’effraye, il panique et tente de faire fuir « l’agresseur ».

Cela peut aussi être l’expression d’une frustration. Le chien n’est alors pas affolé, ni menaçant, il est en fait très énervé de ne pas pouvoir aller voir la personne ou l’animal qui l’intéresse.

On parle ici de chien « en laisse » car rares sont les chiens réactifs en liberté. Ce comportement est exacerbé par ce bout de cuir ou de nylon qui retient le chien et lui retire toute possibilité de fuite devant un « danger ». En liberté, les chiens sont plus apaisés car ils peuvent se reculer, garder leur distance de sécurité et communiquer plus librement.

Le quotidien d’un propriétaire de chien réactif

La vie n’est pas facile pour le propriétaire de chien réactif.

Tout d’abord car il ne comprend généralement plus son animal. C’est d’autant plus le cas lorsque le chien devient réactif et qu’il ne l’est pas depuis son arrivée dans le foyer. Le propriétaire ne reconnaît plus son chien, ne comprend pas pourquoi il se transforme en M. Hyde dès qu’il met le museau dehors. Est-il méchant ? Dominant ? Fou ? Il est difficile pour quelqu’un de ne pas comprendre son propre animal. C’est pour certains une souffrance et pour d’autre un aveu d’échec qui a du mal à passer.

Ensuite parce que le propriétaire doit affronter le regard des autres. Avouons-le, ce n’est pas facile à vivre. Il y a les passants qui vous jettent des regards noirs, parfois agrémentés de remarques désobligeantes sur votre chien (« il est dingue ce chien ! »), sur vous (« si vous n’êtes pas capable de tenir un chien, n’en prenez pas ! ») et sur l’éducation que vous lui avez donnée. Les propriétaires de chiens réactifs n’échapperont pas aux conseils divers et variés de gens issus ou non du milieu canin : lui donner une bonne trempe, utiliser un collier étrangleur ou électrique, le soumettre, ne pas le sortir etc.). Personne ne cherchera à savoir si votre chien aboie après le leur parce qu’il a été agressé et mordu par un chien errant deux mois plus tôt. Personne non plus ne s’imaginera que, peut être, vous travaillez à sa rééducation depuis des semaines et que votre chien est bien moins réactif qu’il ne l’était au début.

© Grigory Bruev

Difficile lorsqu’on ne sait pas quoi faire d’être abreuvé de conseils contradictoires mais difficile aussi lorsque l’on sait quelle démarche suivre d’entendre à droite et à gauche qu’il faudrait faire autrement.

Durant les séances de rééducation, il faut avoir des yeux partout, surveiller les chiens ou les humains qui pourraient s’approcher trop près. Travailler dans des zones où cette surveillance est possible et où le chien aura une possibilité de recul. Les sorties avec son chien sont épuisantes.

La sécurité avant tout

Pour gérer le quotidien, et notamment les sorties il faut d’abord penser à bien s’équiper. Pour des raisons éducatives mais aussi sécuritaires.

Pour le chien :

  • Utilisez un harnais, couplé à un collier pour les chiens très réactifs et/ou de gros gabarits. Tenus en double attache, cela permet de sécuriser la tenue de la laisse et de ne pas blesser le chien. Il va se soi que les outils coercitifs sont à exclure (collier électrique, collier à piques, chaînettes, étrangleur etc.) car ils risquent plutôt de faire empirer les choses. Si votre chien a peur de ses congénères et qu’à chaque fois qu’il en voit un et exprime sa peur il se reçoit une décharge électrique ou un coup de sonnette (P+), il associera cette douleur à son congénère et se montrera encore plus réactif la fois suivante. L’autre risque est l’agression redirigée et donc la morsure à votre encontre.

  • Évitez le licol halty qui canalise très bien le chien mais peut créer des douleurs cervicales s’il a trop de mouvements brusques. Le licol sera envisageable uniquement pour des séances accompagnées d’un professionnel, avec un système de double attache (licol + collier ou harnais) et en travaillant avec des distances importantes entre le chien et le stimulus.

  • Un dossard ou un signe distinctif indiquant que votre chien a besoin d’espace ou est en rééducation peut aussi vous faciliter la vie !

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Pour le maître :

  • De bonnes chaussures qui permettent une bonne tenue au sol, sans glisser, sans risque de tomber ou de marcher sur les pattes du chien.

  • Des gants si votre chien est vraiment costaud afin que vous puissiez bien tenir la laisse et pour vous éviter des brûlures

  • Un bon stock de récompenses : friandises et/ou jouets

  • Un clicker si l’on souhaite rééduquer son chien grâce au clicker training

La sécurité est essentielle. La vôtre, celle de votre chien et celle des personnes ou des chiens que vous rencontrerez. L’intérêt d’un matériel solide (attention aux mousquetons fragiles et colliers à clips trop légers!) et d’une muselière ne doit pas être sous estimé.

 

Le travail avec un professionnel

Pour rééduquer un chien réactif, il est capital de vous faire aider d’un professionnel ayant des compétences en éducation mais aussi une bonne connaissance du comportement canin. Il faut aussi une grande capacité d’observation pour définir l’état émotionnel du chien, définir les distances à respecter, mettre en place des apprentissages ciblés,

Les amis aussi bons soient-ils ne pourront vous conseiller qu’en se basant sur leur expérience personnelle et auront forcément une vision un peu biaisée et subjective.

Quant aux moniteurs des clubs canins SCC, ils n’ont aucune formation sur le comportement canin et n’ont pas les compétences pour gérer des rééducations. Il n’en ont, la plupart du temps, pas non plus les moyens en terme d’espace ou de temps.

Un chien réactif à ses congénères doit être travaillé seul, en cours individuels et avec des séances adaptées à son état émotionnel. Il doit ensuite pouvoir être rééduqué en présence de chiens et ce, de façon progressive. Les chiens « assistants » doivent être équilibrés, non réactifs et bien éduqués. Seul un professionnel pourra ensuite vous aiguiller sur l’évolution des séances et décider du moment opportun pour rencontrer des congénères « du quotidien ».

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Si votre compagnon est réactif aux humains, il est dangereux de vouloir le rééduquer seul ou pire avec une personne qui ne maîtrise pas ce type de protocole. Pensez aussi qu’un éducateur professionnel est assuré pour son activité, ce qui est rassurant lorsque l’on travaille avec un chien agressif.

Bien sûr, je ne saurai que trop peu vous conseiller d’avoir recours à un professionnel travaillant avec des méthodes positives.

Comment l’aider encore plus?

Si le chien est réactif car il souffre d’un grave trouble de dissocialisation ou suite à un fort traumatisme (agression par exemple), le travail pourra être facilité en réduisant l’état de stress de l’animal. Pour cela, un vétérinaire pourra mettre en place un traitement. Grâce à cette béquille médicamenteuse, le chien sera plus concentré et plus calme dans une situation extrêmement angoissante pour lui.

Pour les chiens n’ayant pas subi de traumatisme important ou ne souffrant pas du syndrome
de privation sensorielle, les psychotropes sont rarement indispensables. En revanche, l’utilisation de Fleurs de Bach (dont les Fleurs seront choisies avec soin pour correspondre au mieux aux besoins), d’homéopathie (un vétérinaire homéopathe vous aidera à trouver le bon traitement) ou d’huiles essentielles (par exemple du Calmi-P ou du Cogi-P du laboratoire PRIL par exemple) peuvent être d’une grande aide pour apaiser le chien.

Il existe aussi des « tee-shirt » spéciaux, appelés Thundershirt, qui sont à mettre au chien pour les séances de rééducation. Le tissu exerce une légère pression constante sur le corps du chien qui permet une libération d’hormones (notamment de l’endorphine) apaisantes.

Si votre chien est réactif ou vous semble en train de le devenir, n’hésitez pas à prendre contact avec moi.

Si vous croisez des chiens réactifs, tachez d’être compréhensif avec le propriétaire et conseillez-lui un bon comportementaliste s’il n’est pas déjà aidé par un professionnel !

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Crédits photos:
Berger allemand réactif en laisse:  Rita Kochmarjova
Pinscher tendu: Grigory Bruev
Dossard d’avertissement sur Easy la Dobermann: Katia Maréchal/ Unité Comportement
Travail à distance de Easy la Dobermann: Katia Maréchal/ Unité Comportement
Travail en croisement de Ishka le Cavalier King Charles: Katia Maréchal/ Unité Comportement

 

 

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Peur du cheval lors des soins: comment gérer et prévenir cette émotion

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Toute personne partageant de près ou de loin la vie d’un cheval sait que cet animal peut avoir de vives réactions lorsque la peur le prend. En tant qu’animal proie, le cheval a tendance à avoir peur de beaucoup de choses. C’est une espèce hyper émotive et hyper réactive, malgré son statut d’animal domestique depuis plus de 3500 ans avant notre ère. Les soins (maréchalerie, vétérinaire, grooming…) peuvent être sources d’anxiété avec un cheval non habitué ou qui a vécu de mauvaises expériences.

Néanmoins, les réactions d’un animal de 600 kg peuvent le mettre en danger lui-même ou les gens qui l’entourent. Mieux vaut donc tout faire pour prévenir ces comportements défensifs.

Avant tout, il faut savoir lire les signes émotionnels de peur: sudation, miction d’urines ou de crottins, mydriase (dilatation des pupilles), tremblements, augmentation de la fréquence cardiaque, salivation, dilatation des naseaux, mouvements de queue, ….

La posture aussi est typique : le cheval est un animal qui choisit la fuite lorsqu’il se sent en danger et que cette possibilité lui est offerte. Il se met donc en condition : se rassemble, tend ses muscles, regarde partout autour de lui. Il est prêt à bondir en avant. S’il n’a aucune possibilité de fuite, cette énergie sera utilisée autrement pour se défendre, la posture deviendra donc agressive : encolure prête à se tendre pour mordre, descente de la tête, naseaux plissés, oreilles en arrière, postérieurs en force pour botter, antérieurs agités pour taper, corps ramassé et réactif pour une éventuelle cabrade.

Il faut aussi distinguer la peur qui est une émotion, une réaction tout à fait normale, transitoire, face à un danger objectif de la phobie qui est un état pathologique où le cheval perd sa capacité d’adaptation.

Les types de phobies

On parle de phobie ontogénique ou de phobie post-traumatique.

Dans le premier cas, le cheval déclenche une phobie suite à une mauvaise familiarisation, un manque cruel de stimulations, un sevrage brutal et/ou précoce ou un trouble du développement par exemple…

Dans le second, c’est suite à un événement précis que le cheval a développé sa phobie. Une seule mauvaise expérience suffit à rendre phobique un cheval, et ce, quelque soit son âge. Cela peut être une douleur lors d’un soin vétérinaire, une coupe de peau lors d’une tonte, des actes de brutalité par le soigneur lors d’un pansage ou par le maréchal ferrant etc…

Les phobies post-traumatiques sont plus difficiles à traiter car il faut « effacer » la mauvaise expérience en plus de rendre le stimulus acceptable pour le cheval. Le travail est donc double.

Les différents stades de phobies

  • Stade 1 : la phobie simple ou réactionnelle. Le stimulus déclenchant provoque une réponse comportementale de fuite (évitement) avec signes émotionnels.

  • Stade 2 : la phobie complexe. Il s’agit alors d’un mécanisme d’anticipation émotionnelle. Le cheval réagit dès les stimuli précurseurs (à l’arrivée de la voiture du véto ou au bruit des outils du maréchal posés sur le sol, nattage de la crinière ou de la queue avant de commencer la tonte…)

  • Stade 3 : le stade pré-anxieux. On rencontre assez peu de stade 3 chez le cheval. On parle de stade pré-anxieux lorsque les signes émotionnels persistent en dehors de l’exposition au stimulus phobique.

Comment gérer la peur ?

On peut déjà agir sur l’environnement général du cheval. Un stimulus inquiétant le sera encore plus dans un environnement agité ou bruyant. On s’attachera donc à installer le cheval dans un lieu adapté, calme avec si possible, la présence de ses congénères. Le cheval est un animal grégaire, la présence d’autres chevaux permet donc de l’apaiser. Il va de soi qu’avec un poulain ou très jeune cheval, la présence de sa mère ou d’un cheval adulte stable sera plus que nécessaire pour le rassurer.

Il faut faire attention aux personnes présentes, elles doivent agir calmement. Pas de cris ou de personnes qui courent, parlent fort ou s’esclaffent. Lorsque vous savez qu’un stimulus angoissant va être mis en présence de votre cheval, demandez aux personnes présentes de respecter ces consignes ou isolez vous avec votre compagnon.

Un cheval habitué à avoir un fond sonore dans son écurie, telle que de la musique ou de la radio sera rassuré par cette activité sonore. Attention néanmoins à choisir un fond sonore sans surprise, lui aussi plutôt calme.

Prévoyez enfin un bon stock de récompenses pour votre cheval : carottes, pommes, sucres mais aussi herbe fraîchement coupée, foin, granulés, mash etc..

Toutes ces recommandations ne restent valables que dans le cas d’un soin ou d’un examen vétérinaire non invasif ou très peu.

Dans le cas où est prévu un examen invasif par le vétérinaire ou le dentiste, une aide médicale est nécessaire. La contention chimique aura alors pour objectif de limiter (voire de stopper) au maximum la douleur et d’éviter la mémorisation par le cheval. Celui-ci ne pourra ainsi pas développer une phobie suite à cet examen difficile, son cerveau étant « empêché » de le mémoriser.

La contention physique, très répandue dans les écuries (plis de peau, utilisation de tord-nez, maintien de l’oreille etc.) ne devrait rester qu’une solution d’urgence. Elle doit être utilisée de façon ponctuelle et uniquement si elle s’avère indispensable à la bonne gestion du cheval lors du soin, pour la sécurité de tous. Elle ne permet évidemment pas de gérer l’émotion en elle-même, juste ses signes. Il faudra donc ensuite travailler sur cette peur pour éviter d’avoir à s’en resservir la prochaine fois.

Radiographie et échographie d'un cheval et fouille d'une jument avec prise de sang et fibroscopie nasale brossage des dents électrique et ophtalmo-graphie problèmes respiratoire.

Les méthodes de thérapies comportementales

Avant d’aborder les méthodes utilisables, nous allons parler de celle qu’il faudra à tout prix éviter : l’immersion.

Il s’agit de plonger le cheval dans la situation phobique au delà de son seuil de tolérance, sans lui laisser d’opportunité de fuite. C’est une technique très brutale, dangereuse physiquement (dans la panique le cheval peut se blesser ou blesser quelqu’un) et bien sûr mentalement !

Alors comment agir ?

  • Par habituation progressive. Cette méthode permet d’offrir au cheval une possibilité de s’adapter à toutes les situations. L’habituation doit être graduelle et répétée de nombreuses fois pour être efficace. On utilise cette méthode pour anticiper un événement qui risque d’être stressant pour le cheval. Cela agit donc en prévention. C’est la méthode de choix pour les poulains et jeunes chevaux.

  • Par apprentissage vicariant. On permet au cheval d’apprendre en regardant les réactions de ses congénères. L’apprentissage vicariant, ou par imitation tient une grande place dans la vie des animaux grégaires comme l’est le cheval. On présentera alors les nouveaux stimuli à un cheval en présence d’un autre équidé, lui-même déjà habitué à ce stimulus et qui ne présente bien sûr par de mauvaises réactions.

  • Par désensibilisation. C’est la technique de choix lorsque le cheval se montre déjà réactif face à un stimulus. C’est la méthode à privilégier lorsque l’on connaît le stimulus aversif. Une désensibilisation demande beaucoup de temps et de patience. Il ne faut pas griller les étapes au risque de perdre tous les résultats déjà obtenus. L’objectif est que le cheval apprenne à ne plus réagir au stimulus, que celui-ci n’a rien de dangereux, et même, qu’il peut être positif. On expose alors le cheval graduellement au stimulus sans jamais aller jusqu’à une réaction d’évitement de sa part.

  • Par contre conditionnement. Il s’agit ici de générer une émotion positive qui sera incompatible avec l’émotion négative que l’on souhaite évincer. Par exemple : présence du stimulus aversif : injection vaccinale qu’on associe à un stimulus appétitif : une pomme. On constate une diminution de la libération surrénalienne (hormones du stress).
    On peut aussi utiliser un stimulus appelé disruptif (stimulus sans relation fonctionnelle avec la séquence comportementale en cours). Ce stimulus aura pour but d’interrompre la séquence comportementale et de placer l’animal en attente (phase expectative). On redirige alors le cheval vers un comportement plus adapté. C’est assez difficile à mettre en place avec un animal « proie » et cela peut vite se transformer en punition positive et donc venir empirer la situation.

Le clicker est bien évidemment un outil qui peut énormément vous aider dans votre thérapie comportementale. Le cheval y est très réceptif et les bons comportements, même minimes peuvent ainsi être plus facilement fixés. Le conditionnement ou contre conditionnement au clicker est d’ailleurs à la base du « medical training » utilisé par les soigneurs avec des animaux sauvages afin de les faire participer activement à leurs soins : prise de sang, parage des pieds, dentisterie, échographies etc… On peut tout à fait l’envisager avec le cheval.

L’aide médicale est-elle nécessaire ?

Une aide médicale peut s’avérer utile en complément d’une thérapie comportementale pour atténuer les réponses neurovégétatives (réactions violentes de défense ou d’évitement dans une action de survie) et limiter l’effet d’anticipation.

Des produits sont utilisables par les vétérinaires sans présenter d’effets secondaires ou d’effet dopant :

  • L’EAP (Equine appeasing pheromone) est une phéromone d’apaisement, qui se retrouve en temps normal près de la mamelle et agit ainsi sur le poulain lors de l’allaitement. On trouve ce phéromone reconstitué en spray ou en gel nasal à utiliser juste avant un événement qui risque de stresser le cheval ou quotidiennement pour faciliter une adaptation à un nouvel environnement.

  • l’alpha-casozépine (peptide issu de protéines de lait). Il s’agit d’un nutriment qui joue un rôle dans la lutte contre l’anxiété et qui se vend sous forme de gélules à donner quotidiennement le temps de la thérapie comportementale.

Les autres psychotropes et anxiolytiques peuvent s’avérer dangereux pour lui (confusion, troubles importants de l’équilibre…) mais aussi pour les personnes en contact avec le cheval.

Il va de soi que pour tout avis sur l’utilisation ou non de produits de ce type, l’avis d’un vétérinaire équin est indispensable. Le bénéfice risque devra alors être évalué, ainsi que l’importance de la phobie et des réactions de défense.

On peut aussi parler des Fleurs de Bach qui sont aussi utilisables pour gérer les peurs et phobies du cheval. On devra alors tenter de cerner au maximum les causes de cette peur et trouver la bonne fleur ou le bon mélange. Il existe aussi un mélange appelé Rescue, dit « d’urgence » bien connu qui peut aussi être utilisé mais qui ne sera pas aussi personnalisé qu’un mélange « maison ».

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Le sommeil chez l’oiseau

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Le sommeil est important pour l’oiseau, il lui permet de reposer son organisme, de rabaisser son état de stress mais il joue aussi un rôle dans l’apprentissage et la mémoire.

Dans la nature, la durée de sommeil nécessaire dépend des espèces de psittacidés. D’une façon générale, on l’estime à 10 à 12 heures de suite.

Les espèces équatoriales ont besoin d’un rythme régulier de 12 heures jour / 12 heures nuit. En revanche, les oiseaux vivant plus loin dbaltae l’équateur (espèces Indonésiennes ou Australiennes) ont l’habitude de rythmes plus variables en fonction des saisons.

Les oiseaux dorment toute la durée de la nuit, ils préparent leur coucher entre une demi-heure et une heure avant la nuit. Dans la nature, on peut les observer retourner à leurs lieux de couchage et avoir des échanges vocaux avec leurs congénères. Ils peuvent alors entreprendre un lissage de leurs plumes ou des nettoyages mutuels avec leur partenaire. Ces activités se prolongent encore une bonne dizaine de minutes après la tombée de la nuit.

Les chercheurs ont observé que le lieu de couchage était souvent identique à celui de nidification. Là encore, il varie selon les espèces : cavités dans la roche ou dans un tronc, branches etc. En captivité, certains préfèrent ainsi dormir dans des nids, des tentes ou sur un perchoir. Il est important d’offrir à son oiseau des perchoirs de tailles différentes et de textures différentes. Pour le couchage, on privilégiera des perchoirs assez larges et confortables. Il faut éviter ceux en ciment qui peuvent abîmer les dessous de pattes de votre compagnon.

Certaines espèces apprécient de dormir dans des nids ou des tentes de tissus. C’est notamment le cas des conures, mais d’autres espèces plus grandes sont de vrais amateurs de tentes.

 

La position de repos

Que ce soit pour leurs siestes ou leurs nuits, les becs crochus adoptent une position typique : plumes ébouriffées, tête affaissée entre les épaules ou retournée en arrière, le bec sous l’aile. Les yeux se ferment peu à peu avant que notre plumeau ne sombre dans les bras de Morphée.

Cette position permet à l’oiseau de garder l’équilibre et ce, même sur un perch12822038_10205785941143431_136601728_noir ou une branche forcément légèrement instable. Le fait d’être bien « recroquevillé » lui permet aussi de se protéger du froid.

Durant le sommeil, la température du corps chute légèrement et les muscles se relâchent. Cette position est parfaitement adaptée à cet état de fait.

Pour pouvoir rester debout malgré ce relâchement musculaire, la nature a bien fait les choses et nos plumeaux ont un tendon spécial qui contracte les doigts lorsque l’oiseau replie un peu ses pattes. Les pattes ne tiennent pas par crispation. Ainsi, cela demande moins d’énergie à l’organisme.

Lorsqu’il dort, l’oiseau ne défèque pas afin de ne pas avertir les prédateurs de sa présence. Cela explique la « grosse fiente matinale ». Attention donc à ne pas placer d’accessoires sous le lieu de couchage !

Un sommeil, des sommeils

On distingue plusieurs « sommeils », en fait, le sommeil comporte quatre phases :

  • phase 1 : l’endormissement (l’oiseau se met en position, ferme les yeux, ses pattes se « bloquent » et il sombre dans le sommeil)

  • phase 2 : le sommeil léger, lent

  • phase 3 : le sommeil profond

  • phase 4 : le sommeil paradoxal

Le sommeil profond se caractérise par des mouvements lents et de haute intensité de la masse cérébrale. C’est durant ce sommeil que l’organisme récupère de la fatigue et du stress de la journée.

Le sommeil paradoxal se caractérise quant à lui par une activité cérébrale de faible voltage, assez ressemblant à celui du réveil. Extérieurement, il se caractérise par des mouvements oculaires rapides et le fameux relâchement musculaire.

11637927_10153304685939536_1852395358_nC’est durant ce sommeil que se développent la mémoire et les facultés d’apprentissage. C’est là que l’animal rêve. Le sommeil paradoxal revient fréquemment durant la nuit mais par épisodes très brefs (une vingtaine de secondes). Certains oiseaux « discutent » tout doucement durant leur sommeil, il est ainsi fort probable que les perroquets travaillent sur leurs performances vocales durant la phase de sommeil paradoxal.

Les oiseaux ont une particularité qu’ils partagent avec les mammifères marins : ils peuvent dormir tout en restant actifs. Comment ? Il a été observé chez eux un sommeil «hémisphérique ». C’est à dire que les hémisphères du cerveau se reposent chacun leur tour, permettant à l’animal de pouvoir « fonctionner » (voler, surveiller les prédateurs ou nager et respirer pour les cétacés par exemple) tout en mettant en sommeil une partie du cerveau. C’est grâce à ça que les oiseaux migrateurs peuvent voler pendant des jours sans s’arrêter.

Les oiseaux rêvent-ils ?

On a souvent lu ou entendu que les rêves étaient l’apanage des espèces prédatrices, néanmoins, il a été prouvé que les oiseaux rêvaient également malgré leur statut de proie. Des chercheurs ont étudié plusieurs espèces et ont bel et bien détecté des mouvements oculaires et des ondes électriques semblables à ceux de l’éveil.

Soigner la qualité du sommeil de votre oiseau

Un mauvais sommeil a des conséquences sur le bien être, la santé et le comportement d’un bec crochu. Un perroquet qui ne dort pas assez ou qui dort mal peut devenir criard ou agressif, il peut aussi avoir une santé plus fragile et une croissance ralentie dans le cas des jeunes oiseaux. Lorsqu’un problème comportemental se présente, il est toujours bon de s’assurer que l’oiseau bénéficie d’un temps de repos correct et dans de bonnes conditions.

Il faut s’assurer que son oiseau ait au moins 10 heures de sommeil nocturne. Mais attention, pour cela, il lui faut du calme absolu et de l’obscurité! Pas de télé en fond sonore, de bavardages ou d’éclats de rire, pas de lumière dans la pièce ou de néon d’aquarium, etc.

Les sons et les lumières parasites empêchent votre plumeau de dormir. Si vous voulez veiller tard ou avez des invités pour la soirée, mieux vaut déplacer la cage de l’oiseau dans une pièce où personne n’ira ou alors, prévoir une « cage de nuit ». Une petite cage qui sera installée dans une pièce silencieuse et obscure, sans passage ou activité nocturne.

Ne tombez pas dans le travers de couvrir la cage d’un drap et de passer à pas feutrés lorsque vous avez à venir dans la pièce. L’intention est bonne, vous ne voulez pas réveiller votre ami, mais malheureusement, le résultat ne sera pas forcément celui attendu. Votre perroquet vous entendra quand même et le déplacement furtif risque d’être perçu comme celui d’un prédateur.

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Photos:
Amazone: Balta à Astrid
Cacatoès rosalbin: Katia Maréchal
Conures: Stéphanie Parrots
Inséparable: Georgie à Stéphanie Parrots
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Comment gérer les sorties d’un chien anxieux en ville?

Avant toute chose, on distinguera les chiots des chiens adultes. Dans le premier cas, l’anxiété en balade provient le plus souvent d’un manque de familiarisation et de socialisation. Le chiot n’a pas été beaucoup sorti lorsqu’il était chez l’éleveur ou alors le nouveau propriétaire l’a gardé à l’intérieur à son arrivée en attendant ses dernières vaccinations.

Dans le second cas, il peut bien sûr aussi s’agir d’un manque d’habituation à l’extérieur ou d’une homéostasie sensorielle faible dû à un élevage avec peu de stimulation, mais on peut aussi être face à un chien anxieux suite à une ou plusieurs mauvaises expériences vécues en balade.

L’origine de l’anxiété doit donc être recherchée avant de vouloir travailler sur le problème. Dans tous les cas, l’aide d’un professionnel est plus que recommandée afin de trouver les bonnes stratégies et de ne pas faire d’erreur. Il sera également à même de vous aider à fixer des objectifs et à ne pas brûler les étapes.

Un chien extrêmement anxieux ou souffrant d’un syndrome de privation sensorielle pourra avoir besoin d’un soutien médicamenteux pour arriver à mieux gérer son stress, se concentrer et être apte à l’apprentissage. Une consultation vétérinaire s’impose donc avant tout travail de modification comportementale. De même, si un traitement est prescrit, il faudra attendre que les effets de celui-ci se fasse ressentir. Cela peut parfois prendre trois semaines.

Avant de partir en balade, il faut s’assurer de plusieurs choses :

  • Avez-vous du matériel adapté ?

Un collier plat, large avec une fermeture solide (évitez les clips) ou mieux, un harnais (Pour un chien très vite paniqué ou présentant des risques de réactions vives, on préférera un harnais classique, parachute ou avec triple attache à un harnais de type norvégien cf dossier sur les harnais et collier). La laisse ne doit pas être trop courte, entre 1,20 et 3,00 m. Dans l’idéal, on utilisera un harnais pour les chiots et un système de double attache pour les adultes : au collier ET au harnais (éventuellement anti-traction).

La laisse et le collier ou harnais doit être en bon état.

  • Votre chien sait-il marcher en laisse correctement ?

Si votre chiot ou chien n’a jamais appris à marcher en laisse, il faut déjà en passer par là avant de vouloir l’emmener affronter le monde ! Un chien anxieux qui ne connaît pas la laisse se sentira prisonnier et sans aucune possibilité de fuite. Son stress ne fera qu’augmenter. Il faudra donc habituer le chien au port du collier ou du harnais dans la maison, puis le faire marcher en laisse à l’intérieur avant de le faire dehors.

  • Votre chien souffre-t-il d’hyper attachement ?

Si c’est le cas, les sorties devront se faire avec l’être d’attachement. Cela rassurera le chien. Par la suite, une fois plus à l’aise en extérieur, on pourra prévoir des sorties avec une autre personne de la maison.

  • Pensez-vous que votre chien présente un risque d’agressivité envers les humains ou ses congénères ?

Au moindre doute, vous ne devez pas prendre de risque et faire porter une muselière à votre compagnon. Bien sûr, le port de la muselière nécessite également un apprentissage par renforcement positif si on ne veut pas que cela soit vécu comme une contrainte pénible pour l’animal.

Lorsque l’on a un chien anxieux en extérieur, les sorties sont difficiles pour tout le monde, on a alors tendance à en faire moins, ou à les raccourcir. On tombe alors dans un cercle vicieux car le chien sortant moins, se déshabitue et devient donc de plus en plus stressé lors des plus rares sorties. C’est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’un jeune chien.

Les promenades sont capitales pour le bien être du chien, sa stimulation et sa socialisation. Dans le cas d’un chien anxieux dehors, les balades doivent être variées (dans des endroits présentant de plus en plus de stimulations) et fréquentes. Si la présence d’un congénère le rassure, essayez d’organiser des balades avec un ou plusieurs chiens à l’aise en extérieur.

 

Quel comportement adopter soi-même?

Restez attentif aux éléments extérieurs qui peuvent être inquiétants pour votre chien. Vous pourrez ainsi les anticiper et les affronter (ou les éviter) à une distance sécurisante pour votre compagnon. Attention toutefois à ne pas être hyper vigilant au risque de transmettre votre stress à votre chien.

Assurez-vous d’être toujours prêts et capable de retenir votre chien en cas de démarrage brutal ou de réaction violente. Si besoin, utilisez un harnais anti traction pour vous y aider.

Ne fixez pas les éléments inquiétants, comportez-vous naturellement et comme s’ils ne présentaient aucun danger. Si vous voulez que votre chien le pense, vous devez en être vous même convaincu !

Rassurez le chien s’il à peur. La peur est une émotion. Une émotion ne se renforce pas contrairement aux idées reçues. En revanche, un comportement peut se renforcer (aboyer, grogner, reculer, sauter…), c’est donc là qu’il faut faire attention !

N’allez pas trop vite ! A vouloir trop en demander, vous risque de réduire à néant tous vos efforts et ceux de votre chien. Il est même possible de sensibiliser un chien en voulant le confronter à des stimuli trop importants, alors méfiance ! C’est encore plus vrai pour les chiens en période sensible, notamment durant la puberté.

Katia Maréchal, comportementaliste et conseillère en éducation canine

www.unite-comportement.fr

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Furet agressif ou furet incompris ?

Animal taxé de mordeur, de vicieux, d’imprévisible tout autant que de compagnon joyeux, affectueux et attachant. Où est-la vérité ?

Si l’on prend le temps d’observer et d’apprendre à connaître le répertoire comportemental du furet, on se rend vite compte que le furet n’est ni vraiment imprévisible, ni vicieux. Quant aux morsures, elles pourraient bien souvent être évitées.

Rappelons que le furet est un animal domestique et non sauvage. Il n’est donc pas « apprivoisé » mais familiarisé à l’Homme dès sa naissance.

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Particularités physiologiques

Le furet voit mal dans l’obscurité totale et a du mal à s’accommoder d’une luminosité forte. Il a un sommeil assez profond et met parfois du temps à se réveiller totalement. Il peut donc mordre si, installé dans le fond de son sac de couchage, une main le saisi, mais aussi si on le sollicite alors qu’il a juste un œil ouvert. Sa réaction peut aussi être violente si vous le sortez de son plaid pour l’exposer brutalement à la lumière.

L’odorat du furet est très fin car il permettait à ses ancêtres de trouver ses proies et a permis au furet de côtoyer l’Homme comme partenaire de chasse. Si vous vous occupez de votre furet alors que vous venez de manipuler un aliment qu’il affectionne sans vous être bien lavés les mains, vous risquez fort de vous faire mordre.

Communication vocale

Le furet n’est pas un animal muet, il sait s’exprimer vocalement quand il est content ou lorsque quelque chose le dérange. Encore faut-il le comprendre !

  • Le grognement, aussi appelé aboiement. C’est un cri de défense, un son fort et bref que le furet produit lorsqu’il est effrayé ou en « colère ». Si vous tentez de manipuler un furet à ce moment là, vous prenez un gros risque.

  • Le cri. Voilà encore un cri de défense, plus aigu et strident. Bref, il exprime une grosseur frayeur, plus prolongé il est plutôt signe de douleur.

  • Le feulement. Plus compréhensible de nous autres car ressemblant fortement au feulement du chat. Le furet feule ou chuinte quand il est en alerte, frustré ou lorsqu’il souhaite mettre en garde un de ses congénères. Un chuitement long est plutôt associé à une grande frustration. Le propriétaire de furets entendra plus souvent un feulement que des cris ou des aboiements. Il s’agit alors de stopper l’interaction et de chercher ce qui gène le furet pour y remédier et éviter qu’il n’en vienne à une agression.

Communication visuelle

Comme beaucoup d’animaux, lorsque le furet cherche à impressionner un éventuel assaillant, il cherche à se faire plus grand qu’il n’est. Il va alors gonfler son poil, arrondir le dos et se dresser sur ses pattes au maximum. Sa particularité est qu’à ces signes, il va aussi ajouter un pilo-éréction de la queue. C’est la fameuse queue en « écouvillon de bouteille » ou en « sapin de Noël ». Généralement, à ce moment là, le furet feule pour montrer son mécontentement.

Cette attitude est clairement reconnaissable.

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« Queue en sapin de Noël »

Comportements locomoteurs

Le furet a de nombreux schémas locomoteurs à son arc et la plupart expriment le jeux ou l’excitation. Il en est un que l’on retrouve durant les phases de jeux mais qui est à la base lié à une activité de prédation : le furet en pleine activité, s’effondre brutalement sur le sol, étalé de tout son long et reste immobile quelques instants avant de repartir de plus belle à la moindre stimulation visuelle. Rappelons que le furet est issu du putois et que celui-ci chasse par approche silencieuse de sa proie, le plus souvent en se collant le plus possible au sol et en se déclenchant aux mouvements de sa proie. Il est somme toute assez rare qu’un furet agresse son propriétaire de cette façon. Généralement ses agressions sont plus défensives qu’offensives.

Comportements sexuels

Durant son rut, le furet est excité et son comportement exploratoire est exacerbé. Rares sont les mâles qui se montrent agressifs en saison de reproduction, toutefois, pris dans leur excitation et concentrés sur les odeurs, ils peuvent être plus réactifs et un coup de dents pourrait partir lors d’une tentative de manipulation.

La femelle est-elle aussi plus nerveuse durant ses chaleurs, elle se montre plus rapidement énervée et frustrée.

Comportements agressifs envers l’Homme

Il faut savoir que le furet utilise sa gueule pour la plupart de ses activités : la chasse, la reproduction, le jeu, la défense et même la demande d’attention. Si l’on omet la morsure par douleur (chez le vétérinaire par exemple), un furet peut donc vous pincer ou vous mordre pour des raisons variées. S’il vous prend pour un copain de jeu et qu’il n’a pas appris à maîtriser la force de sa prise, s’il pense que êtes une menace (mauvaise familiarisation durant l’âge critique de 6 à 10 semaines, arrivée brutale, habitude d’être « puni », possessivité envers un objet, protection de ses bébés ), par prédation (plus rare et vraiment liée à des troubles comportementaux) ou s’il est à la recherche d’interactions et qu’il tente d’attirer votre attention. En fonction de la cause de la morsure, celle-ci sera plus ou moins appuyée. Lorsque deux furets se battent et que vous tentez de vous interposer, vous pouvez aussi être fortement mordu. Vous n’étiez pas la cible première, il s’agit d’une agression redirigée et la plaie est souvent profonde.

Si votre furet est agressif ou a un comportement que vous ne comprenez pas, n’hésitez pas à nous contacter.

Crédits photos: Elevage des Joyeux furets

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Education traditionnelle VS éducation positive

De plus en plus, s’affrontent sur le net et sur les terrains d’éducation les partisans des méthodes positives et ceux de l’éducation dite traditionnelle. Chacun exprimant ses convictions, sans toutefois beaucoup écouter les autres et la discussion tourne bien souvent au conflit, voire aux noms d’oiseaux. Si incompréhension il y a, c’est tout d’abord parce qu’aucun des deux clans ne veut reconnaître les «avantages » de l’autre. Comme si lui en reconnaître, même un seul, amenait à trahir son camp.

Avant d’avancer dans cette discussion, il m’apparaît important de reposer les bases et de définir clairement ce que sont ces méthodes d’éducation et leurs fondements.

La méthode traditionnelle

La méthode traditionnelle est la méthode originelle dans le milieu cynophile. Elle a été utilisée pour le dressage des chiens de travail et principalement au sein des unités cynophiles de l’armée et de la police.

Cette méthode se base sur l’existence d’une hiérarchie inter-espèces et donc sur la nécessité de soumettre son chien. Les mauvais comportements sont punis verbalement et physiquement (punitions corporelles ou utilisations de matériel coercitif comme les colliers étrangleurs/à pics/électriques). Dans le meilleur des cas, les bons comportements sont récompensés verbalement ou par une simple caresse.

Il n’y a pas vraiment plusieurs méthodes traditionnelles mais il y a différents degrés : sanctions verbales uniquement, sanctions physiques plus ou moins fortes, utilisation de colliers douloureux mais sans punitions corporelles lors de comportements inadaptés etc. Nous avons déjà tous entendu des propriétaires de chiens équipés d’un collier de force à pics nous rétorquer (souvent en toute bonne foi) : « je ne maltraite pas mon chien, je ne l’ai jamais frappé ». La notion de maltraitance est assez subjective quand on sait que pour beaucoup frapper son chien avec un objet n’est pas le battre « je ne lui ai jamais donné de baffes ou de coups de pieds ! Je ne veux pas qu’il ait peur de ma main, j’utilise un journal/martinet/laisse/ceinture » (imagine-t-on vraiment que l’animal ne voit pas qui tient et se sert du dit outil?)

La méthode positive

La méthode positive est à présent bien ancrée dans les mentalités. Elle s’est beaucoup développée ces dernières années avec l’avènement des nouveaux sports canins et grâce à l’évolution des connaissances éthologiques sur le chien.

Aujourd’hui les nouvelles études indiquent que la hiérarchie inter-espèces n’existe pas et qu’elle n’est pas non plus présente en tant que telle au sein de l’espèce canine elle-même. De ce constat, naît l’idée qu’une éducation basée sur la soumission n’est donc plus adaptée. Il est amusant de constater que cette évolution des mentalités et des techniques d’apprentissage ont évolué parallèlement dans plusieurs espèces (le cheval depuis une vingtaine d’années et même au sein de l’espèce humaine les choses changent. L’éducation positive fait son entrée dans les foyers et les écoles).

L’éducation positive se base donc sur la récompense des bons comportements et de l’ignorance des mauvais. On n’utilise plus de moyens coercitifs et on travaille avec le chien. Le renforcement positif et la compréhension des codes de communication canine sont capitaux ici.

Pour être plus juste, il faudrait parler de méthodes positives au pluriel. Pour ma part, je considère que même s’il y a, là aussi, plusieurs degrés au sein de l’éducation positive (les puristes refuseront l’usage même du NON, même dit sur un ton dénué d’agressivité, alors que d’autres l’accepteront comme n’importe quel autre mot neutre etc..), il n’y a en fait que deux méthodes positives : une « classique » et le clicker training/learning.

Le clicker ne va pas sans le positif, on ne peut pas introduire l’apprentissage par clicker dans une éducation traditionnelle puisque le clicker interdit toute notion de punition positive afin de ne pas freiner les initiatives du chien. Mais on peut éduquer en positif sans pour autant se servir d’un clicker.

Y a -t-il des méthodes intermédiaires ?

Bien sûr ! Le monde n’est pas tout noir ou tout blanc, il est plein de gris. Les terrains d’éducation aussi !

La « tradi-bonbon » est l’exemple le plus connu car source de déception et de malentendus.

L’éducateur « tradi-bonbon » est un éducateur traditionnel qui punit les mauvais comportements mais utilise aussi le renforcement positif par des friandises lorsque le chien agit bien. Souvent, cet éducateur croit en la théorie de la dominance inter-espèces.

C’est une source de malentendus réguliers pour les propriétaires à la recherche d’un éducateur (de club ou professionnel) car ce sont des éducateurs qui se proclament « positifs », faisant du « dressage amical » ou autres termes vendeurs. Il y a ceux qui le font de façon malhonnête car ils savent qu’ils ne sont pas du tout positifs mais qu’en se présentant comme tels, ils attireront un public plus large (et de plus en plus important!) et il y a ceux qui ont cru qu’on était positif dès lors que l’on utilisait des friandises et qui sont donc mal informés mais de bonne foi.

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La méthode naturelle est une sorte de « tradi-bonbon », elle se base avant tout sur la hiérarchie inter-espèces. Les chiens sont beaucoup récompensés, les codes de communications étudiés, la punition positive en est normalement bannie mais la notion de hiérarchie étant présente, il est conseillé de pratiquer des manipulations à visée de « soumission » (roll-back, morsure du chien qui grogne etc.) Les amateurs de cette méthode ne font pas de différenciation entre les chiens et les loups.

Ils agissent avec eux en se basant sur le travail et les études de Joseph Ortega dans les années 70 . Le souci est que ces études ont oublié d’intégrer un paramètre important : le chien n’est plus un loup, l’évolution est passée par là et la vie en captivité n’a rien à voir avec la vie sauvage (on peut même le constater en observant loups sauvages et loups captifs). C’est toutefois grâce à Ortega que l’école des chiots a pu faire son entrée dans les clubs de la SCC. Un autre dresseur, Michel Hasbrouck avait certes créé la maternelle du chiot bien avant mais n’ayant pas de pieds dans l’univers SCC, il n’avait réussi à l’intégrer qu’aux particuliers et aux dresseurs professionnels.

La méthode « dressage tendresse » fait donc partie des tradi-bonbon. Elle a été mise en place et développée par Michel Hasbrouck quelques temps avant Joseph Ortega.

A l’époque il proposait ce que personne ne faisait : une maternelle du chiot. Une éducation où le chien pouvait avoir droit de manger n’importe quand, de dormir sur les lit etc. C’était déjà une petite révolution surtout pour un dresseur de chiens d’armée ! Le travail avec le chien se faisant en lui montrant les choses, sans cris, sans frapper, sans matériel coercitif et en moins d’une semaine. Le collier en chaîne étant préconisé mais uniquement en utilisation « non étrangleur » pour sa solidité et son aspect sanitaire. Si la récompense est très présente elle prend avant tout la forme de caresses. Hasbrouck n’est pas un partisan des croquettes. (ce serait plutôt un « tradi-calin »!), on utilise aucun matériel douloureux, on ne frappe pas et on ne crie jamais (il est même conseillé de murmurer le plus souvent). Il y a pourtant un « mais ».

Dans le « dressage tendresse » de Hasbrouck, on est adepte de la « punition divine ». Le chien reçoit donc des P+ mais en faisant en sorte qu’il n’ait pas l’impression que cela vient de son maître. Certes, cela lui évite l’association « propriétaire-danger » mais pas celle de « environnement- danger » avec des risques d’anxiété importants. L’autre point important est que la hiérarchie et la notion de dominant sont belles et bien là. Les règles classiques (distribution de nourriture, accès aux canapés, initiatives des caresses etc..) sont jetées à la poubelle mais la base reste là.

Il est intéressant d’étudier ces courants car il y a du bon à y prendre. Tout n’est pas mauvais et on ne peut nier que ces deux personnes ont fait beaucoup pour évoluer les méthodes « dures » vers du positif. Ils étaient des précurseurs sur ce chemin à leur époque et si aujourd’hui, ces méthodes semblent dépassées par les nouvelles études, on ne peut leur retirer ça.

Eh oui, l’éducation traditionnelle, ça marche aussi !

Parce qu’il faut le dire aussi si on veut être juste. Le problème n’est pas de savoir si la méthode marche mais de savoir pourquoi, comment et surtout si le jeu en vaut la chandelle.

L’éducation traditionnelle était, nous l’avons vu plus haut utilisée pour les premiers chiens de travail. Au début de l’Histoire du dressage des chiens, on ne leur accordait pas d’émotions. Les chiens étaient plus associés à des machines, à des outils de travail qu’à des êtres dotés de sensibilités ! Même le fait de souffrir ne leur était pas reconnu.

Le dressage de chiens (on ne parlait pas d’éducation ou très peu!) se devait « viril ». Il faut avouer que dans l’inconscient populaire, le dresseur droit dans ses bottes, au ton ferme et décidé, tenant son chien la laisse courte avec un collier en chaîne est bien plus viril que celui qui se met accroupi en agitant un « pouet pouet », prenant une voix sur-aiguë et ayant sa petite pochette à friandises à la ceinture !

Les résultats étaient là. Sinon, l’Homme n’aurait pas persisté dans le dressage des chiens. Cependant les choses, les Hommes et les chiens ont évolué.

Pour ma part, au fil des années, j’ai mis un pied dans chaque méthode, suivant ma voie vers le positif où je me situe actuellement. Fervente adepte du clicker, j’ai pourtant débuté en traditionnel (même si je me suis toujours refusée à bons nombres de comportements brutaux envers mon chien!), j’ai fait partie de ces gens qui avaient instauré un nombre incalculable de règles à mes chiens, qui faute de résultats a fini par utiliser un collier de force, un électrique, une cage… J’avais des résultats de cette façon mais bien souvent aléatoires car lorsque le chien avait la possibilité d’en faire à sa tête car plus « sous contrôle direct » (lâché par exemple) il s’en donnait à cœur joie. J’ai donc tenté la méthode Hasbrouck avec un stage chez lui. Son livre avait déjà commencé à m’ouvrir les yeux sur bon nombre de choses.

J’ai eu alors de bien meilleurs résultats et une belle complicité avec mon chien. Mais la « punition divine » avait tout de même un arrière goût amer.

Je me dis aujourd’hui que cela aurait pu être tellement mieux sans tout ça ! On m’avait tellement effrayée sur le fait que prendre un Dobermann, mâle qui plus est, serait comme de se promener avec une arme chargée braquée sur ma tempe… Qu’il fallait surtout jamais le laisser prendre le dessus au risque de me faire mordre et ne plus pouvoir le contrôler etc..

J’ai peu à peu glissé vers du moins dur et tenté de concilier le clicker au traditionnel. Puis un autre chien est arrivé et je suis passée en méthodes naturelles. J’avais là aussi de bons résultats. Avec mes chiens suivants, je suis allée dans le positif uniquement. Exit la hiérarchie, la punition etc. Et j’ai aussi de bons résultats ! Le climat est tellement plus agréable à la maison !

Oui toutes ces méthodes fonctionnent, n’en déplaise aux pro-positifs comme aux pro-punition. Mais quelle relation veut-on ? Que veut-on de son chien ? A-t-on besoin de faire preuve de force et de s’imposer en tyran ? Je ne le crois plus. Mais c’est parce que j’ai pu faire ce cheminement que je peux parler de toutes ces méthodes de façon objective il me semble.

Évolution du milieu de l’éducation

Tout d’abord, le chien a pris une place de plus en plus importante dans les familles. Beaucoup prirent un chien pour avoir un compagnon à la maison qui pouvait faire plaisir aux enfants et éventuellement garder la maison. En intégrant l’intérieur des foyers et en n’étant plus cantonné au fond du jardin ou au chenil, le chien se devait de devenir plus agréable, plus sociable et pouvant écouter tout le monde à la maison.

Les attentes des propriétaires ont aussi évolué. Les gens ne veulent plus seulement un chien qui obéit, ils veulent avant tout un compagnon, un animal avec qui partager de bons moments et nouer une certaine complicité. L’éducation « à la dure » heurte de plus en plus de propriétaires de chien.

Les races présentes dans les foyers ne sont plus non plus les mêmes qu’avant. Autrefois, les chiens « dressés » étaient principalement des bergers et des chiens de chasse. Aujourd’hui les molosses sont très appréciés, les terriers de type bull également et sans oublier les chiens « de compagnies » ou les lévriers. Ces chiens sont bien plus difficiles à éduquer en méthodes traditionnelles. Pourquoi ? Les chiens du groupe 9 (de compagnie) et 10 (lévriers) sont des chiens très sensibles qui n’ont pas été sélectionnés pour leurs aptitudes à obéir à des ordres. Ils peuvent bien évidemment apprendre des tas de choses mais la force ne fera que les terroriser !

Les terriers et surtout les terriers de type bull sont des chiens tenaces, courageux et plutôt résistants à la douleur. Il va de soi qu’ils souffrent aussi, ils ne sont pas fait d’acier. Cependant, les sanctions physiques auront moins d’impact et d’effets dissuasifs que sur un chien plus sensible.

Avec les molosses, on s’aperçoit vite que sans une forte motivation, on arrive à rien, même en s’énervant. On risque en revanche, de braquer le chien et de se retrouver face à un animal qui, frustré et menacé, finira par vouloir riposter lui aussi, par la force.

Il est clair qu’avant, le chien était dans un chenil ou dans une Vari-kennel et sorti que pour le travail, on se fichait qu’il soit nerveux voir agressif. Encore aujourd’hui, dans certains centres ou clubs les chiens ne sortent de leur Kennel que pour l’entraînement et le concours (ou leurs heures de travail dans le cas des chiens de sécurité). Il y a une Kennel dans la maison, une dans la voiture et des cages sur le terrain. Pour avoir un minimum de contacts sociaux avec son propriétaire, le chien doit se contenter des moments de travail. Il va alors y mettre du sien, malgré les brutalités car il a appris que lorsqu’il se trompait, non seulement il était puni mais en plus il repartait dans sa cage, tout seul.

On est bien loin (du moins je l’espère!) de la vie de vos chiens !

Face à tous ces chiens, les éducateurs « traditionnels » ont parfois du mal à s’adapter et à adapter leurs méthodes. Ils ont alors vite fait de qualifier les chiens récalcitrants de chiens « têtus », « dominants », « indressables » etc.

Les partisans des méthodes positives ne veulent pas un chien parfait, robotisé. Ils veulent un chien bien dans ses pattes, agréable à vivre et donc avec une éducation et un dressage adaptés à leur mode de vie et leurs attentes.

Quelles sont les limites de l’éducation positive s’il y en a ?

 

Je vous invite à réfléchir aux limites de l’éducation positive (y en a-t-il seulement?).

 

« L’éducation positive c’est bien, mais avec un chiot. Aller ré-éduquer un chien adulte avec un bout de fromage ! »

Voilà une phrase que l’on entend beaucoup (trop?). Il va de soi qu’un chiot sera plus réceptif car vierge de toute habitude et mauvaise expérience. L’apprentissage sera donc plus rapide. C’est là la grande différence avec un chien adulte. Pour celui-ci, il faudra plus de temps et de patience car il sera déjà nécessaire déjà lui faire oublier ses anciennes habitudes et le rassurer avant de lui ré-apprendre de nouveaux comportements. Il est normal qu’il soit plus compliqué de ré-apprendre des comportements que d’en apprendre des neufs.

Les méthodes positives ont pour elles de pas brusquer ou stresser l’animal. Elles sont donc particulièrement recommandées pour des chiens au lourd passif (maltraités, issus de refuges etc.) ou braqués par l’éducation traditionnelle.

« C’est bon pour les chiens faciles ça ! Avec un chien de caractère vous n’arriverez à rien en positif, il faut de la poigne »

Pour beaucoup, il y a des races qui seraient dominantes ou tellement chargées en caractère qu’elles seraient prêtes à vous dévorer dans votre sommeil si jamais vous leur laissiez un accès à votre chambre. Même si on n’écarte pas les individualités caractérielles, on peut en effet reconnaître qu’il y a des spécificités raciales et qu’un terrier aura souvent plus de tempérament et obéira moins « mécaniquement » qu’un Berger blanc. Mais il n’y a pas vraiment de chiens « faciles », c’est assez réducteur de dire ça. Il y a des chiens qu’il faut savoir motiver, avec qui il faut parfois changer son fusil d’épaule mais aucune race et aucun chien n’ont besoin de « poigne » ou de violence. Tous peuvent être éduqués en méthode positive. Beaucoup de traditionnels se flattent d’avoir des chiens (souvent de race impressionnante ) à caractère, difficile etc. Sur qui bien sûr, une méthode positive n’aurait jamais pu être efficace selon eux. Là n’est qu’une question d’ego à laquelle aucune explication ne pourra s’opposer… Sauf si vous avez vous-même un chien d’une race réputée compliquée (et si vous avez un mâle c’est 10 points de plus!) et que vous pouvez montrer que si, c’est possible. Et encore… avec les plus obtus, vous aurez toujours une opposition du genre « oui mais, le mien est dominant/plus dur/de ligné de travail/et-j-en-passe ».

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« Mais moi je suis pas patient et j’ai pas le temps d’attendre qu’il arrive tout seul à trouver ce qu’il doit faire »

En fait, la principale limite à l’éducation positive est… le propriétaire du chien. Celui-ci doit être plus patient et parfois plus imaginatif pour faire écouter son chien sans user de violence. Il doit faire lui aussi des efforts et ne pas les laisser qu’à son chien. Il doit aussi savoir se remettre en question et accepter que, peut être si le chien n’écoute pas c’est qu’on lui a mal expliqué ce qu’on attend de lui. Tout le monde n’est pas prêt à agir de la sorte. Le chemin du traditionnel au positif est parfois long, parsemé d’expériences bonnes ou mauvaises, de chiens « indressables » en tradi ou de chiens au passif difficile qui respirent la sensibilité et la peur de l’Homme, de rencontres, de lectures etc.

« Et comment on peut utiliser un clicker dans un cours collectif ? Ou pire, comment récompenser avec un tug* au milieu d’autres chiens ?? »

Le type de cours d’éducation est aussi un critère important dans la réussite d’une méthode. Il est vrai qu’il est plus facile de faire travailler 15 personnes en traditionnel sur un même terrain. Les chiens n’ont aucune latitude et obéissent tout de suite ou sont sanctionnés. Les récompenses sont discrètes. Tout le monde exécute les mêmes ordres au même moment.

C’est beaucoup moins simple de faire travailler ces 15 mêmes personnes cette fois-ci dotées d’un clicker, d’un jouet qui couine ou d’un tug, d’une pochette de friandises qui sent bon la knack ou le poisson séché. De faire écouter un binôme pendant que son voisin de terrain tape dans les mains et félicite chaudement son chien en prenant une voix enjouée.

C’est vrai aussi qu’il est peu aisé de respecter les attentes et les individualités de chacun (humains comme chiens ) lorsqu’on a tout un groupe à gérer.

Les méthodes positives sont plus adaptées à des cours individuels ou à faible effectif selon moi.

L’éducation positive n’est que laxisme et chaos ?

Disons le tout de suite : non, éduquer en positif n’est pas tout permettre ! Ne plus voir son chien comme un subalterne mais comme un colocataire ou un membre de sa famille ne veut pas dire lui laisser faire tout ce qu’il veut. Vous êtes chez vous, il y a des règles que doivent respecter tous les membres de la famille, votre colocataire ou les visiteurs qui viennent chez vous.

Vos amis ne sont pas soumis à vous, vous n’êtes pas dominant par rapport à eux (si?) et pourtant, lorsqu’ils viennent dîner chez vous, ils n’ont pas le droit de sauter à pieds joints avec leurs chaussures sales sur votre canapé, ni le droit de déchirer vos coussins. Votre chien, c’est pareil ! Il vit avec vous, chez vous. Il n’a pas pour autant tous les droits.

Il aura donc des règles de vie et sûrement des interdits. Pour certains ce sera l’accès aux chambres, pour d’autres au canapé, pour d’autres encore ce sera juste de ne pas monter sur les tables ou sauter sur les gens. Chacun définit ses règles chez lui.

De plus, en éducation positive, la punition existe. On utilise l’ignorance du chien lorsqu’il agit « mal ». C’est bel et bien une punition pour le chien ! Lorsque l’on retire une chose qui plaît au chien (jouet, attention etc.), c’est aussi une punition (P- mais P quand même!). On écarte seulement la Punition positive ou P+ qui consiste à infliger quelque chose de désagréable au chien (claque, coup de sonnette, étranglement au collier, prise par la peau du cou…) pour qu’il cesse son comportement inadéquat.

Je n’approfondirai pas ici les notions de punitions, je vous invite à lire un très bon article paru sur le site « autour du chien » dont je mets le lien : ici. Www.autourduchien.com/article-la-punition-definition-observer-pour-comprendre-alternatives-122348291.html

Les risques de l’éducation traditionnelle

Avec une éducation trop dure, on peut casser un chien. Facilement. Trop facilement pour prendre ce risque.

Les associations telles que One Voice (www.one-voice.fr ) ont mené des enquêtes en clubs canins et fait connaître leurs résultats en octobre 2015. Le constat est sans appel : les chiens sont très souvent maltraités en club canin. L’éducation traditionnelle mène à des dérives. Toute personne qui a fréquenté des clubs SCC ou des centres de dressage pro a pu assister à de telles scènes : chien secoué par la peau du coup, coups de « sonnette » avec au mieux un collier plat au pire un collier à pics, chien dressé aux décharges électriques, claques sur la tête, tirage d’oreilles, coups de pied aux fesses, usage du lance pierre, barrage lors des sauts de haie, placage au sol le pied sur la laisse et j’en passe et des meilleurs, pincement ou morsure de l’oreille/babine/cuisse, lancé d’objets divers sur lui., menaces, étranglement… Et il y a les violences invisibles : peur, ordres contradictoires qui angoissent le chien, mise en état de détresse acquise, sensibilisation…

Il y a ces chiens qui sont sensibilisés, qui sont devenus réactifs aux gens ou à leurs congénères, ceux qui travaillent sans motivation portant toute la misère sur leurs épaules et la queue basse, ceux qui vivent dans la crainte permanente de se prendre un coup de laisse ou de pied, ceux qui n’osent rien faire en éducation de peur de se tromper et d’être punis, ceux qui n’écoutent qu’une personne car ils n’écoutent au final que celle qu’ils craignent. Ils auront du mal à généraliser leurs comportements à d’autres personnes.

Il y a aussi ces chiens qui arrivent à la SPA, ou pire chez le vétérinaire, pour une demande d’euthanasie parce qu’ils sont trop rebelles, qu’ils ont grogné, mordu, poussé à bout par des réprimandes permanentes et un environnement anxiogène basé sur les conflits.

Parce qu’à vivre dans les tensions, on finit par les exacerber et qu’un animal poussé dans ses retranchements peut devenir agressif. C’est sa défense et pour celle-ci encore, il sera puni.

Le risque à utiliser la punition à un mauvais moment est important car cela crée une forte incompréhension et donc une grande angoisse, les personnes et l’environnement même du chien deviennent une menace. Un tel climat n’est pas sans conséquences  physique et psychique: malpropreté, destructions, agressivité, fugues, plaies de léchages, problèmes digestifs ou dermatologiques…. On risque peu à peu d’éteindre le chien… Qu’il soit moins motivé, moins attaché et surtout Quid de la complicité ?

Il y a aussi ces gens qui fuient les clubs, déçus par cette vision dépassée du chien et qui refusent de l’éduquer de façon traditionnelle.

Il y a tous ces gens qui se pourrissent clairement la vie avec beaucoup de petites règles inutiles : placer le dodo du chien dans un coin/mais pas isolé/mais pas au milieu du chemin/mais pas dans une chambre/mais pas dans le couloir/mais pas devant une porte, faire manger le chien après soi tout le temps (et on fait comment quand on a mangé avant au restaurant ? On re-mange devant lui ? Et au déjeuner ? Et quand on grignote à 4h? On le re-nourrit après?), passer toujours devant lui dans les portes (on va être malin à courir dans toute la maison pour y arriver!).

Bref…. vous m’avez comprise !

La punition positive pourrait être acceptable (et efficace) si (et seulement si) elle était appliquée très rarement, avec un timing extrêmement précis et d’une façon proportionnée à la faute et avec une cessation à la moindre émission d’un signal d’apaisement venant du chien. Le soucis est qu’il est difficile de tout concilier et qu’une erreur sur l’un de ces facteurs et la punition perdra tout intérêt et aura en plus un impact négatif.

Les risques de l’éducation positive

Il n’y a pas de risque à utiliser les méthodes positives. Quel pourrait être le danger à donner une récompense à un chien au mauvais moment ? Ce n’est pas en une fois que l’on renforce un comportement. Vous ferez mieux la prochaine fois et votre chien aura juste eu un bout de fromage de trop.

Même avec le clicker, vous n’avez pas grand chose à perdre. Vous avez clické à un mauvais timing ? Tant pis, vous aurez perdu un morceau de knack et voilà tout.

Le seul réel problème en éducation positive c’est lorsque celle-ci n’est pas correctement appliquée. Nous l’avons vu plus haut, il y a ceux qui se disent positifs mais ne le sont pas mais il y a aussi ceux qui veulent être trop positifs, au risque, pour la peine, de faire vivre le chien dans un univers sans règles, sans limites. La méthode demande l’utilisation du renforcement positif (R+) mais aussi de la punition négative (P-) ! L’un et l’autre sont nécessaires pour un bon équilibre. Le cas du clicker est un peu différent car durant la séance de clickerlearning ou training, on utilise uniquement le R+. Pas de P-. Mais le clicker ne s’utilise que pour apprendre un nouveau comportement. Pas pour l’éducation de la vie de tous les jours, où là, on revient à l’association R+/P-. Là aussi, une mauvaise compréhension du clickertraining et ses fondements peuvent amener à une application incorrecte de la méthode positive et donc à des déceptions.

*tug : jouet en polaire tressé

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De cette manie d’affamer pour éduquer….

Cet article s’adressera principalement aux propriétaires de chiens, mais il est valable dans le fond pour tous nos compagnons. Un petit espace sera consacré aux perroquets à la fin de ce papier:)

Ici et là on entend beaucoup qu’il ne faut pas nourrir un chien avant de le faire travailler. Il n’y a qu’à supprimer sa ration et voilà tout ! Pourquoi ? Les raisons officielles restent souvent la crainte (justifiée) de la torsion d’estomac ou SDTE et le fait que donner beaucoup de friandises vont faire grossir le chien. La raison officieuse (plus ou moins dissimulée) est que le chien écoutera mieux s’il a faim.

Alors voyons tout ceci de plus près.

Le Syndrome de torsion dilatation d’estomac (SDTE) est une urgence grave, vitale qui peut tuer un chien en quelques heures. Toute apparition de symptôme de SDTE doit amener le propriétaire à consulter en urgence un vétérinaire (et non, rappelons-le, de demander conseil sur facebook bien sûr!). Je vous invite à lire le document édité par la clinique vétérinaire de Frégis qui est clair et complet à ce sujet. http://www.fregis.com/pdf_systeme/pathologie/Syndrome_Dilatation_Torsion_de_l_Estomac_Conseils_de_veterinaires_specialistes.pdf

Je rajouterai juste ici que les chiens (même de petites races car c’est certes moins fréquent mais cela leur arrive aussi) ne devraient pas manger 1h30 à 2h00 avant et après un effort ou un stress. Course, jeux avec d’autres chiens, visite vétérinaire, exposition canine, trajet en voiture si cela lui cause du stress etc.

Les chiots mangeant 2 à 3 fois lorsqu’ils vont en école des chiots, cela devient assez compliqué je l’avoue… Mais soit on se lève plus tôt et on décale le repas du midi ou du soir selon le cours soit, en effet si cela n’est pas faisable, on devra sauter l’un de ses repas, mais c’est, dans la mesure du possible à éviter au maximum.

La quantité de friandises données ne rendra pas votre chien obèse ou alors il y a un soucis avec vos séances : pas de pause ou de jeux avec d’autres chiens qui le font jouer, bondir, courir et donc, brûler des calories, soit vous ne donnez que des friandises grasses (fromages, charcuterie….), soit vous en donnez des tonnes car vos séances sont trop longues.

En règle générale, il est inutile de réduire la ration d’un chiot qui travaille avec des friandises. Avec certains chiens à tendance « grassouillette » ou certaines races qui s’arrondissent plus vite (cavalier, retriever, terriers de type bull., beagle…) les friandises peuvent avoir un impact sur sa ligne. Dans ce cas, et uniquement si on constate une prise de poids anormale : on réduit la ration du matin ou du midi en retirant une poignée environ de croquette. Mais on ne remplace pas l’intégralité de la ration ! Des bouts de fromages ou de foie séché ne remplaceront jamais une ration équilibrée, surtout en période de forte croissance !

Les chiots doivent manger 4 à 5 fois jusqu’à 3 mois puis 3 fois jusque 5 à 6 mois environ avant de passer à 2 repas quotidiens.

Pensez bien en faisant sauter le repas du matin de votre chiot, qu’il aura peut être pris son dernier repas la veille en début de soirée et ne prendra le suivant qu’en milieu de journée. Il peut donc être resté ainsi plus de 15 heures sans manger ! C’est énorme pour un bébé chien.

Conséquences de la faim sur l’apprentissage

La sous nutrition (grand terme je le reconnais, mais à partir du moment où un animal ne reçoit pas la ration dont il a besoin, est forcement sous nourri) provoque chez le chiot des troubles de la croissance, une baisse des défense immunitaires et des troubles hormonaux…

Vous me direz, ce n’est pas parce qu’il saute un repas qu’il est maltraité ou sous nourri. Bien sûr… Mais vous n’êtes pas censé faire travailler votre chien qu’une fois par semaine… Si vous utilisez la même technique à chaque fois cela va revenir vite !

Selon vous un chien qui a faim est-il concentré sur ce qu’il fait et sur de nouveaux apprentissages ? Vous arrivez vous, à vous concentrer sur un dur travail avec la faim qui vous tenaille ? Non.

Alors certes, votre chien sera hyper motivé s’il n’a pas mangé et que vous lui promettez un bout de gruyère. Même pour une vulgaire croquette, il devrait être prêt à beaucoup. Mais il ne sera pas concentré sur l’exercice, il le sera uniquement sur la récompense promise ou sentie ! Il n’apprendra donc pas grand chose. Cela peut fonctionner pour travailler des exercices connus mais cela montrera bien vite ses limites pour l’apprentissage de nouveaux exercices.

De plus, ne pas nourrir son chien dans le but de le faire écouter mieux ou plus vite n’est pas du tout positif ! Certains privent leur animal de boire en été avant de travailler pour qu’il soit motivé par la présence d’une bouteille d’eau. La plupart d’entre vous hurleront à la maltraitance. Priver d’eau ou de nourriture un animal est sensiblement la même chose. L’un n’est pas plus valable que l’autre.

Si votre chien, malgré sa gamelle n’est pas motivée durant vos séances, c’est que vous gagneriez à utiliser de meilleures récompenses comestibles et pourquoi pas, à le récompenser plus par du jeu. Un chien rechigne rarement à grapiner deux ou trois friandises, même l’estomac plein.

L’hiver, les animaux ont besoin de plus d’énergie pour que leur organisme s’adapte et supporte la baisse de températures. S’il doivent rester dans le vent et le froid une heure durant avec des moments d’attente et d’immobilité en club canin, ce n’est pas non plus le moment de réduire les rations des jeunes chiens ! Il en va de même avec tout chien mais il est vrai que les chiens plus fragiles (chiots ou âgés) et les races plus sensibles au froid (races sans sous poil, sans réserves de graisse…) seront d’autant plus concernés.

 

Perroquets affamés

Nous avons ici beaucoup parlé chien, mais la notion d’affamer son animal pour le faire « mieux »travailler aux friandises est répandu dans toutes les espèces. Malheureusement, l’Homme a beaucoup utilisé cette méthode pour apprivoiser ou pour entraîner les animaux.

Beaucoup sont maintenus dans un état de permanent de sous nutrition (minimale mais réelle) pour qu’ils soient motivés durant leurs exercices.

Il y a une différence entre lui donner en permanence produits frais et extrudés en réservant les graines pour les récompenses et ne rien lui donner tant qu’il n’a pas fait ce qu’on lui demande.

Dans la nature, un oiseaux mange à longueur de journée, son organisme n’est pas fait pour jeûner trop longtemps, d’autant qu’il ne mange déjà pas la nuit !

 

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Solitude, isolement, inactivité : les conséquences sur nos animaux

«Solitude », « isolement », « enfermement », « inactivité », ces quatre mots sont violents. Vous ne vous sentez bien évidemment pas concernés par ça. Votre animal n’est pas maltraité. Certes, vous êtes sûrement de bonne foi. Et pourtant…

 

Que dire de vos chevaux, animaux grégaires, sociaux et nomades qui passent 23 heures sur 24 dans un box de 3x3m et n’en sortent bien souvent que pour se déplacer au grès de vos envies, contraints à se contenir et à rester à l’écoute ?

Que dire de ces serpents, gardés comme des objets de collections, dans des boites de rangement en plastique où ils ne peuvent même pas s’étendre ?

Que dire de ces rongeurs et lapins, vivant 24/24h dans une cage dont la taille « minimale » est sensée suffire à leurs besoins ?

Que dire de ces perroquets et autres oiseaux aux forts besoins sociaux et d’activités qui ne quittent jamais leur cage et n’ont rien d’autres à y faire que de se lisser les plumes ?

Que dire enfin de ces chiens qui restent 8h d’affilés (ou plus!) dans un couloir ou une caisse de transport pour ne pas faire de dégâts et qui lorsqu’ils en sortent enfin se font réprimandés d’être trop remuants et agités ?

 

Nous ne pensons le plus souvent pas mal faire et somme convaincus que notre animal des conditions de vie adaptées et qu’il est heureux. En creusant un peu la discussion, les propriétaires viennent à dire « il y a plus malheureux quand même ! ». Faut-il se satisfaire de cela ? Du fait qu’il y a des animaux plus en souffrance ? Que les nôtres ont malgré tout de quoi se satisfaire ? Pourquoi ne pas plutôt tendre à améliorer leur vie, à combler plus encore leurs besoins ?

L’isolement, l’enfermement, la solitude, l’inactivité ont de lourdes conséquences sur les animaux. Nous connaissons tous la situation des animaux de zoos qui adoptent des comportements stéréotypés en tournant en rond ou en se balançant sans cesse. Mais nous oublions souvent que les animaux de compagnie peuvent avoir la même souffrances qui les amènes à se tourner eux-aussi ers de tels comportements.

 

Voici quelques exemples de conséquences sur le mental et la santé des animaux :

  • Débordement d’énergie (hyper excitation, attitude brutale…)
  • Ingestion de matières non consommables (cailloux, tissus, papiers…)
  • Anxiété occasionnelle ou permanente (et tous les comportements qui en découlent : malpropreté, destructions, vocalises, auto-mutilation…)
  • Augmentation de la timidité, mise en retrait, apathie
  • Signes d’agressivité
  • Perte de la familiarisation et socialisation (qui ont besoin d’être entretenues toute la vie de l’animal)
  • TOC (troubles obsessionnels compulsifs) et autres comportements stéréotypés (tic à l’ours, léchages compulsifs, faire « les 100 pas », picage, grignotage des barreaux…) Tous ses comportements sont dits « de substitution » car ils viennent remplacer un comportement naturel et normal que l’animal est dans l’incapacité d’adopter.

 

Chez le chien

shiba inuLe chien est un animal social. La plus grande majorité des races a été sélectionné pour le travail (policier, de troupeau, de chasse etc.) il n’est pas fait pour ne rien faire et vit mal la solitude.

On assiste alors à des destructions, des vocalises, des malpropretés, des comportements stéréotypés, voire de la frustration et de l’agressivité.

Pour lutter contre les effets de l’isolement, de l’enfermement ou du manque d’activité on va déjà s’assurer que le chien fait des balades et en quantité et durée suffisante, lui procurer des activités dans la maison et lui procurer des activités mentales et masticatoires. Tout ceci a été abordé dans un article précédent que je vous invite à découvrir ici.

 

Chez le chat

Le chat est un chasseur qui lorsqu’il a accès à l’extérieur parcours de grandes distances pour trouver sa nourriture et explorer son territoire, voire pour en découvrir de nouveaux. Privé d’activités il peut faire preuve d’agressivité, manger des objets non consommables, être très actif la nuit, jouer dans sa litière ou ses gamelles, manger les tissus, se toiletter de façon excessives jusqu’à entraîner des problèmes dermatologiques.

Dans la maison, lorsqu’un chat ne sort pas, il peut tout à fait être heureux mais il faut qu’il puisse trouver de quoi s’occuper. Il y a plein de choses qui vont ravir un chat : des tunnels, des boites en cartons, un ou plusieurs arbres à chats…

On peut aussi lui apporter une activité supplémentaire lors des repas. Un chat peut faire une douzaine de repas quotidiens s’il en a l’occasion. Autant en profiter pour qu’il puisse se dépenser un peu et faire marcher ses neurones ! Gamelles ou petits tas de croquettes cachés dans la maison, balles distributrices ou jeux alimentaires feront bouger votre petit félin et lui demanderont de réfléchir un peu au lieu d’aller tout droit dans sa gamelle habituelle. Certains font aussi le choix de nourrir leur chat au BARF ou à l’alimentation ménagère.

Chez les chevaux

Dans un box, il y a peu à faire. Privé de contact avec ses congénères, d’activités locomotrices, de stimulations visuelles, le cheval peut vite développer des comportements stéréotypés : se balancer d’un antérieur à l’autre (tic de l’ours), tourner dans son box, prendre appui sur la porte ou la mangeoire et avaler de l’air (tic à l’appui), taper d’un antérieur dans la porte ou gratter le sol. Il peut aussi dégrader le matériel en rognant les portes ou cloisons de bois, décrocher les gamelles et abreuvoir etc.

Pour améliorer la situation, il faut offrir plus d’espace à son cheval (box plus grand, accès à un paddock ou un parc) ainsi que la possibilité d’avoir des contacts sociaux. On peut aussi lui donner plus d’occupation au moment des repas : fourrages, fruits et légumes, mash… La litière non comestibles (copeaux, chanvre, terre, paille hachée) ne doit être choisie que si des raisons de santé le nécessite et en complément d’un apport de fourrage quotidien. Sinon, mieux vaut opter pour une litière que le cheval peut mâchonner à loisir comme la paille.

On peut aussi lui mettre à disposition des jouets (bloc friandise à lécher, ballon, balle distributrice de friandise…) et essayer de fractionner ses activités au cours de la journée : deux séances d’une demi heure, au lieu d’une heure d’affilée ou mieux un temps lâché en paddock/manège/parc le matin, une séance de travail l’après midi et une balade en main ou un moment lâché le soir etc.

Des balades lui changeront aussi l’esprit s’il est habituellement au travail dans un manège ou une carrière.

Si le temps vous manque, vous trouverez bien un volontaire pour prendre soin de votre cheval gracieusement ou moyennent rétribution.

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Chez les oiseaux

Les oiseaux font partie du stade grégaire et colonial de socialité. C’est à dire qu’en plus de se regrouper pour les activités liées à la survie (se nourrir, se reposer, boire) il ont aussi besoin d’être en groupe pour élever leurs petits, pour se nettoyer mutuellement, pour communiquer… Beaucoup d’oiseaux sont monogammes et vivent en couple leur vie durant avec le même partenaire. Ils ont un réel besoin de contacts sociaux, affectifs avec leurs congénères et ceux partagés avec le propriétaire ne sont pas suffisant. Dans l’idéal, il lui faudrait un à plusieurs membres de son espèces, ou tout au moins la présence d’un autre oiseau dans la maison avec qui il peut communiquer vocalement et visuellement.

Les oiseaux passent la plus grosse partie de leur journée à chercher leur nourriture dans la nature, ils volent d’un lieu à un autre, escaladent, se servent de leurs pattes ou de leur bec pour forager etc. En cage, les graines sont dans une gamelle, les légumes sont découpés et épluchés. L’ennui monte vite.

Un oiseau qui manque d’activité ou qui souffre de son enfermement ou du manque de contacts avec ses congénères peut devenir agressif, crier énormément, présenter des comportements stéréotypés (balancement, aller retour sur un barreau, picage, surlissage…), il peut aussi devenir apathique et peu réactif, voir souffrir de psychose. La santé s’en ressent aussi avec des troubles cardiaques, artériels, immunitaires et du sommeil.

Pour éviter cela, on privilégiera la cage la plus grande possible avec des jouets (que l’on changera régulièrement), on lui proposera des sorties dans la maison, la participation aux activités quotidiennes (douche, cuisine, ménage..), des jeux de recherches alimentaires et on lui mettra à disposition des choses à détruire (papiers, cartons, bois…). Un congénères dans la maison viendra parfaire le tableau.

Chez les furets

488063_10151420524004536_7249897_nLe furet est un petit animal vif, actif et joueur. Comme le chat, il dort également beaucoup. Il a toutefois vite fait de s’ennuyer et souffre rapidement de l’enfermement et du manque d’activités et de contacts.

Cela peut se traduire chez lui par de l’agressivité, le secouage des barreaux de la cage, la consommation de tissu, la perte d’appétit et l’apathie menant à une dépression.

Il a besoin d’une cage très spacieuse et de plusieurs heures de sorties quotidiennes avec des interactions régulières avec son propriétaire et d’autres furets s’il y a été correctement socialisé.

Il faut aussi lui offrir de nombreux moyens de se dépenser et la plupart des activités conseillées aux chats peuvent être également de bonnes idées pour les furets, tant au niveau des jeux que de l’activité alimentaire.

 

 

 

Chez les rongeurs et lapins

Certains rongeurs tolèrent plus ou moins l’isolement social étant, par nature plutôt solitaires. C’est le cas du hamster. Pour d’autres comme les rats, souris et cochon d’Inde, vivre seul sera une vraie torture.

Le besoin d’activités locomotrices ne sera pas non plus le même entre les différents rongeurs et lagomorphes.

Un petit mammifère qui s’ennuie ou qui souffre d’isolement ou d’enfermement pourra devenir agressif (envers le propriétaire ou ses colocataires de cages), adopter des comportements stéréotypés de léchage, d’auto-mutilations ou de déambulation permanente et dans un ordre toujours identique, de cannibalisme (si il y a reproduction), s’attaquer aux barreaux de la cage. Les animaux dont la cage est équipée d’une roue peuvent alors l’utiliser de façon obsessionnelle.

Pour palier aux manques d’activités, il faut bien sûr offrir la cage la plus spacieuse possible. Bien loin des recommandations minimales des livres spécialisés ou des conseils des vendeurs en animalerie. Il faut aussi penser à la cage en elle même qui doit être adaptée à l’activité des animaux (en longueur pour les cobayes, avec de la hauteur pour des octodons etc..).

L’aménagement est primordial : des matières naturelles qu’il peut fouiner et grignoter (foin, herbes sèches, paille, chanvre, bois..), une épaisseur de litière lui permettant de creuser, voire de faire des galeries, de quoi grimper, escalader… Soyez créatifs !

L’alimentation doit être variée et disposée à plusieurs endroits de la cage pour qu’il mette un peu plus de temps à la trouver. On peut aussi en cacher un peu partout (dans une boulette de papier, sous une cabane, suspendue aux barreaux…)

Des sorties dans un parc ou une pièce sécurisée est un plus dans l’occupation des petits mammifères.

Chez les reptiles

Les reptiles, comme les poissons sont moins démonstratifs dans leur mal-être. Beaucoup sont solitaires et ne souffriront pas d’être isolés, d’autres comme les agames barbus ou les tortues auront plaisir à avoir des échanges sociaux.

Selon les espèces, les besoins d’activités varient beaucoup. Certains serpents ou sauriens sont très actifs alors que d’autres passent la majeur partie de leur temps à profiter de la chaleur ou à se cacher.

Les lézards peuvent adopter des comportements déviants (agressivité, mutilation, se taper contre les vitres), les serpents peuvent devenir agressifs mais généralement, leur mal être aura des répercussions sur leur état de santé et leur prise de repas.

La solution est avant tout de lui procurer un logement de taille correcte et, là aussi adapté à son activité (terrarium vertical ou horizontal) avec de quoi grimper, se cacher, escalader, creuser.

En revanche, pour ne pas les stresser et risquer un coup de froid, on évitera de leur proposer des sorties (sauf pour les tortues terrestres).

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Crédits photos:

Chien: Elevage Hoshiyuki

Cheval et Serpent: Katia Maréchal

Furet: Elevage des Joyeux furets

 

 

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